Avec Nico, embarquez-vous pour une fantasy intemporelle, tendre et drôle…

Une guerre sans fin oppose une communauté humaine aux Cronocrooks, petits êtres au teint blafard et aux grands yeux singuliers. Patiemment, à force d’empathie et de rencontres surprenantes, le jeune Nico parviendra à rattraper le temps perdu et suspendu pour déclencher le retour de la paix.

Dans une vallée perdue, deux peuples sont en guerre depuis longtemps. Personne ne se souvient de l’origine du conflit, tant la mémoire semble faire défaut à tous les combattants. Les Cronocrooks sont de petits humanoïdes, très pales aux grands yeux expressifs dirigés par leur très autoritaire « Leader Sacré » Sinter Trapp. Leur vaisseau spatial s’étant écrasé il y a des lustres, ils ont construit une véritable citadelle autour de la carcasse de l’aéronef. Le moteur du vaisseau, le Cœur de Cronos a été terriblement abîmé, et, depuis le cours naturel du temps est fortement perturbé. Les habitants de Jacktown, une petite ville voisine, sont en conflit ouvert avec les Cronocrooks. Le roi Olzon leur voue une haine irréfragable.

Nico et le cœur de Cronos page 10

Une seule personne semble être très éloignée de cette tension constante : le paisible Nico. C’est un Cronocrook hors normes, physiquement, – il est très grand avec un regard clair -, mais aussi par un caractère indolent qui lui fait préférer la lecture de vieux livres à sa mission de guetteur. Il est ainsi rejeté par sa communauté d’origine après une attaque commando des hommes de Jacktown. Il part avec Ariu, son fidèle renard, pour délivrer Shinn, le fils de Sinter Trapp, son seul ami qui a été pris comme otage par les soldats du roi Olzon.

La quête de Nico lui permettra de mieux comprendre le monde dans lequel il vit par les nombreuses rencontres qu’il fera lors d’un périple mouvementé, notamment celle de « La Brigade des blaireaux », composée d’anciens combattants devenus pacifistes.

Tous dotés de caractères ambivalents comme leur chef, la capitaine Léa aux sautes d’humeurs imprévisibles, les membres de cette troupe aideront le candide Nico à se rapprocher de la cour du roi Olzon et des terribles secrets qui entourent les dysfonctionnements du Cœur de Cronos.

La fin de l’album réserve révélations et énormes surprises aux lecteurs les plus attentifs.

Nico et le cœur e Cronos page 34

L’Italien Edoardo Natalini a écrit et dessiné un superbe conte mis en valeur par la très belle édition d’Akileos, couverture toilée en relief et chapitres annoncés par des dessins évoquant des lithogravures. Ce récit initiatique foisonnant tient tout à la fois de la science-fiction steampunk, avec vaisseau spatial et cours du temps perturbé, que d’aventures fantasy médiévales avec décors et costumes ad-hoc et les combats attendus pour les albums qui relèvent de ce genre très codé.

Mais « Nico et le cœur de Cronos » c’est bien plus que cela. La bienveillance et le courage du héros lui permettent de surmonter tous les obstacles et surtout le plus redoutable, celui de la haine qui sous-tend tout conflit entre deux peuples. L’occasion pour l’auteur de développer des thèmes qui lui sont chers comme l’amitié et l’amour, l’acceptation de la différence, l’importance du travail de mémoire et de l’art, indispensable pour l’accomplissement de tout être humain. Son style graphique rond, entre influences du manga, du cartoon inspiré du monde de Disney et des comics pour la jeunesse, est mis en valeur par l’emploi réfléchi de couleurs qui rythment le récit en dissociant les mondes traversés par les héros.

Les Terres sans temps

Tout est plaisant dans ce riche récit humaniste de plus de 120 pages tant les aventures de Nico sont nimbées de poésie et son parcours d’une grande tendresse et d’une drôlerie jamais gratuite

Laurent LESSOUS (l@bd)

« Nico et le cœur de Cronos » par Edoardo Natalini

Éditions Akileos (19,00 €) – ISBN : 978-2-35574-341-2

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