« Lou ! Sonata » : enfin seule !

« NiouLouNiouLou ! » : c’est sur une discrète note de musique que Lou nous revient. Une petite musique qui annonce la seconde saison de ses aventures. L’enfant fantasque qui vivait seule avec sa maman s’est émancipée. Lou est devenue une jeune femme qui, pour la première fois, doit apprendre à gérer son quotidien d’étudiante indépendante. Retour attendu d’une héroïne culte.

Lou emménage enfin avec son chat dans « son » chez soi. Dans un claquement de porte, elle laisse derrière elle sa maman, sa sœur et son petit frère Fulgor. Quinze jours pour s’installer dans son studio douillet avant la reprise des cours et trouver ses repères. Tygre, sa nouvelle grande ville d’adoption ne manque pas de charme et ses habitants sont accueillants. Ne la cherchez pas sur une carte et pensez plutôt, pour la situer, à un autre grand fauve. Bien que Lou se soit émancipée, elle demeure indécise sur son avenir et se pose plein de questions existentielles. Heureusement, il y a le café du coin dont elle rêvait et ses habitués qui l’adoptent, ses conversations via la tablette avec les siens… et les rencontres parfois étranges, souvent chaleureuses qui ne manquent pas dans sa nouvelle ville. Sa copine gothique Marie-Émilie — à la recherche d’un stage — déboule chez elle, l’entraîne dans de folles soirées aussi improbables qu’alcoolisées. Puis, c’est au tour de Jeanne, la gamine rencontrée lors de son escapade dans le Sud, de débarquer le temps des vacances d’avril. Son mémoire de 300 pages terminé, elle décide d’abandonner ses études. Elle ne s’éternise pas dans son studio qu’elle quitte la gorge serrée ne sachant pas encore où aller.

Ainsi se termine le premier mouvement de cette « sonata » fait de tendresse, d’amour, d’humour, mais aussi d’une bonne dose de sensibilité.

Fidèle à ses promesses, Julien Neel fait grandir Lou au même rythme que ses premiers lecteurs rencontrés en 2004, dans les pages du mensuel Tchô !.

Conduit par Jean-Claude Camano, ce petit journal édité par Glénat a permis à une nouvelle génération de dessinateurs jeunesse d’éclore : Zep, Nob, Boulet, Téhem, Olivier Supiot, Tébo, Lisa Mandel, Dab’s… et Julien Neel. Excusez du peu !Si dans les cours de récréation les Lou sont de plus en plus nombreuses, c’est à l’héroïne de Julien Neel qu’elles le doivent. Hommage de reconnaissance de la part des parents envers une petite fille blonde qui les a fait rêver, comme jadis la Laureline de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin.Né le 26 avril 1976 dans la région parisienne, Julien Neel débute comme graphiste dans la publicité, devient directeur chez un éditeur de cartes postales à Aix-en-Provence où il réside toujours. Le premier album de « Lou ! », publié en 2004, reçoit le prix jeunesse à Angoulême. « Lou ! » est désignée deuxième meilleure BD jeunesse de la décennie 2000-2009. Une série d’animation est proposée en 2009, suivie d’un long métrage live réalisé par Julien Neel en 2013. Enfin, « Le Petit Monde de Lou », une collection d’ouvrages destinés aux plus jeunes lecteurs est lancée cette année par le label Glénat jeunesse.Il est possible de savourer les 144 pages de ce premier mouvement de « Lou ! Sonata » en écoutant la bande originale spécialement composée pour lui. Il suffit de télécharger l’appli gratuite Beam Beam, de scanner la couverture pour découvrir l’illustration en réalité augmentée, enfin de scanner la dernière page pour lire l’album en écoutant la bande originale. Une belle expérience interactive.

Henri FILIPPINI

« Lou ! Sonata » T1 par Julien Neel

Éditions Glénat (17,50 €) — EAN : 9 782 3440 3804 8

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7 réponses à « Lou ! Sonata » : enfin seule !

  1. BARRE dit :

    Curieux tout de même cette tendance à faire « grandir » ses héros/ héroines… Zep l’a fait avec Titeuf, je ne trouve pas cela très réussi, voilà maintenant que Neel fait de même, à voir…C’est l’autre versant de « je raconte l’enfance du héros », tout aussi bancal à mon avis. Une idée à creuser pour Tintin… (non! non! c’est une blague!)

    • BARRE dit :

      Quoique… Avec Thorgal, on a d’un côté le héros qui ne semble pas trop vieillir, ainsi que son épouse, et par contre les enfants, Jolan et Louve qui poussent très vite, et je trouve cela réussi…

    • Marcel dit :

      …….Avant de vouloir contredire et généraliser une soi-disant tendance, encore faut-il savoir de quoi on parle… Zep a fait grandir Titeuf le temps de de deux pages de rêverie prétexte à une couverture d’album décalée (et donc si vous aviez vraiment lu l’album en question vous le sauriez), et Neel fait grandir Lou à chaque album depuis le début de sa série il y a 16 ans (et vous le sauriez aussi si vous aviez lu ne serait-ce qu’un album de la série).

  2. caramel dit :

    Le premier à faire vieillir ses héros, c’est Dérib avec Buddy Longway et c’est plutôt réussi. Aprés pour un auteur de voir son héros se transformer me semble logique dans l’aspect créatif pour éviter une redondance et un ennuie.

  3. Henri Khanan dit :

    Blueberry aussi a vieilli!

  4. PATYDOC dit :

    Messieurs les vieux bougons, vous oubliez Esther et ses cahiers, qui touche le même lectorat que Lou !