« Monsieur Vadim » : le légionnaire se rebiffe !

Le vieux bonhomme arthritique héros de ce diptyque réjouissant n’est pas un paisible retraité comme les autres. Monsieur Vadim peut devenir une redoutable machine de guerre lorsqu’il s’agit d’assurer l’avenir de son petit-fils : jusqu’à se frotter aux malfrats du grand banditisme qui se livrent un combat sans merci pour la conquête de la French Riviera.

Après avoir fui le communisme en Pologne et longtemps servi la Légion étrangère, Vadim Koczinsky vit une retraite paisible sur la côte de l’Estérel. Son seul divertissement : regarder le feuilleton « Les Coquillages de l’amour », chaque jour à 14 h 45 pétantes. Tout bascule le jour où Stéphanie Mayer, craquante assistante sociale, lui apprend qu’il est ruiné, victime de Canesta : son curateur de biens disparu avec l’argent de ses clients. Après avoir neutralisé trois malfrats lors de l’attaque d’un restaurant, Vadim est recruté par le patron Bart van Coppens dit le Belge : un gaillard qui ne se contente pas de vendre des frites. En échange d’un appartement et d’une somme rondelette, l’homme lui demande de le débarrasser des trois chefs de la Trinité : une organisation criminelle qui règne sur la Côte d’Azur. De quoi permettre au vieil homme d’aider son petit-fils et de le tirer des griffes de son père qu’il tient pour responsable de la mort de sa fille Aleksandra. Vadim compte profiter du mariage de la fille de l’un des caïds pour passer à l’attaque. Une montée d’adrénaline lui fait oublier la vieillesse et l’arthrite naissante qui parfois le paralyse.Traité comme une comédie, ce thriller loufoque aborde, avec une solide dose d’humour, le naufrage qu’est la fin de vie. Le scénario, truffé de dialogues savoureux, ne néglige pas pour autant l’action. Les personnages plus déjantés les uns que les autres sont soigneusement campés, servis par un dessin dynamique aux décors soignés. Les amateurs de thrillers barrés apprécieront ce Monsieur Vadim à la fois touchant et redoutable. Bref, la vengeance du grabataire possède tous les atouts d’un diptyque à ne pas manquer !Gihef (Jean François Baudot) est né en Belgique. Il démarre une carrière de dessinateur en assistant Éric Lenaerts sur sa série « Les Romantiques », puis lui écrit « Mister Hollywood ». Il signe « RIP Limited » avec Jean Christophe Derrien, puis « Haute sécurité » et « Les Enchaînés » avec Joël Callède. Scénariste, il écrit « OSS 117 », « Dark Muséum », « L’Envers des contes », « Crotales », « Sirènes vikings »…Né en 1982 à Toulouse, Morgann Tanco a toujours souhaité être dessinateur. Sa rencontre avec Wilfrid Lupano lui permet de publier « L’Ivresse fantôme » et « Le Droit Chemin » chez Delcourt. Après avoir signé « Siorn » chez Soleil, il rejoint les éditions Grand Angle en 2015. Il met en couleur la trilogie « Moses Rose » de sa compagne Christelle Galland scénarisée par Patrice Ordas et Patrick Cothias, puis adapte des romans de Marcel Pagnol : « La Gloire de mon père », « Le Temps des amours », « Le Château de ma mère »… Entre humour et réalisme, son trait lui permet d’aborder avec la même réussite l’univers chantant de la Provence et celui plus mouvementé du polar loufoque.

Voilà un duo qui fonctionne parfaitement dans ce genre difficile qu’est la comédie en bande dessinée.

Henri FILIPPINI

 « Monsieur Vadim T1 : Arthrose, crime et crustacés » par Morgann Tanco et Gihef

Éditions Grand Angle (14,90 €) — EAN : 978 2 8189 6944 1

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3 réponses à « Monsieur Vadim » : le légionnaire se rebiffe !

  1. Morgann Tanco dit :

    Bonjour ,
    Merci pour cette chouette critique ! Mais il y a une erreur, je ne suis pas le dessiteur de la trilogie de Moses Rose. C’est ma compagne Christelle Galland. Je n’ai fait que la couleur du tome 1. Merci de corriger.
    Cordialement
    Morgann Tanco

  2. Morgann Tanco dit :

    Parfait !