Une princesse araignée et une jeune fille bien dans sa peau de bête et dans sa tribu paléolithique sont les héroïnes d’une nouvelle collection de bandes dessinées pour la jeunesse…

Quatrième éditeur jeunesse en France, les éditions Auzou créent le label Auzou BD et se lancent en tant qu’éditeur de bande dessinée jeunesse. Le petit format et la couverture souple de leurs deux premières bandes dessinées les destinent à un lectorat de 7 à 10 ans. Nul doute que les planches-gags de Migali et les aventures préhistoriques d’Elya et sa tribu trouveront leur public, capable de s’identifier dans ces héroïnes sympathiques et volontaires.

Elya est une jeune fille vive et fraîche de l’époque glaciaire. Elle vit il y a plus de 10 000 ans, au temps paléolithique, dans une tribu de chasseurs-cueilleurs qui pratiquent efficacement la chasse aux mammouths. Déjà à cette époque existait l’envie de passer des vacances au soleil. Les parents d’Elya décident de partir vers le Sud, loin des steppes enneigées. Avec deux bœufs musqués et Léo, un Hyaenodon, curieux petit mammifère carnivore, la famille d’Elya migre vers un nouveau territoire, plus chaud, fertile mais peuplé d’animaux inconnus, parfois dangereux.

Nous sommes au paléolithique...

Léo est inquiet. Il n’arrive pas à partager sa découverte avec ses maîtres humains : de terribles grands oiseaux carnivores les menacent. Ce sont des Phorusrhacos, des oiseaux de terreurs ainsi que les ont surnommés les paléontologues qui les ont découverts. Ils ne peuvent pas voler mais ils courent très vite et peuvent déchiqueter leurs proies avec leurs énormes becs et les griffes acérées de leurs pates très musclées.

Mais les Sapiens aidés de nombreux animaux en cours de domestication sauront préserver leur campement qui se transforme petit à petit en véritable village ; l’invention de l’agriculture est pour bientôt !

La tribu d'Elya.

Plusieurs bandes dessinées récentes prennent pour cadre la Préhistoire et les peuples humains anciens. Nous vous avons entretenus récemment dans cette rubrique de « Mégafauna » et de « Le Signe de Pao », « Elya et sa tribu », s’adresse à un public plus jeune, de l’école primaire. Les enfants s’identifieront facilement à Elya qui vagabonde au grand air, participant à la chasse des adultes, et joue avec un animal de compagnie débrouillard à la découverte d’un environnement naturel surprenant.

Les nombreux animaux préhistoriques des aventures d’Elya charmeront les jeunes lecteurs, même si, anachronisme voulu, ils n’ont pas vécu du temps de nos ancêtres Sapiens. Pas de quoi troubler les apprentissages des plus petits, en fin d’album, « Le Carnet de Léo » détaille les coulisses de la BD. Ce petit dossier fort pédagogique, brosse le portrait des animaux croisés précédemment de l’Hyracothérium, ancêtre du cheval au Daedon, sanglier de quatre mètres de long et d’une tonne cinq.

« Elya et sa tribu » T1 page 20.

L’autrice tourangelle Milena a construit un récit charmant, s’amusant de décalages chronologiques pour mieux capter l’attention de ses jeunes lecteurs dans de courts chapitres aux nombreux rebondissements.

Son dessin rond, convivial et coloré, adoucit mœurs et animaux d’une époque lointaine pour mieux mettre en avant de belles valeurs telles l’amitié, l’empathie entre humains et animaux et entre animaux ainsi que la protection d’une famille aimante et compréhensive.

Tout aussi sympathiques sont les aventures d’une princesse araignée, la bien nommée Migali. Dans une série de planches-gags nous suivons les (mes)aventures de cette jeune fille aux six bras qui fait sa rentrée dans la très respectable Académie royale.  Elle y suit un enseignement varié ; de la stratégie militaire à des cours de danse classique pour devenir une vraie princesse.

Et il y a du travail, Migali n’est pas une petite fille effacée, pleine de vie, elle fait beaucoup de bêtises avec ses amis Lucile, la princesse scarabée, la petite grenouille Gredin, le beau gosse Lou ou Rex-Émilien, un costaud pas très futé. De quoi donner des sueurs froides à M. Flamberge, l’intendant du château des dix royaumes et aux jeunes filles trop arrogantes du club du PET : Les Princesses extrêmement talentueuses !

Migali est acceptée à l'Académie Royale !

Scénariste prolifique, Alexandre Arlène a notamment parodié les apprentissages d’une école pour jeunes sorciers dans « Bloody Harry ». C’est sur ce même principe, adapté aux jeunes lecteurs, qu’il a écrit les gags bon enfant de « Migali » entre ceux de « Émile et Margot » et ceux plus doux de sa série « Princesse Libellule » parue aux éditions La Boîte à bulles.

Le dessin rond et ludique du Pictave Fabien Öckto Lambert dynamise les aventures cocasses de l’année scolaire de jeunes gamins sympathiques et joueurs. Il anthropomorphisme aimablement, avec rondeur et une certaine jubilation, des animaux qui nous apparaissent sous leur meilleur jour, notamment l’héroïne principale : une araignée pas du tout effrayante, au contraire, qui n’aurait pas envie d’être amie avec Migali, qui vous sort de situation embarrassante grâce à sa toile ou ses talents d’acrobate.

Un chat qui s'appelle Mille-Pattes !

Entrée réussie dans le monde de la bande dessinée pour les éditions Auzou avec ces deux albums dont les aventures fantaisistes et l’humour omniprésent sont adaptés aux jeunes lecteurs. Cinq autres albums sont prévus cette année pour les 7–10 ans, mais aussi pour les plus de dix ans avec dès la fin du mois de mai : « Écuyers » de Deveney et Pelletier et « À l’année prochaine » de Philippon et Saugé. Nous vous en parlerons le moment venu.

Laurent LESSOUS (l@bd)

« Elya et sa tribu » T1 par Milena

Éditions Auzou BD (10,95 €) – ISBN : 978-2-7338-9164-3

« Migali T1 : Bienvenue à l’académie royale » par Fabien Öckto Lambert et Alexandre Arlène

Éditions Auzou BD (10,95 €) – ISBN : 978-2-7338-8688-5

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