Tintin n’est pas mort, il voyage encore !

Le 19 juin, paraîtra, en kiosques et en librairies, le n° 1 de Tintin c’est l’aventure : un nouveau et épais trimestriel (144 pages !) lancé par Moulinsart, en partenariat avec les éditions Prisma et des journalistes du magazine GÉO. Tout ce beau monde surfant sur la vogue des mooks pour revisiter l’univers d’Hergé avec des reportages et des enquêtes où Tintin part à la découverte du monde d’aujourd’hui, en textes, en images, en photos, et avec un petit peu de bandes dessinées.

Loin de la maquette approximative de son prédécesseur Tintin reporter de triste mémoire (1), cette publication périodique de forme hybride, entre magazine, revue et livre, est fort joliment mise en pages et bénéficie d’un papier de très bonne qualité.

Le sommaire privilégie donc les grands reportages et les enquêtes approfondies, proposant des portraits et des rencontres avec ceux qui font l’actualité du XXIsiècle, dans le but de nous faire voyager et mieux comprendre notre monde.

Si Tintin a maintes fois arpenté les continents, vogué sur les océans, et exploré les fonds marins à la recherche de trésors perdus (90 ans après sa création, l’icône née du crayon et de la plume d’Hergé incarne toujours autant l’esprit de l’aventure), le thème de ce premier numéro est la conquête spatiale : sujet principal des deux albums « Objectif Lune » et « On a marché sur la Lune ».

Après un rapide panorama ou les photographies cohabitent agréablement avec les cases extraites des aventures de notre reporter à la houppe et culotte de golf, on découvre, dans le même esprit didactique et ludique, un texte du journaliste Christophe Quillien sur « Objectif Lune 2019 », la reprise des quatre planches qu’Hergé réalisa pour Paris Match en 1969 (et qui relate la deuxième mission habitée d’exploration lunaire organisée par la Nasa), les croquis laissés par Hergé pour « Objectif Lune » et une histoire originale et inédite en bande dessinée, librement inspirée de l’esprit d’Hergé, due à Yslaire (l’auteur de « Sambre ») : un dépli-BD de dix pages intitulé « Elle a marché sur la Lune ». C’est Olivier Grenson (le dessinateur de « Nikos Koda » et de l’ultime « XIII Mystery ») qui prendra le relais pour le deuxième opus. Un contenu BD très belge ! Ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que cette partie tintinophile est assurée par le journaliste d’outre-Quiévrain Daniel Couvreur : un grand spécialiste de l’œuvre d’Hergé, qui connaît, en outre, très bien le milieu de la bande dessinée de son plat pays. D’autre part, la présence de Didier Platteau, un ancien de Casterman à l’origine de la création des éditions Moulinsart avec Nick Rodwell (le second mari de Fanny Wlamynck, la seconde épouse d’Hergé), en tant que directeur éditorial impliqué, est rassurante.

Ainsi, dans ce numéro, bien d’autres surprises éditoriales sont à découvrir, telles de grands entretiens avec Antoine de Maximy (reporter-aventurier à mi-chemin entre Tintin et le professeur Tournesol) ou Matthieu Tordeur (jeune explorateur normand qui a rejoint le pôle Sud à ski depuis la côte de l’Antarctique), un article sur Fernand Legros qui inspira le mystérieux faussaire de « Tintin et l’AlphArt », un reportage sur l’Écosse de « L’île noire » ou une interview de François Schuiten au sujet du « Dernier Pharaon » : le « Blake et Mortimer » que vient de réaliser le dessinateur des « Cités Obscures », lequel a récemment annoncé sa retraite de la bande dessinée.

Bref, des déserts du Sahara aux sommets de l’Himalaya, des temples solaires péruviens aux cratères lunaires, c’est avec beaucoup de plaisir que l’on retrouve ce prolongement éditorial des péripéties du célèbre reporter d’Hergé.

Gilles RATIER  

(1) Édité par Yéti Presse (une émanation de la fondation Hergé), Tintin reporter était la suite de la série belge et de la troisième série française du journal Tintin. Publié le temps de 34 numéros entre le 9 décembre 1988 et le 28 juillet 1989, la plupart du temps sous couvertures peu accrocheuses, Tintin reporter contenait beaucoup de rédactionnel assez mal maquetté, un supplément (Le Petit Reporter) avec textes, photos et dessins en noir et blanc, ainsi que quelques rares bandes dessinées : comme la reprise en version intégrale d’« On a marché sur la Lune », « Gaspard de la nuit » de Johan De Moor et Stephen Desberg, « Hugo » de Bédu, « Nathalie » de Sergio Salma, ou des récits complets quand même signés Florence Cestac, Alain Goffin et Benoît Peeters, Marc Lumer et Thierry Smolderen, Patrice Lesueur, Dominique Hérody, Al Severin, Stanislas, David B., Philippe Wurm, Jean-Luc Cornette, Alberto Varanda, Laurent Hirn et Jean-Yves Brouard, etc. À partir du 26 septembre, le relais sera pris par Hello Bédé : nouvel hebdomadaire édité par Le Lombard jusqu’au 29 juin 1993.

Tintin c’est l’aventure n° 1

Éditions Moulinsart et Prisma (15,99 €) – ISBN : 978-2-8104-2766-6

Galerie

6 réponses à Tintin n’est pas mort, il voyage encore !

  1. Olivier Northern Son dit :

    Trouvera-t-on cette merveille en librairie ou chez les marchands de journaux?

    • Gilles Ratier dit :

      Bonjour Olivier !
      La réponse à votre question est dans la première phrase de mon article : « Le 19 juin, paraîtra, en kiosques et en librairies, le n° 1 de Tintin c’est l’aventure ».
      Merci de votre intérêt !
      Gilles Ratier

      • PATYDOC dit :

        Bonjour ; revue achetée grâce à vous dans une maison de la presse le 19/06 : c’est en effet une réalisation remarquable sur beau papier.

  2. FranckG dit :

    J’avais cru (par erreur ?) lire sur les réseaux que ce Mooc contiendrait les planches inédites (différentes) d »Objectif/On a marché sur la lune » de la revue Tintin. Je confonds avec autre chose ??

    • Gilles Ratier dit :

      Salut Franck !
      Là encore, tout est dans mon article !
      J’ai détaillé totalement le contenu de ce numéro (la page du sommaire est même reproduite), il n’y a pas d’autre chose…
      Donc, tu dois, en effet, confondre avec autre chose !
      Bien amicalement
      Gilles

      • FranckG dit :

        Merci. Et c’est bien dommage…
        Cette publication reste néanmoins très intéressante.