« Jeremiah T36 : Et puis merde » par Hermann

Rendez-vous incontournable depuis 1979, « Jeremiah » arrive en librairie en ce début d’automne avec un nouvel album portant le numéro 36. Une fois encore Hermann ouvre les portes de son monde post apocalyptique pas très élogieux envers l’espèce humaine et dont il n’apprécie pas vraiment la compagnie. Un rendez-vous annuel, bien entendu, à ne pas manquer…

À leur réveil, Jeremiah et Kurdy, qui ont couché à la belle étoile, découvrent leurs motos calcinées après un incendie. Les ennuis continuent en la personne d’un milicien qui reconnaît Kurdy, qui aurait dix ans plus tôt assassiné une femme afin de s’approprier son gros magot. Désormais à pied au cœur d’une région désertique, les deux amis traqués par un duo de miliciens bien décidés à récupérer l’argent, affrontent une redoutable tornade qui les conduit dans une zone étrange. Ils trouvent refuge dans une mystérieuse propriété enclavée dans les rochers, à l’architecture insolite et au modernisme pompeux, gardée par des hommes armés pas vraiment accueillants. Tout est conçu pour protéger Douliana, jolie blonde muette, fille du tyrannique maître des lieux et dont la mère malade passe son temps alitée. La présence de Jeremiah intrigue et trouble la belle inconnue, mais d’autres dangereux personnages l’apprécient  beaucoup moins. Il faudra beaucoup de courage et de ruse à nos deux héros pour parvenir à quitter cette prison dorée…

Si parfois l’intrigue des aventures de « Jeremiah » peut-être jugée un peu mince aux yeux de certains lecteurs, ici il n’en est rien. Hermann propose un scénario où aventure, exotisme et fantastique se mêlent agréablement et accorde une place de choix à ses deux héros. Cette escapade au cœur d’un univers clos lui permet de créer un monde fantastique aux décors insolites et beaux. Et puis, il y a les protagonistes aux gueules savoureuses, et l’on imagine le dessinateur se régaler en les mettant en scène. Hermann, qui a fêté le dix juillet de cette année ses 80 ans, propose des pages superbes d’un trait ferme et assuré, aux couleurs sombres en parfait accord avec l’étrangeté des lieux. Doté d’une puissance de travail incroyable – il assure au moins deux albums par an -, Hermann avoue ne trouver la sérénité dans ce monde qui le désole, que devant sa planche à dessin. La perfection de ce nouvel album laisse sans voix.

Née en 1979 dans les pages de l’hebdomadaire allemand Zack, passée de Fleurus, à Novedi-Hachette, cette série est proposée depuis 1988 par les éditions Dupuis. Aux jeunes lecteurs qui ne connaissent pas « Jeremiah » et souhaitent le découvrir dans son ensemble, une collection de 8 intégrales a été publiée par Dupuis.

Henri FILIPPINI

« Jeremiah T36 : Et puis merde » par Hermann

Éditions Dupuis (12 €) – ISBN : 978 2 8001 7437 2

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3 réponses à « Jeremiah T36 : Et puis merde » par Hermann

  1. PATYDOC dit :

    M. Filippini, pourquoi pondez-vous de plus en plus d’articles de complaisance ? … L’intrigue de cet album est insipide, et surtout, c’est toujours la même, depuis 1979! On a l’impression qu’Hermann n’en a rien à faire de ses lecteurs ! Et puis merde ! … Nous dit -il…

    • caramel dit :

      Il me semble que le principe de ce site est de parler de bd qui a retenu l’attention des chroniqueurs
      avec un résumé de l’ouvrage présenté. Non une descente carabinée et gratuite de l’ouvrage, pour cela d’autres le font bien, même trés bien sur d’autre site ( pas spécialisé bd) suffit de naviguer un peu.

      • Laurent Turpin dit :

        C’est exactement ça. J’ajouterai que « Jérémiah » est une série qui dure, qui vient de rentrer, comme vous le constaterez, dans les 20 meilleures ventes de BD. Elle a donc un public nombreux et fidèle. Après, les goûts et les couleurs, hein ?!