Les Cahiers de la BD invitent le western…

Depuis quelques années, le western revient en force dans les catalogues des éditeurs. La sortie de la version Blain/Sfar des aventures de « Blueberry » donne même la possibilité aux Cahiers de la BD d’évoquer un genre plus volontiers réservé aux auteurs de bandes dessinées dites classiques.

C’est donc sous une sobre couverture signée Christophe Blain que s’ouvre ce dixième numéro des Cahiers de la bande dessinée. Rassurez-vous amateurs de textes qui volent au-dessus du lecteur de BD moyen (j’en suis !) vous ne serez pas déçus par cette nouvelle livraison qui, une fois encore, ne met guère en exergue la bonne vieille BD classique.

En guise d’amuse-gueules, Yves Frémion, Numa Sadoul, François Ayroles, Klervi Lecozic, Vincent Bernière, Daniel Merveille ou Frédéric Poincelet proposent aux lecteurs de savourer quelques entrées d’hier et d’aujourd’hui. Les choses sérieuses débutent avec un entretien-vérité de Christian Marmonnier en compagnie de Jacques Glénat, fondateur des CBD, qui, à l’époque, ouvraient leurs pages aux auteurs de BD.

Nicolas Tellop pose une question qui a dû empêcher plus d’un lecteur de BD de dormir (« Quentin Tarantino est-il vraiment Mad ? »), suivi par la bucolique Lucie Servin qui présente « Écolia » de François Olislaeger. Mais est-ce vraiment un album de BD ou plutôt un beau livre d’images ? Tiens ! Voici « Tif et Tondu » invités par Nicolas Tellop à l’occasion de la publication de leur version (que je trouve excellente, par ailleurs) signée par les frères Blutch. Lucie Servin rencontre Nicole Claveloux, une icône de feu Métal hurlant et auteure de « Grabotte » dans Astrapi, laquelle se consacre aujourd’hui à la peinture. Maël Rannou revient sur les récits adultes réalisés par Massimo Mattioli, disparu en août dernier, même si la série « Pinky » publiée pendant plus de trois décennies dans Il Giornalino a permis de faire vivre ce dessinateur italien.

Enfin, revenons au copieux dossier western qui consacre vingt pages au seul « Blueberry » de Sfar et Blain qu’a rencontré Nicolas Tellop. Il reste une petite quinzaine de pages pour les autres, dont un article de Soazig Villerbu qui évoque le genre dans son article « Les Mystères de l’Ouest ». En conclusion, Nicolas Tellop présente dix BD de western publiées de 1938 à 2018.

Je sais, j’enrage toujours à la lecture de cette nouvelle série des Cahiers de la BD, où dans une autre vie il y a quelques décennies, j’ai eu le bonheur de consacrer des numéros à Will, Poïvet, Chéret, Ribera, Morris, Pellos…Comprenez que cet éloge au roman graphique et à ses dérivés qu’est devenue la revue qui ne parle de la BD d’antan que lorsqu’elle permet de mettre en avant des auteurs de ce créneau (« Tif et Tondu » et « Blueberry » dans ce numéro) peut peiner le vieux combattant que je suis. Ce qui ne m’empêche pas de reconnaître que le travail de Vincent Bernière et de son équipe est remarquable et courageux bien qu’injuste. Si vous appartenez aux amateurs d’ouvrages qui se veulent « intelligents » ou tout simplement curieux, vous vous devez de lire les Cahiers de la bande dessinée. 

Henri FILIPPINI 

Les Cahiers de la BD n° 10, 164 pages en couleurs (12,90 €), en kiosque, info@lescahiersdelabd.fr.

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Une réponse à Les Cahiers de la BD invitent le western…

  1. Crissant Clavier dit :

     » ….. cet éloge au roman graphique et à ses dérivés qu’est devenue la revue qui ne parle de la BD d’antan que lorsqu’elle permet de mettre en avant des auteurs de ce créneau…..  »

    Surtout quand on sait que le « roman graphique  » n’est qu’un simple format,quitte cette fois à faire de la peine à boboland et ses commissionnaires, si plein d’abnégation !