De nouvelles bulles papales chez Glénat !

Après Ils ont fait l’Histoire (mars 2014), Les Grands peintres (mars 2015), La Sagesse des mythes (septembre 2016), Les Grandes batailles navales (mars 2017), Vinifera (septembre 2018) et avant La Franc-Maçonnerie en 2020, les éditions Glénat ne pouvaient que commémorer leur propre cinquantenaire en lançant une nouvelle série conceptuelle appuyée sur les grandes figures et les grands événements. Voici donc – et c’est une réussite ! – Un Pape dans l’Histoire, collection d’une trentaine de volumes qui devrait permettre de redécouvrir, à travers le prisme des représentants de l’autorité religieuse catholique, plus de 2000 ans d’intrigues, de confrontations et de négociations politiques. En 64 ap. J-C., « Saint Pierre » devient ainsi un symbole du martyr chrétien, tandis que « Léon le Grand » incarne au Ve siècle l’ultime rempart de l’occident face aux hordes ennemies…

Parus judicieusement à l’occasion des fêtes de Pâques, « Saint Pierre » (par Patrice Perna et Marc Jailloux) et « Léon le Grand » (par France Richemond et Stefano Carloni) débutent une riche collection (songez aux 266 papes totalisés à ce jour…) dans laquelle sont déjà annoncés les titres suivants : « Alexandre VI : le pouvoir des Borgia » (par Mogavino et Lapo) et « Jean-Paul II : “ N’ayez pas peur ” » (par Dobremel et Fiorentino) pour Noël 2019, puis « Clément V : le sacrifice des Templiers », « Pie XII : Rome face au nazisme », « Urbain II : la Première croisade » et « Pie VII : résister à Napoléon » en 2020. Comme l’exige la tradition, chacun de ces titres sera enrichi d’un dossier documentaire de 8 pages, signés par le journaliste Bernard Lecomte (ex-pigiste au journal Tintin !), spécialiste du sujet et rédacteur en chef du Figaro Magazine.

Dessin original par Ugo Pinson pour la couverture du tome 1

Un homme supplicié et abandonné ? (planches 1, 2 et 3 - Glénat 2019)

Avec le premier opus de la collection, les lecteurs pourront donc redécouvrir le destin de l’apôtre Pierre, de son vrai nom Simon Barjona, surnommé « Kephas », le roc… ou la pierre ; lequel finira par devenir l’une des nombreuses victimes de persécutions antichrétiennes ordonnées par Néron suite à l’incendie dévastateur de Rome, survenu en 64 (un épisode qui rappellera le traitement du sujet par Dufaux et Delaby dans le tome 9 de « Murena »). Probablement supplicié et crucifié – la tête en bas, par cruauté ou par humilité vis-à-vis du Christ – vers 65 – 67 dans l’enceinte du cirque du Vatican, en périphérie de Rome, Pierre sera ensuite inhumé dans une nécropole puis honoré dans une basilique érigée par l’empereur Constantin à partir de 326. Rappelons qu’à l’heure actuelle, c’est une seconde basilique située sur la rive droite du Tibre, qui honore l’apôtre, ce bâtiment de 2,3 hectares (travaux débutés en 1506) étant le plus important édifice religieux du catholicisme. Comme l’illustre la couverture concoctée parc Ugo Pinson, la scène-clé du crucifiement de Pierre est devenu un topos de l’iconographie chrétienne, notamment représentée par les tableaux de Caravage en 1600 – 1601. Plus lumineux que les œuvres de ce dernier, le visuel de couverture en conserve le cadrage resserré, le décor dépouillé, la simplicité d’une scène débarrassée de détails superflus et qui ramène par conséquent le spectateur à l’essentiel : l’action elle-même, sanglante, terrible et inhumaine, pour ainsi dire prise sur le vif. Dessinée par Marc Jailloux, ex-assistant de Gilles Chaillet (« Vasco », « Vinci ») et auteur de « Les Oracles », l’album profite des fines connaissances historiques de celui qui se vit accorder la pleine confiance du comité Jacques Martin pour reprendre les rênes d’ « Alix » en 2013.

"Le Crucifiement de saint Pierre" par le Caravage (huile sur toile - 230 x 175 cm ; 1600 - 1601)

Couverture pour le tome 2 par Ugo Pinso (Glénat - 2019)

La rencontre entre le pape et Attila fut immortalisée en 1514 avec une fresque monumentale (7,50 mètres de longueur), conçue par Raphaël et réalisée avec son disciple Giulio Romano pour le Palais du Vatican.

Milan ravagée par les Huns (planches 1 et 2 - Glénat 2019)

Amplement moins connu du lecteur lambda est probablement « Léon le Grand », né vers 400 et pape de 440 à 461, dont l’action politique fut importante. Au cours d’un épisode mémorable, directement illustré en couverture du présent album, il rencontre le redoutable Attila à Mantoue en 452, l’homme d’église arrivant contre toute attente à persuader le conquérant hun (également menacé par les armées romaines) de faire demi-tour. En 455, le pape ne peut à l’inverse empêcher le pillage de Rome par les Vandales, mais il négocie habilement pour éviter meurtres et violences. Mort en 461, Léon 1er recevra le titre honorifique rare de « Grand ». Riches en cases, textes et cadrages, les planches du dessinateur italien Stefano Carloni (« Les Savants » en 2016 chez Quadrants et « Clémenceau » en 2017 dans la collection « Ils ont fait l’Histoire ») ne manquent ni de punch ni de détails, conférant donc à ce titre des ambitions dépassant le cap de la simple pédagogie. Souhaitons simplement à la série de garder la force et la respectueuse tonalité historique de ces deux premier volumes

Tous contre Hun ! (planche 6 - Glénat 2019)

Philippe TOMBLAINE

« Saint Pierre : une menace pour l’Empire romain » par Marc Jailloux et Patrice Perna
Éditions Glénat (14,95 €) – ISBN : 978-2344028384

« Léon le Grand : défier Attila » par Stefano Carloni et France Richemond
Éditions Glénat (14,95 €) – ISBN : 978-2344030868

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