Quitter la Terre coûte que coûte ?

La science-fiction est un excellent moyen de voyager et ce « Planeta Extra », qui nous vient d’Argentine, le démontre aisément. Pourtant, dès la couverture, avec ces bus qui volent, ce camion rouge posé sur le toit d’un immeuble ou ces individus qui ne respirent l’aisance sociale, tout laisse à penser que le monde qu’ils ont sous les yeux n’est pas si « extra » que ça ! Mais de quel planète s’agit-il ? De la Terre ?

Oui, c’est bien elle qui s’offre en couverture, un monde déliquescent où demeurent les déshérités qui n’ont pas les moyens de s’offrir un séjour sur Luna Europa située à plusieurs années-lumière de là. Kiké le baraqué et Toti, l’Indien maigrelet, déménageurs à la recherche constante de petits boulots, sont de ceux qui doivent survivre en bas quand d’autres peuvent s’offrir des évasions lointaines. Ils sont nombreux, cependant, à militer pour un passage libre vers Europa, mais le voyage est à la fois couteux et contingenté. L’air pur et l’eau potable qu’on promet sur Luna Europa, c’est pas pour eux qui vivent dans la pollution terrienne.

Tout bascule pour nos déménageurs quand la fille de Kiké ramène à la maison son fiancé, Pilo, un homme étrange, à double vie, dont Kiké se méfie. Il devient intéressant quand il propose un trafic d’animaux vers Luna Europa. Les animaux domestiques sont en effet interdits là-bas, mais les riches privilégiés sont prêts à tout pour faire ramener en contrebande leurs chiens ou leurs chats… Alors, les affaires tordues, potentiellement rentables, ouvrent de nouvelles perspectives, mais pour combien de temps ? Bien évidemment, tout ne se passe pas comme prévu, les auteurs s’ingéniant à nous surprendre en perturbant savamment le « bon déroulement » des choses.

Si le récit est original, atypique et séduisant, il le doit aussi à sa réalisation graphique. Gabriel Ippoliti dessine de façon plutôt réaliste et donne beaucoup de textures à ses couleurs. Rien d’uni chez lui. Toutes les surfaces, vestimentaires, automobiles, urbaines… sont travaillées par des hachures, épaissies par des trainées qui confèrent à chaque case une luminosité particulière, voir glauque. Il faut d’ailleurs prendre le temps de fouiller les cases du regard pour en apprécier tous les détails.

Alors, n’hésitez pas à découvrir « Planeta Extra » publiée en Argentine en 2009, mais qu’il n’est vraiment pas trop tard pour apprécier…

Didier QUELLA-GUYOT ; http://bdzoom.com/author/DidierQG/

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« Planeta Extra » par Gabriel Ippoliti et Diego Agrimbau

Éditions Sarbacane (18 €) – ISBN : 978-2-3773-1388-4

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2 réponses à Quitter la Terre coûte que coûte ?

  1. PATYDOC dit :

    Ce beau récit n’a qu’un problème : il ne finit pas ! Les auteurs pensent -ils enfin à nous concocter la suite ? Auriez-vous des infos ?

    • QUELLA-GUYOT Didier dit :

      Comme ce récit à 10 ans d’age, à l’évidence, il y aura pas de suite, mais l’univers et les personnages s’y prêtaient en effet. Dommage…