« Le Lion de Judah » : une trilogie africaine…

Dans un récent entretien, Stephen Desberg confiait son désir de sortir des longues séries aux intrigues policières qui ont fait son succès, pour s’orienter vers des histoires plus courtes aux thèmes plus variés. Pari réussi avec ce « Lion de Judah » qui offre, à l’excellent Hugues Labiano, l’occasion de nous régaler d’images somptueuses d’une Afrique coloniale qu’il rêvait de mettre en scène.

Afrique, années vingt du siècle dernier. Héritier d’une riche famille de colons anglais, John Wallace est un homme comblé par la vie : avec la belle Frances Gown venue d’Europe qu’il est sur le point d’épouser, une riche plantation située non loin de Nairobi… Bref, un avenir plein de promesses… : jusqu’au jour où le jeune homme est arrêté pour le meurtre de deux noirs retrouvés dévorés par les gnous. Il se retrouve sans le moindre procès en prison, au cœur d’un désert de pierres surchauffées, dans un camp dirigé de main de fer par le capitaine Sheridan : destiné à une mort lente. À moins qu’il ne soit le seul survivant des quatre prisonniers qui partagent sa cellule, lesquels sont condamnés à gravir inlassablement une immense dune de sable, de nuit comme de jour. Faisant preuve d’une incroyable résistance, John Wallace parvient à s’enfuir en compagnie de Bishop aux yeux de feu qui dit détenir les plans d’un mystérieux trésor. Ce dernier lui ayant confié son secret avant de mourir, Wallace fuit la police qui le traque, mais aussi la belle et dangereuse Naïsha dont, pour son plus grand malheur, il a un jour croisé la route : une mystérieuse sorcière noire aux étranges pouvoirs qui contraint Wallace à partager son esprit avec celui d’un lion blessé. Pour prouver son innocence, le planteur va devoir mettre la main sur le trésor de Bishop, se débarrasser de l’encombrant sortilège qui le possède, mais aussi de la redoutable Naïsha.À suivre dans les deux prochains volumes de cette trilogie aux découpages rythmés, aux décors superbes et aux couleurs chaudes de Jérôme Maffre. Notons aussi les personnages d’une beauté troublante et les visages torturés, ciselés par le trait précis d’un dessinateur qui prend visiblement son pied.Né à Bayonne en 1963, Hugues Labiano est un enfant des fanzines qui ont fleuri au cours des années 1980, dont les fameux PLG et Sapristi. En 1991, il signe la trilogie « Matador » écrite par Gani Jakupi, suivie par « Dixie Road » sur scénario de Jean Dufaux, puis de « Mister Georges » avec Rodolphe. Il travaille avec Stephen Desberg depuis 2005, dessinant « Black Op », puis la suite de « L’Étoile du désert ». Sans bruit, mais avec un sacré talent, il poursuit une œuvre réaliste et originale, dont « Le Lion de Judah » sera sans le moindre doute l’un des points forts.

 Henri FILIPPINI

 « Le Lion de Judah T1 : Livre 1 » par Hugues Labiano et Stephen Desberg 

Éditions Dargaud (14,99 €) – ISBN : 978 2205 07815 2

  

Galerie

Une réponse à « Le Lion de Judah » : une trilogie africaine…

  1. Henri Khanan dit :

    Lu hier… alors oui, couleurs magnifiques, scénario intriguant, et dessin superbe!