Akim : le fils de la jungle respire encore !

Comme Blek, Zembla ou Buck John, Akim appartient à la génération de ces héros nés dans les pockets qui ont fait rêver les jeunes lecteurs des années 1950 à 1980. La plupart sont morts avec le déclin de la presse populaire, quelques-uns survivent parfois péniblement, ravivant les souvenirs émus de quelques nostalgiques. Akim vivote encore dans un poche aux ventes confidentielles, mais nous revient en librairie, en cette rentrée, dans un album digne de son glorieux passé.

Jim Rank, fils d’un comte consul britannique à Calcutta, échoue avec sa mère Lidia sur une plage déserte d’Afrique, à la suite du naufrage d’un bateau qui les ramenait en Europe. Sa mère dévorée par une panthère, le bambin est recueilli par un gorille femelle qui le protège. Élevé par les animaux dont il a appris le langage, Jim devient Akim : un adulte respecté par les animaux qui en font leur roi. Entouré par Rag le lion, Zig la guenon facétieuse, Kar le gorille ou Baroi l’éléphant, il fait régner la paix dans la jungle, combat les braconniers, découvre des peuplades inconnues, affronte les savants fous et autres dictateurs qui passent par son royaume. Il épouse la brune Rita qui lui donne un fils : Jim… Bien sûr, nous ne sommes pas loin de Tarzan, mais Akim est plus chaleureux, plus proche du lecteur, plus humain que son illustre modèle américain.Il voit le jour en Italie en février 1950 dans un petit fascicule au format d’un strip (le fameux format à l’italienne) édité par Tomasina sous-titré « Il Figlio della jungla » : « Le Fils de la jungle ».

Il faut attendre septembre 1958 pour le découvrir en France dans un poche mensuel portant son nom. Bernadette Ratier, directrice des éditions Aventures et Voyages, après bien des hésitations, en propose enfin la traduction.

Le succès est immédiat ! Le journal devient bimensuel, le trimestriel Bengali présente des aventures inédites, puis des rééditions, Akim Color réédite les premières histoires en couleurs…

Des épisodes inédits sont commandés aux auteurs lorsque la série s’arrête en Italie en 1967. Akim cesse de paraître en février 1991 au n° 756, revient sous forme de reprises en 1994, cesse sa parution une nouvelle fois en 2004, revient pour une nouvelle série de rééditions en 2016 dans un mensuel de 132 pages édité par Bocage qui compte aujourd’hui 41 numéros (5,50 € l’un).

Roberto Renzi (1923-2018), auteur de romans populaires reconverti au scénario de fumetti, compte plus de 50 séries à son actif, dont « Akim » est le plus gros succès.

Augusto Pedrazza (1923-1994), qui a débuté en 1945, ne s’est pas contenté de camper « Akim », il est aussi le créateur d’un autre tarzanoïde : « Zembla », édité en France par le concurrent lyonnais LUG, dont il ne dessine que les quatre premiers épisodes, confiant la suite à Franco Oneta.

Intérieur du poche mensuel éditté chez Aventures et Voyages, en 1958.

Auto-caricature de Augusto Pedrazza.

Robinson, structure spécialisée dans la bande dessinée appartenant au groupe Hachette, propose enfin une réédition chronologique de qualité de cette série culte qui devrait séduire nostalgiques et amateurs de grande aventure. De format 24 x 17 cm sous une couverture souple avec rabats cet ouvrage de 372 pages, elle réunit les épisodes qui sont parus en 1958 et 1959, dans les huit premiers numéros de l’édition française originale. Bien que Hachette ne soit pas convaincu du potentiel de la série, Dominique Burdot, directeur éditorial de Robinson, s’est battu pour que cet ouvrage existe : qu’il en soit ici remercié. C’est à vous lecteurs et à votre accueil que revient l’espoir de pouvoir un jour prochain savourer un tome 2.

Henri FILIPPINI

« Akim  T1 : 1958-1959 » par Augusto Pedrazza et Roberto Renzi

Éditions Robinson (19,95 €) — EAN : 9 782 0170 7655 1

Galerie

14 réponses à Akim : le fils de la jungle respire encore !

  1. BARRE dit :

    Que de merveilles dans ces petits formats enchanteurs ! Ces Akim, Zembla et autres Blek le roc sont devenus légendaires. En feuilleter un exemplaire c’est plonger au coeur de l’art populaire et en même temps d’une certaine humilité perdue, d’une générosité sans limite… Que de noms connus ont en plus oeuvrés pour cette forme de littérature très, trop, sous estimée !

  2. drouard dit :

    Une belle initiative de rééditer cette série que j’ai découverte vers les années 1962/63
    et que j’ai suivit régulièrement.

  3. Patrice dit :

    Une bd populaire sans prétention ni nombrilisme. Autre époque! Merci pour cet article.

  4. caramel dit :

    Excellente idée, à quand une réédition de Blec le roc de EsseGesse , Mister no, Puma noir, martin mystere…

  5. JanSheng dit :

    Merci pour l’info.
    Je l’achète dés sa sortie. Espérons que nous soyons nombreux à l’acheter pour suivre les prochains numéros. A coup sur, si sa marche, nous aurons droit à du blek (deja sortie en intégrale il y a quelques années mais je l’avais raté), ainsi qu’à d’autres titres.

  6. Thierry Marcaille dit :

    Bonne idée en effet mais est elle vendeuse?

    En tant qu’ancien collectionneur, j’avais espéré une version tirée des strisce d’origine mais d’après les dessins proposés, il s’agit de la version Française sur laquelle un nombre de dessins impressionnants de l’original a été supprimés.

    Dommage mais une nouvelle adaption aurait sans doute été trop couteuse pour un résulat incertain.

  7. Solem dit :

    Des grands dessinateurs étaient publiés dans les petits formats . Victor de la Fuente pour les bd de guerre , Alberto Breccia a dessiné Kit Carson , Hugo Pratt et son capitaine Cormoran .

  8. milo dit :

    Pour ceux qui veulent comparer avec les parutions de mon journal
    http://www.bd-pf.fr/Serie-81-akim.html

  9. bonjour,

    mais à qu’elle rythme de parution?

  10. hachette aurait du faire une collection en kiosque?

    • caramel dit :

      On s’adresse ici un à public d’un certain âge. Même si il n’y a qu’un album on aura eu au moins le plaisir de lire les premiers épisodes. Les premiers n° de Akim sont difficiles à trouver et je ne parle même pas des prix qui sont exorbitants.
      Pour ce qui est du kiosque, c’est compliqué. Déjà pour trouver cap’tain swing, j’ai dû faire je ne sais combien de points presse pour finir dans un centre commercial tres excentré pour l’acheter. J’habite pourtant une ville de taille moyenne.
      C’est dommage que cette forme de bd (sous tous ses aspects) soit disparu. Cela permettait à la classe ouvrière de lire de la bd à des prix abordables. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, l’enquête du Centre National du livre (CNL) commandée à l’Ipsos, montre que c’est maintenant une classe aisée qui achète de la bd.
      Pour info, je vous conseille la lecture de  » les lettres françaises n°1138- du 30 juin au 6 juillet 1966. C’est un spécial bd. Il est dit que le tirage par mois pour la presse enfantine est de 26 millions d’exemplaires. On notera la crise pétrolière, l’avénement de la télévision et pour finir internet pour avoir la situation actuelle.
      Le reste du N° est passionnant en autre « Une colére de Jean-françois Noêl » sur la transposition d’un roman en bd, qui est en ce moment la grande tendance.

  11. Henri Khanan dit :

    Etonnant, cette reprise d’une BD de gare par le plus grand groupe français d’édition (en quantité, pour la qualité voir plutôt Gallimard). On verra bien ce que cela donne! Hachette a une excellente diffusion, mais ce produit me semble destiné à une minorité de collectionneurs nostalgiques vieillissant

  12. bonjour,

    pas du tout d’accord,

    les scénarios sont parfois superieurs à rice burroughs pour moi.

    hachette tente une réedition par rapport aux numéros francais et non aux originaux italiens.

  13. PATYDOC dit :

    Il est temps de mettre le holà ici : Messieurs les arbitres autoproclamés du bon goût, vous confondez qualité et nostalgie. Si Hachette a fait un bon travail éditorial (bel objet), il faut tout de même rappeler que nous parlons ici d’une BD extrêmement vieillie, aux dessins faiblards (mais les scénarios tiennent la route comme le précise frederic cristofaro – et c’est pas difficile quand on voit le niveau moyen de nos charmants scénaristes quadras/ quinquas actuels). Je m’étonne qu’il y ait autant de réactions ici pour Akim, et parfois rien pour les présentations des BD du mois !

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