Zoom sur les meilleures ventes de BD du 23 janvier 2019

Les nouveautés fleurissent à l’approche du festival d’Angoulême, qui se déroulera de jeudi à dimanche, et ce ne sont pas moins de 9 parutions qui rejoignent le classement des meilleures ventes de bandes dessinées, à commencer par « Nestor Burma T12 : Corrida aux Champs-Elysées », qui s’y inscrit en 4ème position. Ce n’est évidemment pas suffisant pour rejoindre le « Top 20 GfK /Livres Hebdo » tous genres confondus, qui compte toujours dans ses rangs. les mangas « One Piece » T89 (4ème) et « My Hero Academia » T17 (5ème) ainsi que le survivant de fin 2018 : « Blake et Mortimer »T25 «(18ème).

À l’image de « La Vallée des immortels T1 : Menace sur Hong Kong », qui conserve la 1èreplace du « Top 20 BD » (hors manga) pour la 8èmesemaine consécutive, « Lucky Luke T8 : Un cow-boy à Paris » et « Astérix : Le Secret de la potion magique » n’entendent guère céder leurs places, respectivement scotchés sur les 2èmeet 3èmemarches du podium. C’est donc en 4èmeposition du « Top 20 BD » qu’apparaît la 12ème  aventure de Nestor Burma en bande dessinée, élaborée avec aisance par Nicolas Barral, qui signe ici sa 3èmeréalisation personnelle dans l’univers graphique conçu par Jacques Tardi.

Dans « Corrida aux Champs-Elysées », tiré à 40 000 exemplaires par les éditions Casterman, Burma enquête sur la mort d’une actrice par overdose et fourre son nez dans les affaires louche du show-business.

C’est en 6èmeposition, juste derrière « Les Vieux fourneaux » T5, que surgit « U.C.C. Dolores T1 : La Trace des nouveaux pionniers », premier volet d’une trilogie de science-fiction pleine de rebondissements et au rythme haletant élaborée par Didier et Lise Tarquin. Tiré à 50 000 exemplaires par les éditions Glénat, l’ouvrage met en scène Molly, une jeune orpheline quittant le couvent à ses 18 ans et se retrouvant propriétaire d’un vaisseau de guerre : l’UCC Dolores. Accompagné du mercenaire Kash, elle compte naïvement parcourir tranquillement l’espace…

Lire : Didier Tarquin se la joue solo avec « Dolores »…

C’est à la 11èmeplace du «Top 20 BD » qu’apparaît la 3èmeentrée de la semaine, tiré à 31 000 exemplaires par les éditions Dupuis, le très sympathique « Champignac : Enigma » signé du duo de scénariste Beka (Caroline Roque et Bertrand Escaich) et du dessinateur David Etien. Cette passionnante aventure mettant en scène le comte de Champignac, encore jeune scientifique, rejoignant en Angleterre, en 1940 l’équipe chargée du décryptage de la fameuse machine Enigma. Lire : « Champignac T1 : Enigma » par David Étien et BeKa

Juste derrière, en 12èmeposition, déboule « Inferno », le second volet du 3èmecycle de « Complainte des landes perdues », signé du scénariste jean Dufaux et de l’illustratrice Béatrice Tillier. Alors que la campagne de succession au trône des sorcières bat son plein, la sœur de Brynia, assassinée par Sanctus, décide de faire renaître à la vie le redoutable Tête noire… Le nouvel épisode de cette fabuleuse fresque épique d’heroic fantasy a été tiré à 43 000 exemplaires par les éditions Dargaud. Notez l’existence d’un tirage en noir et blanc, limité à 3000 exemplaires, paru en fin d’année dernière et déjà épuisé.

Très appréciée d’un lectorat fidèle, la très efficace saga de science fiction « Olympus Mons », inspirée de la découverte des « anomalies de la mer Baltique » et due aux talents conjugués des créateurs de « Prométhée » : Christophe Bec (aux textes) et Stefano Raffaele (aux dessins), se poursuit avec un 5èmevolume, intitulé « Dans l’ombre du soleil ». Dans épisode, tiré à 14 000 exemplaires par les éditions Soleil, et qui rejoint « le Top 20 BD » à la 13èmeplace,  l’humanité ne peut plus compter que sur la cosmonaute Elena Chevtchenko et le mystérieux androïde qu’elle a rencontré sur Mars…

Il faut ensuite patienter jusqu’à la 16èmeplace du classement pour découvrir la 7èmeentrée de la semaine : « La Venin » de Laurent Astier, tiré à 20 000 exemplaires par les éditions Rue de Sèvres. Pour citer Patrick Bouster : « Avec « La Venin », Laurent Astier livre un western au féminin, qui raconte les échappées tumultueuses d’Emily, fille de prostituée de Louisiane (elle-même également, un temps), sur fond de vengeance et de poursuites. Un excellent dessin réaliste mettant clairement en scène une intrigue solide et prenante » : Lire : Laurent Astier investit l’Ouest sauvage…

Bénéficiant d’un tirage atteignant déjà 37 000 exemplaires et alors que Les Arènes BD s’apprêtent à effectuer un retirage de 10 000 albums supplémentaires, « L’Incroyable histoire de la médecine », écrite par Jean-Noël Fabiani et illustrée par Philippe Bercovici fait sa première apparition dans le palmarès (19ème), bien que parue depuis le 17 octobre 2018. Exemple type de l’ouvrage de fond, dont les ventes sont régulières au fil du temps, cette histoire de la médecine moderne enrichie de nombreuses anecdotes a tout pour suivre l’exceptionnel parcours commercial de « Sex Story » (rebaptisé depuis « Une histoire du sexe ») chez le même éditeur.

Tiré à 13 000 exemplaires, le 5èmetome d’ « Androïdes », premier d’un nouvel arc de 4 épisodes, prend la dernière place du « Top 20 BD ». Obsédée par la mort, un concept qu’elle n’arrive pas à formaliser, l’androïde Synn décide de devenir humaine…

Laurent TURPIN 

PS : Encore merci à Sergio Salma (scénariste, mais aussi observateur pointu et sans concession de notre milieu), à Libon (dessinateur) et aux éditions Dupuis qui nous autorisent à reprendre, chaque semaine, pour illustrer notre rubrique, quelques extraits pertinents de leur strip « Animal lecteur » publié, en avant-première, dans Spirou, l’hebdomadaire champion de la bonne humeur !

Top 20 BD (copyright GfK/Livres Hebdo) du 7 au 13 janvier 2018

CLASSEMENT SERIES TITRES AUTEURS EDITEURS
1er (=) 8e semaine Blake et Mortimer T25 La Vallée des Immortels T1 : Menace sur Hong Kong Teun Berserik, Peter Van Dongen, Yves Sente BLAKE ET MORTIMER
2ème (=) 10e semaine Lucky Luke T8 (Les Aventures de… d’après Morris) Un cow-boy à Paris Achdé, Jul LUCKY COMICS
3ème (=) 5e semaine Astérix Hors Série Le Secret de la potion magique Fabrice Tarrin, Alexandre Astier ALBERT RENE
4ème nouveau Nestor Burma T12 Corrida aux Champs-Elysées Nicolas Barral [d'après Jacques Tardi, Léo Malet] CASTERMAN
5ème (-1) 9e semaine Les Vieux Fourneaux T5 Bons pour l’asile Paul Cauuet, Wilfrid Lupano DARGAUD
6ème nouveau UCC Dolores T1 La Trace des nouveaux pionniers Didier et Lise  Tarquin GLÉNAT
7ème (=) 15e semaine L’Arabe du futur T4 Une jeunesse au Moyen-Orient, 1987-1992 Riad Sattouf ALLARY
8ème (-2) 7e semaine Lou ! T8 En route vers de nouvelles aventures Julien Neel GLÉNAT
9ème (=) 79e semaine L’Arabe du futur T1 Une jeunesse au Moyen-Orient, 1978-1984 Riad Sattouf ALLARY
10ème (-5) 10e semaine Le Voyage de Marcel Grob Juin 1944 : un jeune Français de 17 ans est enrôlé dans la Waffen SS Sébastien Goethals, Philippe Collin FUTUROPOLIS
11ème nouveau Champignac : Enigma David Etien, Beka (Caroline Roque et Bertrand Escaich) DUPUIS
12ème nouveau Complainte des landes perdues, 3ème cycle : Les Sorcières T2 Inferno Béatrice Tillier, Jean Dufaux DARGAUD
13ème nouveau Olympus Mons T5 Dans l’ombre du soleil Stefano Raffaele, Christophe Bec SOLEIL
14ème (-6) 10e semaine Les Légendaires T21 World Without : La Bataille du néant Patrick Sobral DELCOURT
15ème nouveau Les Profs T14 – édition spéciale Buzz scolaire Pika, Erroc BAMBOO
16ème nouveau La Venin T1 Déluge de feu Laurent Astier RUE DE SÈVRES
17ème (-7) 10e semaine Les Sisters T13 Kro d’la chance ! William Maury, Christophe Cazenove BAMBOO
18ème (-1) 21e semaine L’Arabe du futur T2 Une jeunesse au Moyen-Orient, 1984-1985 Riad Sattouf ALLARY
19ème nouveau L’Incroyable histoire de la médecine Philippe Bercovici, Noël Fabiani LES ARÈNES
20ème nouveau Androïdes T5 Synn Louis SOLEIL

Galerie

9 réponses à Zoom sur les meilleures ventes de BD du 23 janvier 2019

  1. Crissant Clavier dit :

    Officiellement la BD va très bien d’après l’enquête GfK 2018,entre autres, chiffre à l’appui.Tout va très bien Madame la Marquise!
    dre un autre son de cloche: »Mais cette étude macroéconomique cache une réalité moins glorieuse quand on regarde les chiffres dans le détails, et de nombreux éditeurs, auteurs et autrices constatent chaque jour à quel point il devient difficile de passer la barre des 1 500 exemplaires vendus pour une nouveauté » http://infoscaetla.over-blog.com/2019/01/bilan-2018-avis-de-tempete.html

    • PATYDOC dit :

      Les éditions ça et là touchent des subventions pour leur travail, alors pas de raisons de se plaindre! Peut-être les « éditions ça et là » sont-elles trop présentes sur un seul et même créneau, le « roman graphique socialisant » ; pour ma part j’ai acheté chez eux : filmo graphique, et tous les Quintanilha

      • Crissant Clavier dit :

        La question ne tourne pas autour du cas des Editions ça et là mais est plus vaste,comme la réécriture permanente des faits que subit de plus en plus souvent le monde de la BD.
        On vient de voir aux infos en cette période angoumoisine un hip hip hourra triomphant,avec une Florence Cestac se félicitant benoîtement d’une BD toujours populaire et aussi accessible économiquement.En dehors de toute réalité,comme si les gilets jaunes qui s’entêtent à défiler le faisaient pour le seul plaisir de prendre l’air ou que les auteurs faisaient semblant de crever la dalle.

        Quant aux résultats économiques 2018 -pour une bonne part dus à l’augmentation des prix- vu l’exposition sans équivalent actuelle des personnages BD dans le paysage,avec une politique d’expansion un minimum appropriée plutôt que celle à bout de souffle actuelle:il devraient être décuplés…

        Mais pourquoi puisque tout va bien.Ce que (presque) tout le monde répète.

  2. Crissant Clavier dit :

    D’autre font entendre un autre son de cloche: »Mais cette étude macroéconomique cache une réalité……

      • PATYDOC dit :

        Quelques réflexions sur cette vidéo:
        Cette vidéo est coupée brutalement au moment de la discussion sur la retraite complémentaire (dommage). En revanche, elle fait une bonne synthèse de l’étude sur la profession d’auteur/autrice bien que l’étude quantitative soit déjà dépassée car datant de 2014, quand l’étude qualitative est … Toujours en cours (???). Le salaire médian des professionnels installés (fondé sur du « déclaratif », donc sujet à caution) serait de 26000 euros par an soit 2166 euros par mois (soit supérieur à la moyenne nationale qui est de 1800 euros par mois ) et 2/3 des auteurs pensent que leur avenir s’annonce plus sombre qu’aujourd’hui (en ligne avec la moyenne nationale) ; on constate surtout que les revenus stagnent. Les témoignages sont intéressants : on ne paie plus à la page, mais au livre ; souvent, la rémunération n’est constituée que par l’à-valoir, d’où le besoin 1/d’enchainer les projets sans toujours avoir eu le temps de les préparer correctement et 2/de développer une activité polyvalente (diversification vers les jeux video, la presse, la pub, etc.,); horaires de travail considérables, peu de vacances, tensions hiérarchiques palpables, et enfin, baisse des dépenses promotionnelles et transfert de charges des éditeurs vers les auteurs. En clair, être auteur aujourd’hui, n’est-ce pas un peu la même galère qu’être un indépendant, un artisan, un gérant, un chef de petite entreprise? Soit « travailler plus pour gagner moins », avec un avenir plus qu’incertain ? Un regret à propos de cette présentation : les éditeurs en prennent pour leur grade, mais rien sur le secteur de la distribution (librairies, supermarchés) : est-il normal qu’une part non négligeable du prix du livre soit engloutie par le secteur de la distribution – dans un univers où le prix est fixe, de surcroît ? En bref, vais-je pousser ma fille qui a 15 ans à devenir professionnelle de la BD : la réponse est clairement non (mais elle ne m’écoute pas ) :-) !

  3. Michel Dartay dit :

    Oui, et alors? les mangas se vendent très bien, mais il s’agit de livres peu chers déjà amortis dans leur pays d’origine, qui ne rapportent pas un centime d’euros aux plus de mille auteurs français ou belges qui essaient de vivre de leur métier. Les ventes d’albums francobelges sont remarquables pour une ciinquantaine de titres (m^^eme si tirages et nombre d’albums vendus marquent un fort repli par rapport à i2015). Quant aux autres… on ne peut que regreeter l’arrêt du fameux rapport Rattier qui permettait d’y voir un peu plus clair….
    Quant à l’arrêt de revues comme Lanfeust-Mag ou le Psikopat, il n’augure rien de bon pour la profession.

    • PATYDOC dit :

      Pourquoi les éditeurs français sont-ils nuls à l’export ( à part quelques titres connus ) ?