« Black Monday Murders T2 : une livre de chair »  l’argent a l’odeur du souffre…

Pourquoi certains livres fascinent dès leur apparition ? Comment un alliage de précision scénaristique et d’inventivité graphique définit l’essence d’un comics de qualité ? Jonathan Hickman et Tomm Coker connaissent la recette et la délivrent encore dans ce deuxième tome des Meurtres du lundi noir

L’inspecteur Dumas enquête auprès du vieux professeur Daddis. Tous deux sont avides de connaissances et savent qu’il se trame quelque chose de diabolique en plein cœur de Washington. Pendant ce temps, Ria Rothschild, souhaitant assumer pleinement la direction de l’administration ascendante, une des nombreuses branches des écoles mondiales définissant le pouvoir du dieu Hammon sur les hommes, met en place une méthode définitive afin d’éliminer le gênant Viktor Eresko, trop gourmand. D’autant plus qu’elle a maintenant la certitude que c’est lui qui a assassiné son frère Daniel. De chaque côté de la balance, que l’on soit humain ou apôtre, il y a un prix à payer. La soif de connaissance et la possession du pouvoir réclament le sang…

« Comme tout homme avant nous, en cet instant serein, où les âmes sont monnayées et les vies mises en jeu. Cet instant est venu, et nous venons négocier ».

Continuant son immersion dans les méandres du pouvoir corrupteur, celui de l’argent mondial, en donnant une explication d’origine diabolique aux différents crash boursiers de l’histoire humaine, Jonathan Hickman trace un chemin encore plus précis dans ces épisodes. Il nous rend témoins de l’invisible, grâce aux connaissances du professeur Garris, qui, accompagné par son ami l’inspecteur, parvient en effet à être reçu au siège de Mammon lui-même, au cœur de la banque centrale. Tandis que les pouvoirs extraordinaires des « actionnaires », entre autre ceux gravitant au sein de la Caina-Kankrin, nous sont dévoilés. L’occasion de scènes superbes, violentes, sanguinaires, voire érotiques. Tomm Coker, que ce soit sur ces moments trépidants, ou sur ceux, plus calmes, de simples discussions, pourtant très intéressantes, impose son style réaliste de haut niveau, à l’encrage subtil et imparable. Les couleurs douces de Michael Garland rehaussant le trait souple avec beaucoup de finesse. Lorsque l’on n’est pas happé par les textes inter chapitre, la plupart du temps des courriels de Daniel Rothschild, ce sont les cases ou les pleines pages graphiques qui nous grillent la rétine.

« Black Monday Murders » est un comics alternatif de haute volée, flirtant intelligemment avec le polar et l’horreur. Il est écrit de mains de maître et ne provoque aucun ennui, que du respect. Vivement le troisième et dernier tome.

Franck GUIGUE

Difficile de faire des choix parfois, vu la qualité des parutions chez les nombreux éditeurs. Décider de chroniquer ce titre, plutôt qu’un autre, tel « Generation Gone » par exemple, chez Hi comics, a été rude. C’est pourquoi je vous invite à compléter vos lectures en visitant mon blog : 40/30/30

« Black Monday Murders T2 : une livre de chair » par Jonathan Hickman et Tomm Coker
Éditions Urban comics (17,50 €) – ISBN : 9791026814320

Galerie

3 réponses à « Black Monday Murders T2 : une livre de chair »  l’argent a l’odeur du souffre…

  1. PATYDOC dit :

    Mammon (la richesse matérielle personnifiée en divinité)… Merci corriger …