« Horrifikland » : Mickey flirte avec Tim Burton…

La prestigieuse collection dédiée par les éditions Glénat à l’univers de Walt Disney se poursuit avec un ouvrage qui se déguste image après image. Après les prestations de Cosey, Loisel, Keramidas, Tebo, Camboni, Petrossi… c’est au tour d’Alexis Nesme de nous en offrir sa version avec le concours de Lewis Trondheim, auteur d’un scénario délirant et mouvementé. Un régal !

Mickey, Donald et Dingo s’ennuient ferme. L’agence de détectives privés qu’ils viennent d’ouvrir n’intéresse pas grand monde. Faute de clients sérieux, ils acceptent de partir à la recherche de Blacky, le chat de madame Gravier. L’animal a disparu dans les ruines du vieux parc Horrifikland fermé depuis des années. Le trio se lance courageusement à la recherche du félin foulant les allées du parc abandonné où surgissent d’un inquiétant brouillard artificiel des faux fantômes, faux monstres et autres horribles attractions conçues pour fiche la trouille aux visiteurs.

Dans la maison hantée, ils surprennent leur vieil ennemi Pat Hibulaire et son acolyte maître Ratineau torturant une vieille femme afin de la contraindre à vendre le parc. Lady Switen, veuve du créateur d’Horrifikland et qui rêve de voir la propriété remise à neuf, est sur le point de signer l’acte de vente lorsque surgissent Mickey et ses deux amis. Une folle poursuite s’engage alors de hôpital du Mad Doctor jusqu’à la forêt des Maléfices, en passant par le galion maudit, la manoir hanté de la folie, la fosse aux serpents, la grotte des araignées, les vaisseaux des pirates fantômes, des marais du désespoir et de bien d’autres joyeusetés. Le pire, ce sera une nuée de moustiques bien réels, qui n’empêchera pas nos héros de triompher de leurs ennemis rejoints par d’étranges fantômes phosphorescents.

Lewis Trondheim prend visiblement son pied en proposant un scénario réjouissant aux multiples rebondissements à son dessinateur. Cette deuxième participation à la collection, il est déjà l’auteur des nostalgiques « Mickey’s Craziest Adventures » et « Donald’s Happiest Adventures » dessinés par Keramidas, est un nouvel et brillant hommage à l’univers enchanté de Walt Disney.


Né en 1974 à Villefranche sur Saône, Alexis Nesme a étudié le dessin aux Arts Décoratifs de Strasbourg au sein de l’atelier de Claude Lapointe. Il effectue ses débuts dans la bande dessinée aux éditions Delcourt où après avoir signé « Les Gamins », « Grabouillon », « Le Maître des tapis », il publie de 2009 à 2014 une éblouissante version BD en trois volumes des « Enfants du capitaine Grant » (intégrale parue en 2015). Plus que jamais inspiré par l’univers de Tim Burton et les réalisations de Pixar, il propose ce vibrant hommage à Disney à la fois gothique et baroque. Un superbe travail en couleur directe où chaque image grouille de petits détails qui vous régalent l’oeil. Un beau cadeau à Mickey qui vient de fêter ses 90 ans.

Henri FILIPPINI

« Horrifikland » par Alexis Nesme et Lewis Trondheim.

Éditions Glénat (15 €) – ISBN : 9 782344024638

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3 réponses à « Horrifikland » : Mickey flirte avec Tim Burton…

  1. Pépé malin dit :

    mmouais… Il y a quelque chose de gênant à voir nos auteurs contemporains s’emparer d’un personnage et le mettre à leur sauce, ce qui, voulu ou non, le dénature toujours un peu. N’ont-ils plus d’idées pour leurs propres créations, ou veulent- ils, inconsciemment ou non, retirer un peu de gloire pour eux, à travers ces légendes ?…

  2. Henri Khanan dit :

    Un peu de gloire, sans doute et aussi un peu d’argent, sans doute. Je suppose qu’avec les traductions internationales de ses Mickey (plus facile sans doute à faire publier qu’un Lucky Luke, Blake et Mortimer, Blueberry ou Spirou), Lewis Trondheim gagne mieux sa vie qu’avec les albums de l’atelier Mastodonte. Enfin, c’est tout ce que je lui souhaite! Surtout s’il a pris du plaisir à se plonger dans l’univers très codifié (et réglementé) des studios Disney. Pas de quoi faire frémir un membre de l’OUBAPO qui adore se jouer des contraintes!

    • PATYDOC dit :

      Le principe de l’OULIPO et donc de l’OUBAPO, c’est justement de jouer à partir de contraintes préétablies.