Alain d’Orange : virtuose et populaire ! (Première partie)

Avec Noël Gloesner, « un maître » et ami dont il appréciait l’œuvre, Alain d’Orange est sans nul doute le dessinateur le plus impressionnant, par la qualité et la densité de son travail, qui ait collaboré aux magazines publiés par Fleurus : un virtuose du dessin au trait à la fois atypique et populaire.

Tout sur Alain d'Orange dans le n° 111 de Hop !.

Né à Colmar le 7 janvier 1923 et fils d’un fonctionnaire ancien officier, le jeune Alain d’Orange est le quatrième enfant d’une famille qui en compte sept. Il aime dessiner, mais n’est pas un lecteur de bande dessinée : il en ignore même jusqu’à l’existence.

Bien que neveu du dessinateur Pierre Rousseau (né en 1903, auteur du « Petit Bossu » dans l’illustré pétainiste Fanfan la Tulipe), il en découvre les charmes à seulement 18 ans.

Après deux années passées à l’école des Arts appliqués de Paris, il devient professeur de dessin, brièvement représentant en librairie, et enfin assureur au sein d’un cabinet qu’il gère avec sa jeune épouse.

En 1949, les deux maisons d’édition catholiques concurrentes qu’il contacte, après avoir découvert leurs adresses dans le « Bottin », lui ouvrent les pages de leurs journaux.

Très rapidement, il impose son travail aux rédactions des trois journaux publiés par Fleurus.

Dans ses premiers travaux, il s’inspire du dessinateur Pierre Joubert dont il admire le trait, mais il trouve très vite son propre style élégant et dynamique, lequel lui permet de produire beaucoup : une obligation impérieuse en ces temps d’après-guerre où les rémunérations des dessinateurs sont déjà fort modestes.

De Cœurs vaillants rien d’impossible…

Lancé en décembre 1929 par l’Union des œuvres, Cœurs vaillants publie par tradition les travaux de jeunes dessinateurs prometteurs : Pierre Brochard, Noël Gloesner, Pierdec… (1)

« Celle qui a dit "oui" » Cœurs vaillants » n° 33 (14/08/1949).

Alain d’Orange y fait une entrée discrète dans le n° 33 du 14 août 1949, en illustrant en pages centrales un rédactionnel religieux : « Celle qui a dit « oui » ». D’autres illustrations suivront, plus ou moins régulièrement, jusqu’en 1968, dans les domaines les plus divers : religieux, didactiques, nouvelles ou encore couvertures d’une rare efficacité, dont la première est publiée dans le n° 52 de Noël 1956. Dès ses débuts, son trait se reconnaît au premier regard. Ses dessins sont signés de son nom et prénom, parfois A. d’Orange ou plus rarement A. O.

« En flânant dans Paris » J2 jeunes n°46 (18/11/1965).

Dans le domaine de l’illustration, dont il apprécie la rapidité d’exécution, il livre de superbes dessins destinés à des romans : « Expérience XIV » du commandant Else en 1950, « L’Horloge de Tristeval » de J. Vignon en 1954, « Les Chevaliers du stade » de Cogan en 1957, « La Cité interdite » de John Blaine en 1959, « En flânant dans Paris » de Claire Godet en 1965, « Rhoor l’invincible » de Michel Grimaud en 1971, enfin « Le Dernier Shoot » de Jean-Marie Pélaprat, plus connu chez Fleurus sous le pseudonyme Guy Hempay.

Ses premières bandes dessinées, parfois proposées avec les textes placés sous les dessins, se situent en général dans le domaine religieux. Ils apparaissent en 1951 et se poursuivent jusqu’en 1958.

Notons une trentaine de récits courts : « Jean et Dominique » (n° 42 de 1951), « Saint Louis » (n° 33 de 1952), « Notre-Dame de Sainte Paix » (n° 33 de 1953), « La Pierre vivante » (n° 46 de 1958)… Auxquels s’ajoutent quelques brèves histoires à suivre : « Cent Ans d’héroïsme » de P.J. Bendallaz en 1952, « L’Homme en blanc » de A. M. Jousseaume en 1953, « 2 C.V., 2 hommes, 2 continents » d’après H. Lochon en 1955, « La Dame de Massabielle » de Pélaprat en 1958, « Le Cardinal d’Auvergne » de A. Vallet en 1961…

« L’Homme en blanc » Cœurs vaillants n° 9 (01/03/1953).

Dès 1954, il réalise de nombreux récits didactiques, traitant généralement d’évènements ou personnages historiques, collaborant avec la plupart des scénaristes écrivant pour Fleurus : Guy Hempay, Noël Carré, May d’Alençon, Geneviève de Corbie, Henri Cado, Hervé Serre…

De « La Force de tenir » paru dans le n° 15 de 1954 à « Jean Émile Anizan » proposé dans les n° 11 et 12 de 1980 de Formule 1 (lointain successeur de Cœurs vaillants), il livre plus de 150 histoires complètes qui comptent de une à cinq pages.

« La Force de tenir » Cœurs vaillants n° 15 (11/04/1954).

Son imposante documentation (son épouse craignait que le plafond la supportant ne s’effondre), à laquelle s’ajoute une dévorante passion pour l’Histoire, lui permet d’affronter sans problème tous les thèmes, toutes les époques.

Notons : « La Première Gazette » (n° 4 de 1961), « Charles Dullin » (n° 37 de 1962), « L’Abbé Breuil » (n° 29 de 1970), « Beaumarchais » (n° 21 de 1971), « Jeanne Hachette » (n° 23 de 1972), « Pasteur » (n° 50 de 1972), « Maurice Leblanc » (n° 44 de 1973), « Bayard » (n° 17 de 1976), « Richelieu » (n° 26 de 1977), « La Bigorne » (n° 29 de 1978), « Sainte Blandine » (n° 40 de 1978)…

« Nicolas le montagnard » Cœurs vaillants n° 9 (23/12/1956).

Il faut attendre 1962 pour voir commencer sa première série récurrente : « Marc Leloup » écrite par Jean Paul Benoît.

Le premier épisode, « S.O.S. sur la ligne », démarre dans le n° 44 du 1er novembre 1962. Marc et Bossan, son ami mécanicien rondouillard et truculent, sont deux aviateurs intrépides de la compagnie privée Trans Air.

Ils traquent les espions et les saboteurs qui croisent inévitablement leur route aux quatre coins du globe.

Créée dans Cœurs vaillants, la série se poursuit dans J2 jeunes (son successeur), jusqu’en 1966, avec « Le Rendez-vous d’Alice Spring » : sixième et dernier épisode.

« Marc Leloup » J2 jeunes n° 10 (05/03/1964).

« Le Prince Éric ».

L’aviateur contemporain cède la place à l’adaptation en BD des aventures romanesques du Prince Éric, dont les romans signés Serge Dalens au sein de la fameuse collection Signe de piste connaissent à l’époque un succès phénoménal.

« Le Bracelet de vermeil » débute dans le n° 22 du 2 février 1966 suivi par « Le Prince Éric », « La Tache de vin » et « Et 2 font… 3 » : épisode qui, après 31 pages de BD, s’interrompt pour cause de changement de formule du journal.

La conclusion est proposée sous forme d’un roman illustré publié dans les n° 34 à 38 de 1968. Nous verrons, plus loin, qu’Alain d’Orange finira la série bien plus tard chez un autre éditeur.

« Le Bracelet de vermeil » J2 jeunes n° 30 (28/07/1966).

Après une courte histoire de « Robin des Bois » en 20 pages (n° 45 de 1968 au 12 de 1969),

« Robin des bois » J2 jeunes n° 46 (04/11/1968).

il se lance dans un cycle aux scénarios non crédités — mais probablement dus à Guy Hempay — consacré aux chevaliers de la Table ronde ». Il est divisé quatre parties proposées du n° 13 (07/08/1969) au n° 39 (24/09/1970) : « Excalibur », « Lancelot », « Beaumains » et « Roncevaux ».

« Lancelot » J2 jeunes n° 34 (21/08/1969).

À la rentrée 1970, J2 jeunes change une fois encore de titre et devient Formule 1.

Stan, Drago et Franck, censés appartenir à la rédaction du journal, deviennent les héros de longs récits souvent farfelus écrits en alternance par Jean-Marie Nadaud et Jacques Josselin.

La mise en images est confiée à un solide quatuor de dessinateurs : Esdé (Patrice Serres), Pierre Le Guen, Bernard Dufossé (voir Bernard Dufossé : encore un talent réaliste bien oublié…)… et Alain d’Orange.

Sous son crayon plus dynamique que jamais, Stan combat les SNOCKS : organisation criminelle tentaculaire qui rêve de dominer le monde.

« Franck » Formule 1 n° 15 (04/02/1971).

Entre 1970 et 1974, il anime deux récits complets, puis cinq épisodes à suivre d’une quarantaine de pages : « Licorne à la florentine », « Hellanodice à la munichoise », « Carats, polkas, etc. », « Les Géants d’Agamara » et « Snocks et Bagada » qui se termine dans le n° 51 du 18/12/1974.

« Thyl l’espiègle » Formule 1 n° 35 (31/08/1977).

Tout en livrant ces histoires avec une belle régularité, il crée dans le n° 8 (19/11/1970) les aventures de Guislain de Gohor, sur un scénario de Jacques Josselin. En l’an 1060, le jeune seigneur de Gohor lutte contre les riches seigneurs, afin de venger la mémoire de ses parents victimes des troupes du roi. Ce personnage attachant est le héros de huit récits complets et d’une longue histoire à suivre qui clôt la série dans le n° 8 (24/02/1972) de Formule 1.

« Ghislain de Gohor » Formule 1 n° 15 (04/02/1971).

Avant la disparition du descendant de Cœurs vaillants en septembre 1981, Alain d’Orange propose, en 1979, sept mini albums de 16 pages encartés au centre du journal. Ses images, particulièrement soignées, évoquent Napoléon II, Beaumarchais, l’affaire du courrier de Lyon, Nelly Bly, le Masque de fer, Sarah Bernhardt et Sydney Bechet qui clôt cette série de biographies dans le n° 38 du 19/09/79.

« Napoléon II » Formule 1 n° 3 (17/01/1979).

« La Cité qui bouge » Âmes vaillantes n° 50 (11/12/1949).

Une vie de Jean Émile Anizan, publiée en mars 1980, sera son ultime contribution à l’hebdomadaire catholique : un récit en dix pages curieusement signé Jean Vaillant, patronyme utilisé par des plumitifs anonymes depuis les origines du journal.

La boucle est ainsi bouclée.

… À Âmes vaillantes pour les filles,

Cinq semaines après avoir publié son premier dessin dans Cœurs vaillants, Alain d’Orange fait son entrée dans le n° 38 (18/09/1949) d’Âmes vaillantes.

Ses illustrations y seront présentes avec régularité jusqu’en 1970.

« La Ronde de Pâques » Âmes vaillantes n° 15 (13/04/1952).

Sa première histoire à suivre, illustrée avec de longs textes explicatifs, est proposée du n° 41 de 1949 au n° 27 de 1950.

« La Cité qui bouge » imaginé par Magrenette est un coup d’essai avant le lancement de « Viviane et Cie », dans le n° 39 du 24/09/1950.

Sous divers intitulés, cette longue série se poursuit pratiquement sans interruption jusqu’au n° 52 en décembre 1961.

Signés Magrenette, Agnès ou Bernadette, ces récits évoquent la vie au quotidien d’une blondinette dynamique et de ses copines en prise directe avec l’actualité religieuse au sein d’un patronage.

« Viviane et sa bande » Âmes vaillantes n° 19 (11/05/1952).

Notons que « Les Vive la vie » dans Cœurs vaillants dessinés par Robert Rigot et « Les Indégonflables de Chantovent » mis en images par Noël Gloesner dans Fripounet poursuivent le même but : faire partager aux jeunes lecteurs les préoccupations au quotidien des enfants chrétiens de leur âge.

On lui doit l’illustration d’une quinzaine de romans entre 1951 et 1968 : « Perdus dans la savane » de Denyse Renaud en 1951, « Pascale et la tempête » en 1954, « Le Vol du Bengali » en 1966, « La Clé d’or ciselée » en 1967, « Coups de vent » d’Henriette Robitaillie en 1968, « Le Revenant de la tour » en 1962, « Un drôle de contrebandier » de May d’Alençon en 1963…

Entre 1952 et 1981, il produit plus de 150 récits complets didactiques dans Âmes vaillantes, J2 magazine, puis Djin son dernier successeur.

Édifiantes, pour les premières, ces histoires évoquent par la suite les destins de personnages historiques ou contemporains écrits par Monique Amiel, Georges Fronval, Henri Cado, Isabelle Gendron, Jean-Paul Benoît, Yves Jeandet… et surtout Guy Hempay.

Notons : « Marie Stuart » (n° 48 de 1957), « Docteur Lumière » (n° 34 de 1960), « Hector Berlioz » (n° 19 de 1962), « Hilda la Boer » (n° 20 de 1968), « Don Helder Camara » (n° 51 de 970), « Nostradamus » (n° 31 de 1973), « Daniel Defoe » (n° 11 de 1972), « Michel Ange » (n° 24 de 1975), « Victor Segalen » (n° 32 de 1979)… et le dernier, « Antoine, porte-parole de Dieu », proposé dans le n° 24 (17/06/1981) de Djin.

« Joëlle » Âmes vaillantes n° 35 (30/08/1953).

« Le Kakemono » Âmes vaillantes n° 26 (24/06/1956).

Ses premières bandes dessinées à suivre signées Rose Dardennes, Magrenette, F. Piriac… sont religieuses : « Frère Jacqueline » et « Saint Martin » en 1952, « Marie » en 1953, « Victoire sur la nuit » en 1954, « Sœur Madeleine Pastel » en 1958…

Elles font ensuite place à des récits de simple divertissement, à commencer par « Joëlle » : une histoire d’Henriette Robitaillie publiée du n° 20 (17/05/1953) au n° 39.

Ce premier récit doté de longs textes explicatifs sera suivi par de nombreux autres : « Alerte au clair logis » de Denyse Renaud en 1954, « Le Kakemono » de Magrenette en 1956, « Urganda » de G. Travelier en 1957, « Dominique » en 1955, « Gemma » en 1958, « Marie Espérance » en 1960, « Mystérieuse Aliette » en 1961 ou « Sam et la Sirène » en 1964, tous écrits par la talentueuse Henriette Robitaillie, enfin « La Croisade de Solène » de Monique Amiel en 1962…

« Le Chevalier ardent » Âmes vaillantes n° 37 (15/09/1957).

« Le Pilleur d’épaves » Âmes vaillantes n° 3 (19/01/1961).

Dans le n° 32 de 1962, Alain d’Orange met en images « Les Douves de Santarem » : première aventure de Brigitte et Panchito écrite par Henriette Robitaillie et, pour lui, sa première histoire à suivre réalisée sous forme de bande dessinée.

« Brigitte et Panchito » Âmes vaillantes n° 38 (20/09/1962).

On peut savourer, quelques semaines plus tard, la première aventure de Frédérique, qui est aussi son premier personnage récurrent.

Frédérique est une jolie blonde qui, à ses débuts, habite la région d’Angoulême, auprès des siens.

Tour à tour brièvement libraire, secrétaire, accompagnatrice, elle vit très vite la plupart de ses aventures vêtue de la blouse blanche d’infirmière.

Mêlée malgré elle aux problèmes de ses malades, elle voyage, enquête, toujours avec un grand cœur et une bonne dose de curiosité.

Imaginées par Henriette Robitaillie, ses aventures commencent dans le n° 40 du 4 octobre 1962 pour prendre fin dans J2 magazine n° 25 du 24 juin 1971 où l’on assiste à son mariage avec Étienne, son ami d’enfance.

« Frédérique » J2 magazine n° 1 (06/01/1966).

Cette excellente série, hélas inédite en album, compte 36 épisodes de 24 à 36 pages. Notons que « Brigitte et Panchito », abandonné par le dessinateur pour cause du succès que remporte « Frédérique » auprès des jeunes lectrices, revient peu après sous le crayon de l’excellente Janine Lay (voir Janine Lay : profession dessinatrice…).

Frédérique » dernière page J2 magazine n° 25 (24/06/1971).

J2 Magazine n° 46 (17/11/1966).

 

Jugée trop sérieuse par une énième nouvelle rédaction de l’hebdomadaire, « Frédérique » est remplacée par « Stéphanie » : jeune fille dans le vent, comme on disait après 1968, imaginée par Floriane.

Stéphanie et sa bande de jeunes répondent toujours présents lorsqu’il s’agit de défendre une noble cause.

Débutée dans le n° 42 de 1972, la série se poursuit jusqu’à la disparition de J2 magazine dans le n° 26 de 1974, après la publication de seulement quatre épisodes.

« Stéphanie » J2 magazine n° 50 (13/12/1972).

Tout en animant ces deux personnages, Alain d’Orange trouve encore le temps de proposer quelques histoires à suivre indépendantes : « Sam et la sirène » avec Henriette Robitaillie en 1964 et « Le Léopard et l’hermine », récit situé au temps des Vikings écrit par Philippe Brochard en 1971.

« Le Léopard et l’hermine » J2 magazine n° 47 (25/11/1971).

Il est ensuite présent dans Djin tout au long de sa courte vie, de 1975 à 1981. Il y réalise une vingtaine de récits complets didactiques avec Guy Hempay, Monique Amiel, Yves Jeandet, Henriette Bichonnier…

« La Tempête de neige » Djin n° 5 (04/02/1975).

« Michel Ange » Djin n° 24 (11/06/1975).

On lui doit aussi dix histoires à suivre, le plus souvent des adaptations d’œuvres célèbres, scénarisées par Monique Amiel, Guy Hempay ou Henriette Bichonnier : « Jane Eyre », « La Fée des grèves » et « La Tulipe noire » en 1975, « Sans Famille »

« Sans famille » Djin n° 20 (23/05/1978).

et « Le Testament d’un excentrique » en 1978, « Les Derniers Jours de Pompéi » en 1979,

« Les Derniers Jours de Pompéi » Djin n° 2 (09/01/1980).

« Les Derniers Jours de Pompéi » Djin n° 2 (09/01/1980).

« Princesse Rebecca » et « Au bonheur des dames » en 1981. À ces adaptations s’ajoutent deux autres histoires indépendantes : « Érik le Rouge » avec Guy Hempay et « Clotilde » avec Monique Amiel en 1980.

« Au Bonheur des dames » Djin n° 34 (26/08/1981).

… En passant par Fripounet et Marisette pour les jeunes ruraux !

C’est aussi en 1949 qu’Alain d’Orange démarre sa collaboration avec Fripounet et Marisette.

Jusqu’en 1971, il y réalise des illustrations de nouvelles, d’articles religieux ou encore des dessins destinés à deux romans : « Les 6 garnements de la Roche-aux-chouettes » de Marie Labor en 1952 et « Nuno de Lazare » de L. N. Lavolle en 1960.

Il publie « Les 7 diamants du Dragon » écrite par Jean Legeais : sa première bande dessinée à suivre, du n° 28 (10/07/1949) au n° 51.

Cette aventure policière exotique ayant pour cadre Shanghai ne manque pas de qualité.

« Le Diamant du Dragon » Fripounet et Marisette n° 34 (09/1950).

Sa première couverture est celle du n° 14 de 1954.

Il y en aura beaucoup d’autres jusqu’en 1969. Malgré une présence régulière, ses travaux pour Fripounet et Marisette demeurent modestes jusqu’au début des années 1960.

Il propose quelques histoires religieuses, puis illustre une centaine de récits authentiques écrits par Guy Hempay, François Drall, Monique Amiel, Rose Dardennes… entre 1957 et 1980 : « Un certain Leclerc » (n° 35 en 1964), « L’Abbé Cardjin » (n° 22 en 1968), « Beethoven » (n° 25 en 1970), « Jean XXIII » (n° 2 en 1971), « Alfred Nobel » (n° 9 en 1972), « Bayard » (n° 8 en 1976), « Gandhi » (n° 9 en 1978), « La Chanson de Roland » (n° 46 en 1978) et le dernier « Merci, Monsieur de Coubertin » publié dans le n° 26 de 1980.

« Premières gammes d’un virtuose » Fripounet et Marisette n° 15 (08-04-1956).

« Pour les grandes » Fripounet et Marisette n° 26 (29/06/1958).

Après quelques histoires à suivre aux thèmes religieux (« Charles de Foucault » en 1958, « Sainte Geneviève » en 1965, « Martin Luther King » en 1968, « Saint Louis » et « Docteur Schweitzer » en 1970), il crée sa première héroïne pour l’hebdomadaire.

Il s’agit de Nathalie : cette jeune fille vit en solitaire une première aventure écrite par Guy Hempay.

Elle est ensuite rejointe par Jany qui, après une enquête commune, devient le personnage central de récits en 6, douze puis 10 pages.

Cette jolie policière stagiaire aux cheveux blonds mène 24 enquêtes aux quatre coins de la France, du n° 46 (18/11/1971) au numéro 34 (27/08/1975), toutes imaginées par Guy Hempay.

« Jany » Fripounet n° 46 (18/11/1971).

Bien loin de nous, le vicomte de Cotignac erre dans la France du XVe siècle, accompagné par le fidèle Romulus : un loup bien souvent utile lorsqu’il s’agit de lutter contre un seigneur félon. Le premier récit complet en cinq pages écrit par Guy Hempay est publié dans le n° 3 (21/01/1976), le douzième, et dernier, dans le n° 35 (31/08/1977).

« Cotignac » Fripounet n° 3 (21/01/1976).

La contribution d’Alain d’Orange à Fripounet et Marisette, bien que plus modeste que dans les journaux précédents, n’en demeure pas moins passionnante. Notons qu’il a mis en images un récit de deux planches écrit par Jean Vaillant dédié à l’abbé Gaston Courtois alias Jacques Cœur, fondateur de Cœurs vaillants(n° 20 du 18/05/1972).

« Gaston Courtois » Fripounet n° 20 (18/05/1972).

Illustration Perlin et Pinpin n° 13 (30/03/1967).

Et ce n’est pas tout pour Fleurus…

Alain d’Orange ne se contente pas de travailler assidûment pour les trois hebdomadaires phares publiés par Fleurus.

On le rencontre aussi dans Perlin & Pinpin : journal pour les plus petits lancé en 1955.

Aux deux bandes dessinées inamovibles, « Titounet et Titounette » de Marie Mad et « Perlin et Pinpin » de Claude Dubois, s’ajoute un riche rédactionnel aux nombreuses illustrations.

Alain d’Orange y collabore avec une belle régularité aux côtés de Noël Gloesner, Claude Verrier, Jean Trubert…

À partir de 1967, à l’occasion d’un changement de formule, ils sont remplacés par une équipe d’illustrateurs spécialisés dans le domaine de la petite enfance.

Illustration Perlin et Pinpin n° 8 (20/02/1964).

Toujours pour la riche presse Fleurus, il collabore régulièrement à Kisito : magazine destiné à l’Afrique francophone où il propose couvertures, illustrations et courtes bandes dessinées.

Belles Histoires et belles vies n° 15 : « Charles de Foucault » (1953).

On le rencontre aussi, de 1949 à 1973, dans Le Chœur et surtout Monique : magazines dédiés à la formation chrétienne où il anime la série « Monique », tout en proposant des illustrations et de courtes bandes dessinées à la gloire de la religion.

Il livre six ouvrages religieux réalisés au lavis avec les textes placés sous les images pour la fameuse collection Belles Histoires et belles vies lancée en 1947 : « Charles de Foucault » en 1953 (scénario J. Vignon), « Saint François de Sales » en 1956 (scénario F. Saunier), « Marie-Louise Martzer » en 1965 (scénario Henriette Robitaillie), « Saint-Pierre » en 1968 (scénario Richomme), « Saint-Jean Eudes » en 1969 (scénario Robert de Pas), enfin « Les Deux Saint-Jean » (scénario Jean Pihan) en 1971.

À partir de 1994, ces ouvrages seront remis au goût du jour grâce à des couleurs réalisées sur ordinateur par les frères Chagnaud.

Certains titres sont encore aujourd’hui disponibles aux éditions Mame.

Belles histoires et belles vies n° 31 : « Saint-François de Sales » (1957).

Pour la collection Vivants Témoins, il met en images en 1976 un album de 44 pages : « Marie, fille d’Israël » au scénario signé Madeline Diener.

Ses talents d’illustrateurs sont particulièrement remarqués dans les romans de la Collection Jean-François coéditée par Fleurus et Gautier-Languereau : « Énigme en héritage » de Denis-François en 1953, « La Pierre vivante » de Yves Dermèze en 1958, « L’Inconnu du 5 septembre » d’E. Cazardès en 1962, « Aventures sur le Nil » de L. N. Lavolle en 1962…

Idem pour la Collection Monique coéditée avec Mame : « La Prisonnière du Bel-castel » de B. de Rivière en 1954, « Trois Billes dans le soleil » de Y. Léonard en 1955, « Les Sorcières de la mer » de L.N.  Lavolle en 1959…

Un travail aussi colossal serait suffisant pour remplir bien des carrières. Il n’en est rien pour Alain d’Orange qui, comme nous allons le voir la semaine prochaine, multiplie les collaborations auprès d’autres éditeurs.

À suivre…

Henri FILIPPINI

Relecture, corrections, rajouts et mise en pages : Gilles RATIER

(1)       Voir « Zéphyr » de Pierre Brochard, Noël Gloesner, Pierdec : classique et réaliste… (première partie) et Pierdec : classique et réaliste… (seconde et dernière partie).

« Frédérique » J2 magazine n° 12 (21/03/1963).

Galerie

4 réponses à Alain d’Orange : virtuose et populaire ! (Première partie)

  1. Baba dit :

    Savez-vous comment on peut se procurer certains de ses albums? J’ai eu la chance de travailler avec lui sur une BD dont j’avais écrit le scénario, sur Sainte Foy de Conques et j’ai beaucoup apprécié sa collaboration intelligente qui m’a été précieuse.
    Merci pour votre réponse.
    Baba

    • Bonjour !
      Merci de votre intérêt pour notre article. Il est difficile de se procurer ces albums comme d’ailleurs pour la plupart des auteurs de cette période.
      Vous pouvez obtenir les albums des éditions du Triomphe sans problème mais par VPC. Pour les autres titres, principalement sur des personnalités catholiques, vous pouvez vous adresser aux librairies spécialisées et particulièrement les Procures. Pour Vianney nous donnerons les coordonnées dans notre seconde partie. On peut aussi tenter sa chance sur Internet auprès des sites spécialisés dans la vente d’ouvrages anciens. Désolé de ne pas pouvoir être plus précis.
      Henri Filippini

  2. michel dit :

    Bonjour , j’ai justement découvert Alain d’Orange avec sainte Foy de conques, question à Baba, quelle est la technique utilisée? cela semble de la couleur directe aquarelle sur crayon, ou bien?Merci

  3. Gipo dit :

    Merci pour cette nouvelle page de patrimoine !
    J’ai toujours adoré le style grandiose et emphatique d’Alain d’Orange bien que déçu (à l’époque) par le fait qu’il ne semblait dessiner que de courtes histoires religieuses ou historiques documentaires…

    J’admire encore aujourd’hui ce style de dessins faits de « croquis propres » à peine enrichis (lavis, bichromie, légères aquarelles…) : lisibles, rapides et efficaces, tout en restant d’une élégance rare (particulièrement chez Alain d’Orange dont on sent la légèreté et la sûreté du geste dans chacun de ses dessins).
    Les générations qui ont suivi ont perdu cette nécessité de rapidité et d’intuitivité pour en arriver à des dessins inutilement complexes. Et c’est bien dommage.

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