Elvifrance, l’ouvrage de référence : et de deux !

Alors qu’un premier livre sur les sulfureuses éditions Elvifrance vient de paraître, il y a à peine deux mois (1), un deuxième livre faisant le tour du sujet et richement illustré, lui-aussi, est aujourd’hui disponible aux éditions United Dead Artists : « EF : Elvifrance l’infernal éditeur » écrit et réalisé par Bernard Joubert, le grand spécialiste de la censure dans le 9eart. Et les deux sont complètement indispensables aux amateurs !

Ceci n’est pas un scoop pour les internautes assidus qui fréquentent régulièrement notre site.

En effet, Bernard Joubert, lui-même, avait déjà expliqué, dans le forum consacré à l’article sur le précédent ouvrage, les raisons de ce télescopage éditorial ; lequel a quand même l’avantage de mettre en lumière cette distraction populaire par excellence « petits, pas chers, déversés à flots chez les marchands de journaux, méprisés par la critique, haïs par la censure », comme le dit si bien l’auteur de ce nouvel opus dans son introduction.

D’ailleurs, une émission de « Mauvais Genres », consacrée à ces deux livres, est prévue au début d’année prochaine.

Bernard Joubert nous a donc appris fin octobre, dans son intervention sur BDzoom.com, que Christophe Bier, l’auteur de l’autre livre sur Elvifrance, lui avait communiqué, il y a quelques temps, qu’il venait d’avoir cette commande de la part des éditions Cernunnos : un label de Média-Participations (principalement Dargaud, si vous préférez !).

En retour, ce dernier lui a annoncé que Stéphane Blanquet s’était, enfin, décidé à sortir, sous son label United Dead Artists, un projet qui était resté en stand by depuis cinq ou six ans : ce livre que nous chroniquons aujourd’hui !

Comme prévu, il y a donc plusieurs points communs à ces deux livres : l’histoire d’Elvifrance, une grosse pagination et un choix de nombreuses belles couvertures… ; mais comme l’a indiqué Bernard Joubert, si le Bier se trouve facilement en librairie, son opus est vendu surtout sur le site http://www.blanquet.com/marchandises.

Par ailleurs, Bernard Joubert détenant des archives administratives d’Elvifrance peu connues, il nous raconte avec nombre de détails et de documents rares les tourments dus à la censure qu’a supporté Georges Bielec (le responsable de cette structure) et son équipe : une aventure éditoriale hors norme, illustrée par une galerie de couvertures exhortant le fait que ces fumetti neri osaient tout sur le plan des plus noirs sentiments et des plus révoltantes pulsions sexuelles : nécrophilie, inceste, crimes sanglants…

Georges Bielec : le responsable d'Elvifrance.

En effet, comme l’indique le communiqué de presse, de 1970 à 1992, Elvifrance a inondé les kiosques français de bandes dessinées qualifiées alors d’obscènes, violentes, répugnantes, scandaleuses…

Plus de 4 000 petits formats furent traduits de l’italien, dont les célèbres LuciféraJaculaZaraSam BotIsabellaJunglaTerrorOutre-tombeTerrificolorProloMortimerHitlerWallesteinZordon

La censure se déchaîna, procès et interdictions tombèrent par centaines… Mais la vaillante petite maison d’édition résista grâce à de stupéfiants stratagèmes.

Enfin, sachez qu’une quarantaine d’artistes actuels de la scène alternative (Bruno Richard, Kiki Picasso, Olivia Clavel, Gilles Berquet, Mïrka Lugosi, Stu Mead, Yvan Alagbé, Amandine Urruty, Tanxxx, Laurent Lolmède, Samplerman, Moolinex…) rendent également hommage à cette production diabolique en réinterprétant, dans ce livre de 450 pages au format pocket et à leur manière, certaines scènes mémorables.

Gilles RATIER

(1) Voir Elvifrance : les pulsions graphiques….

« EF : Elvifrance l’infernal éditeur » par Bernard Joubert 

Éditions United Dead Artists  (20 €) – ISBN : 9782203192157a

Distribution : Les presses du Réel www.lespressesdureel.com

Galerie

2 réponses à Elvifrance, l’ouvrage de référence : et de deux !

  1. Henri Khanan dit :

    Tout petit tirage, trouvé sur le stand de Laurent Lolmède au salon SOBD!!

  2. Henri Khanan dit :

    Les textes de Bernard Joubert sont très bien, mais trop courts. On nous assène ensuite des centaines de couvertures de fascicules Elvifrance, mais sans en mentionner les auteurs, et sans aucun commentaire. Très souvent, les couvertures venaient d’Italie, mais était ce toujours le cas, ou y eut-il des couvertures made in France? Pourquoi le dessinateur de l »histoire ne faisait il pas les couvertures, parfois confiées à de grands professionnels de l’illustration ou de l’affiche peinte de cinéma (Biffignandi, notamment) ? Enfin, pour les hommages graphiques d’auteurs alternatifs, il faut s’accrocher! Certes, il y en a des biens (ceux en couleurs, notamment, mais beaucoup trop ressemblent à du graphzine vite torché. Et je n’ai pas vu un seul dessin du trop rare Stéphane Blanquet, pourtant éditeur de ce recueil si j’ai bien compris!

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