« Vasco » : l’ultime aventure…

« Ric Hochet », « Bob Morane » et aujourd’hui « Bruno Brazil », les éditions du Lombard redonnent vie à leurs grands classiques. Ce n’est pas le cas pour « Vasco » qui, après avoir sillonné le monde, pendant quarante ans tire sa révérence. Trentième et dernière aventure avec un goût d’injuste abandon pour ses auteurs… et ses lecteurs.

Vasco Baglioni approche de Moscou où il doit remettre une petite fortune en or au prince Dimitri soutenu par le métropolite Alexis qui règne sur l’église russe. Cruel et jeune chien fou, Dimitri  qui appelle Vasco L’Italien, se révèle un redoutable négociateur. Accompagné par son ami le baron Van Loo, notre héros est chargé par son oncle le banquier lombard Tolomei de créer un comptoir à Moscou dans le but de rouvrir l’ancienne route du Sud vers la Méditerranée. Avant d’y parvenir, le séduisant italien va devoir aider Dimitri à vaincre son ennemi Michel de Tver’ et  pactiser avec le redoutable chef mongol Mamaï. Un scénario mouvementé signé Luc Révillon avec la participation de Chantal Chaillet, mais parfois un peu expéditif, qui permet au dessinateur Dominique Rousseau en grande forme de nous offrir de superbes paysages neigeux. Simplistes quant à elles les quelques pages finales qui ressemblent fort à un ajout de dernière minute où l’on voit un Vasco vieillissant justifier à la hâte la conclusion de la série. Hé oui, mes amis, Vasco nous quitte bien que repris graphiquement brillamment par L’excellent Dominique Rouseau (1954). Si l’on en croit un entretien avec Chantal Chaillet, veuve du créateur de la série,  publié dans le numéro 136 de dBD c’est pour des raisons bassement commerciales que « Vasco » aurait été abandonné par les éditions du Lombard : « J’en ressens un sentiment de tristesse et de frustration. On avait encore tellement d’histoires à raconter ! Vasco est certes une vieille série, mais elle a fait rêver des milliers de lecteurs… Nous avons convenu avec Luc Révillon de proposer une fin ouverte.  Qui sait, il y aura peut-être un autre cycle ? » On peut toujours rêver !

Lancée en 1979 dans les pages de l’hebdomadaire Tintin, « Vasco » est une saga historique classique qui permet au  personnage, vaillant ambassadeur de son oncle banquier, de parcourir le monde au temps de la Renaissance italienne. Gilles Chaillet (1946-2011), repreneur des enquêtes de « Lefranc » dès 1977, propose en solo cette passionnante série d’aventure classique dessinée dans un parfait style ligne claire cher à son maître Jacques Martin dont il admire le travail. Souhaitant se consacrer à d’autres projets (« La Dernière prophétie », « Rome »…) il confie en 2007 le dessin à son assistant Frédéric Toublanc. À son décès, avec l’aide de Luc Révillon, par ailleurs auteurs d’ouvrages didactiques sur « Vasco », c’est Dominique Rousseau (« Condor ») qui poursuit de belle manière la série. On ne peut que regretter cette surprenante décision de mettre un point final aux voyages de l’aventureux Vasco.

À cette occasion les éditions du Lombard proposent un bel ouvrage de 120 pages au tirage limité reprenant en noir et blanc un des meilleurs épisodes de la série, « Ténèbres sur Venise » publié en 1987. L’occasion d’admirer le travail en noir et blanc de Gilles Chaillet bien plus qu’un seul élève de Jacques Martin. Sous le titre « Ombres et lumières sur Venise », Luc Révillon y évoque dans un copieux dossier fort bien illustré Venise au temps de Vasco.

 Henri FILIPPINI

 « Vasco T30 : L’Or des glaces » par Dominique Rousseau, Chantal Chaillet et Luc Révillon
Éditions du Lombard (12,45 €) – ISBN : 978 2 8036 7442 8

« Vasco  hors collection : Ombres et lumières sur Venise » par Gilles Chaillet
Éditions du Lombard (14,99 €) – ISBN : 9782803672684

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2 réponses à « Vasco » : l’ultime aventure…

  1. PATYDOC dit :

    Cette série est trop classe pour Le Lombard, qui préfère éditer trop souvent des scénarios indigents aux dialogues calamiteux

  2. jean-louis dit :

    Ce ne serait pas Jean-Michel Charlier, le type du bras de fer ?