« Aristophania » : bienvenue dans l’Azur…

Riche fin d’année pour Xavier Dorison qui propose, pardon du peu, trois albums incontournables, « Le Château des animaux », « Undertaker » et le second épisode d’ « Aristophania ». Une petite merveille de french fantasy concoctée avec la complicité talentueuse de Joël Parnotte. Un album de conte fascinant qui fera rêver petits et grands.

Marseille 1909 : nés de Clément Francoeur disparu, soit disant victime d’un colporteur ou d’autres calamités, et de Adèle brave femme injustement emprisonnée, Basile, Victor et Calixte intéressent la comtesse Aristophania Léontine Armance Bolt-Privat de Rochebrune. La vieille femme les conduit au clos de Soubeyrac où ils sont placés sous la surveillance bienveillante de Cayenne. Ils vont devoir combattre la Cour sombre du roi Banni dont les laquais ont découvert le refuge de la reine au second royaume et lui ont volé son Azur. Le roi Banni qui règne sur les bas fonds de Marseille possède le Calamyrh, puissant catalyseur dont seule la source Aurore permettrait de sauver le Royaume d’Aristophania. La comtesse est persuadée que l’un des trois enfants, héritier des pouvoirs de son père, peut découvrir la source Aurore. Ils ont sept jours pour répondre à quatre énigmes et devenir écuyers de l’Azur. Adèle Francoeur ramenée de Marseille dans un triste état ne peut redevenir elle-même que si l’Azur revient en elle. Une raison motivante pour le trio qui avec plus ou moins d’enthousiasme se lance dans cette dangereuse recherche…

Conte fantastique avec pour toile de fond les paysages enchanteurs de la Provence au début du vingtième siècle, Aristophania alterne avec la noirceur sociale de l’époque et l’enchantement d’une histoire féerique. Tout juste sortis de l’enfance au cours de leur initiation les trois héros vont  affronter les aléas de la vie, sans cesse devoir choisir entre le bien et le mal. Leur route croise de sombres brutes qui peuvent se révéler des amis précieux , de jolis minois qui dissimulent des âmes noires. Xavier Dorison imagine une somptueuse galerie de personnages aux profils soigneusement définis. Non dénué d’humour, son récit souffle sans cesse le chaud et le froid, riche en rebondissements spectaculaires. Joël Parnotte, son complice de l’excellent one shot « Le Maître d’arme » propose des pages riches en décors fourmillant de détails sans pour autant négliger les personnages pleins de vie dont les expressions de chaque visage sont méticuleusement travaillées. Soixante pages comme on les aime, signées par deux artisans de la bande dessinée respectueux de leurs lecteurs. Ce n’est pas un hasard si les ventes de Xavier Dorison dépassent les trois millions d’exemplaires et les traductions comptent une vingtaine de langues.        

Il existe une édition luxe tirée à 350 exemplaires réunissant les deux premiers épisodes, un dossier graphique de 25 pages, une sérigraphie avec cinq passages couleurs de format 33 x 27 signée par Joël Parnotte. Couverture toilée avec marquage à chaud du titre le tout pour la modeste somme de 199 € (quand même !) ; ISBN : 978 2 5050 8294 1.

Henri FILIPPINI

« Aristophania T2 : Progredientes » par Joël Parnotte et Xavier Dorison
Éditions Dargaud (14,99 €) – ISBN : 978 2 5050 7559 2

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