« XIII Mystery T13 : Judith Warner » par Olivier Grenson et Jean Van Hamme

La boucle est bouclée. Ce treizième tome de « XIII Mystery » clôt la déclinaison de la série phare née à la fin du siècle dernier. Jean Van Hamme, scénariste inspiré de « XIII », maître d’œuvre de ce retour vers les personnages les plus marquants nés de son imagination, s’était réservé le plaisir de mettre en scène la flamboyante « Judith Warner ». L’occasion d’y faire participer une autre protagoniste de la saga : la tueuse « Jessica Martin ».

Santa Barbara. Carol Kennedy débarque dans la cité californienne et loue une chambre chez Judith Warner, pharmacienne, installée depuis un an. Tout pourrait se terminer par une idylle entre les deux jeunes femmes… sauf qu’un grain de sable va transformer l’histoire romantique en un drame sanglant. Après avoir découvert le passé de tueuse de Jessica Martin, Bart Swinson employé au City Hall, dont les avances scabreuses ont été repoussées par la jeune femme lors de son arrivée en ville, se venge en donnant l’adresse de la pharmacienne qui l’héberge à Danny Finkelstein, reporter au New York Daily. Auteur de l’ouvrage à succès « Le Mystère XIII », le journaliste recherche Jessica Martin, alias Carol Kennedy, ex-tueuse, coupable de l’assassinat de son patron Frank Giordino, mais aussi de son ami le journaliste Warren Glass.

Présente dans « Le Dossier Jason Fly » et dans « La Nuit du 3 août », Judith Warner, violée à 14 ans par un membre du Ku Klux Klan, après de longues années de débauche a croisé la route de Jason Fly, amant d’une seule nuit. Jason Fly, l’unique contrat manqué par Carol Kennedy, ordonné par Giordino. Bien malgré elles, les deux jeunes femmes sont contraintes à tenter une folle cavale, traquées par toutes les polices du pays…

Jean Van Hamme propose avec délectation l’histoire de ces deux femmes révoltées, trop longtemps soumises, bien décidées de reprendre leurs destins en main. Une histoire qu’il a longuement mûrit pendant que ses douze confrères scénaristes concoctaient sous son regard bienveillant « leurs » propres « XIII Mystery ». Le résultat est à la hauteur de l’attente, à la fois savoureusement compliqué et d’une implacable limpidité. Choisi par le scénariste, Olivier Grenson (« Niklos Koda ») propose des images lumineuses de son trait puissant et vivant. Décors et personnages sont familier aux lecteurs de la série sans que le dessinateur ne trahisse son propre trait. Un travail d’orfèvre.

Après 19 albums et ces treize « XIII Mystery », le premier cycle des aventures de Jason Fly prend fin, à moins qu’un éditeur trop gourmand ne décide d’y ajouter les albums de trop. Ce serait criminel ! La Fin ? Pas vraiment, puisque fin novembre sortira le second volet de « XIII l’enquête », album signé Jean Van Hamme qui revient avec des révélations inédites sur les tomes 14 à 19 du premier cycle. Les douze pages de bandes dessinées sont confiées à Philippe Xavier dont l’album « Tango » (lire : « Tango T2 : Sable rouge » par Philippe Xavier et Matz) vient de sortir aux éditions du Lombard. À son tour, il s’approprie de belle manière les protagonistes présents dans les six derniers albums de cette série culte, fidèle au trait réaliste de William Vance et aux couleurs de Petra son épouse. Un petit album qui réjouira tous les passionnés de cette série (32 pages couleurs, 9,99 €, le 30 novembre).

Henri FILIPPINI

« XIII Mystery T. 13 : Judith Warner » par Olivier Grenson et Jean Van Hamme
Éditions Dargaud (12 €) – ISBN : 9 782505072089

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5 réponses à « XIII Mystery T13 : Judith Warner » par Olivier Grenson et Jean Van Hamme

  1. Jean dit :

    Van Hamme est obsédé par l’homosexualité féminine, son Largo Winch en est plein et maintenant c’est dans cet album!!

    • PATYDOC dit :

      Comme chez Bourgeon ; comme dans nombre de comics US publiés ces dernières années: réhabilitation de l’homosexualité féminine, ou voyeurisme masculin ?

  2. Henri Khanan dit :

    Les amis… je pense que Van Hamme justifie cela par l’affaire Weinstein et le dossier DSK (sans oublier Ramadam, et combien d’autres) . On sait malheureusement que trop souvent des machistes abrutis ont usé non de leur charisme, mais plutôt de leur pouvoir financier ou d’influence face à de jolies femmes en quête de notoriété ou naïves. Confrontées à ces violeurs surs d’eux, il est normal que les femmes se retrouvent entre elles, débarassèes de saucisses intrusives! Metoo et Balancetonporc sont passés par là, JVH se fait l’écho de ces luttes. Maintenant, aucune allusion lesbian-friendly dans Kivu, son livre sur le Congo.

  3. Henri Khanan dit :

    Je le sais bien,merci!
    Première série de romans policiers à partir de 1970…
    Maintenant, c’est la première fois qu’une relation lesbienne est le sujet principal d’un album. Une tueuse repentie qui sait se défendre, une pharmacienne assumant le manque d’hommes. Bon, il y a quand même beaucoup d’action dans ce livre, et du suspens!