« Alix Senator T8 : La Cité des poisons » par Thierry Démarez et Valérie Mangin

En attendant la publication retardée à janvier prochain du premier album évoquant les années de jeunesse d’Alix imaginées par Marc Bourgne, c’est le héros vieillissant qui débarque en librairie pour un huitième épisode. Une nouvelle occasion de retrouver un duo en phase qui poursuit la saga antique imaginée dans les pages de Tintin par Jacques Martin il y a plus de 70 ans.

An 11 avant J.C. : après le suicide dramatique de Khephren, le fils de son ami Égyptien Enak, qui avait échoué dans sa quête de la Cybele d’orichalque, le sénateur Alix, alors âgé de plus de 50 ans, est envoyé par le puissant empereur Auguste en mission à Pétra. Il est accompagné dans la capitale cachée du royaume de Nabatène par son fidèle Enak, le légionnaire Quintus, son fils Titus et son amie la blonde et impétueuse Camma. En attendant d’être reçu par le roi Obodas, Alix rencontre la reine Hagirû qui lui conseille de se méfier du ministre Syllaios et de son fils Alexandre qui conspirent contre son époux. Cynique et calculateur, Syllaios souhaite entraîner Rome dans le complot qu’il prépare contre le couple royal. Pour parvenir à ses fins, il n’hésite pas à faire massacrer les juifs qui habitent près de Pétra par des guerriers venus d’Arabie, afin de déclencher une guerre avec la Judée voisine dont le roi Hérode lui a refusé la main de sa fille Salomé.

De son côté, Camma est sur le point de succomber au charme d’Alexandre, mais dans la cité aux mille poisons une vie est bien peu de chose. C’est par une épouvantable tragédie que prend fin le premier épisode de cet excellent diptyque riche en rebondissements. Pour en connaître la conclusion il nous faudra patienter jusqu’à  l’an prochain avec la parution des « Spectres de Rome ».

Alors que les différents dessinateurs et scénaristes de la série classique respectent la tradition « ligne claire » initiée par Jacques Martin, Valérie Mangin et Thierry Démarez optent pour un graphisme à la fois plus audacieux et plus moderne. Le trait virtuose du dessinateur, ancien décorateur pour le théâtre à la Comédie Française, parvient à faire oublier la rigidité originelle de l’école inspirée par Hergé, sans pour autant dérouter le lecteur qui y est attaché. Décors somptueux, mises en scène cinématographiques, costumes soignés, couleurs sublimes du vétéran Jean-Jacques Chagnaud, contribuent à faire d’ « Alix Senator » à la fois une série à part entière et une oeuvre qui s’inscrit tout naturellement dans la saga créée par Jacques Martin. L’écriture elle aussi moderne de Valérie Mangin parvient à rester dans les pas du raconteur d’histoires épiques qu’était Jacques Martin tout en apportant sa petite musique personnelle. Un album une fois encore réussi, prouvant que l’on peut encore proposer de belles choses avec un héros considéré par certains comme ringard, à condition d’avoir du talent. Et ce duo en a à revendre !

Henri FILIPPINI

« Alix Senator T8 : La Cité des poisons » par Thierry Démarez et Valérie Mangin

Éditions Casterman (13,95 €) – ISBN : 9 782203 159198

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2 réponses à « Alix Senator T8 : La Cité des poisons » par Thierry Démarez et Valérie Mangin

  1. PATYDOC dit :

    La mode des ces BD avec des vieux en vedette (comme les « Vieux Fourneaux ») n’est-elle pas le révélateur d’un lectorat qui a vieilli ? N’est-ce pas un signe annonciateur du crépuscule de la BD franco-belge ? Ca m’étonne que vous ne vous en étonniez pas! Dans cette BD , Alix est vieilli, grimaçant, las, voire un peu aigri; son fils Titus est une sorte de potiche qui ne comprend rien à la vie ; quant à Enak ! Ahh, Enak ! Déjà qu’il ne servait à rien dans le cycle principal !… Mais ici, c’est le pompon, quelle engeance ! Il ne dit rien, il ne fait rien, sauf grincer des dents, et pleurnicher dans son coin! On comprend qu’Auguste ait voulu se débarrasser de ce trio de choc, qui devait commencer à lui courir sur le haricot, en lui confiant une mission bidon chez les Nabatéens!…(cette critique ne s’adresse pas au dessinateur ni au coloriste, qui sont au top, comme vous l’écrivez).

  2. caramel dit :

    « La mode des ces BD avec des vieux en vedette (comme les « Vieux Fourneaux ») n’est-elle pas le révélateur d’un lectorat qui a vieilli »
    Pôôôôôô cela faisait longtemps que l’on avait pas eu une critique sociologique de haut niveau. MDR
    Relisez la page des meilleures ventes du site et sortez de votre caverne.
    Et encore une critique sur le scénario… à croire que c’est parce que l’on à refusé vos scénarios que vous étalez votre mécontentement.