François Bourgeon, Grand Boum 2002

Le festival de Blois, qui a fermé ses portes dimanche soir, a consacré le créateur des Passagers du vent. Le prix Jacques Lob, récompensant un scénariste, revient cette année à Frank Giroud, auteur de la série Le Décalogue.

 

 

Encore une fois, le festival de Blois aura pris position. C’était sans doute écrit :  il fallait  que ce soit l’année où François Bourgeon éprouve des difficultés avec les éditions Casterman pour qu’il soit consacré, à juste titre, en reconaissance d’une carrière exceptionnelle dans le neuvième art. Bravo donc et bon courage à Bourgeon, qui peut ainsi se rassurer sur la place qu’il occupe aujourd’hui dans l’esprit des amateurs de BD.

 

Le prix Jacques Lob, remis tous les ans dans le cadre du festival de Blois, et récompensant (sous la houlette d’un jury d’amis du regretté grand scénariste, présidé par Couestche Lob) un scénariste, a été décerné à frank Giroud. Juste récompense également pour l’auteur de l’excellent Décalogue – une série en dix volumes, dessinée par dix illustrateurs différents,  à base de dix commandements et d’un manuscrit – Le Nahik – ayant appartenu au prophère Mahomet. Rappelons que Frank Giroud est également scénariste de Louis La Guigne (dessins de Dethorey), Louis Ferchot (dessins de Courtois) ou encore Mandrill (dessins de Baruti).

 

Quant au festival proprement dit, il a réaffirmé sa vocation citoyenne, au travers notamment des rencontres qu’il organise dans les prisons, ou des débats, comme « Laïcité et Islam » (animé par Stéphane Pair avec Frank Giroud, mais aussi Michel Morineau – chargé de mission à la Ligue de l’enseignement et le Docteur El Raïs, Directeur culturel de la mosquée de Paris), et « La bande dessinée, médiateur dans la lutte contre l’illetrisme » (animé par Patrick Gaumer).

 

Le traditionnel débat bédéphile (animé par Patrick Gaumer) était cette année consacré à « Super production ou surproduction », un thème qui occupe beaucoup les esprits des professionnels du neuvième art en ce moment. Hélas, bien que les interventions de François Bourgeon, Philippe  Osterman (Dargaud) ou encore d’Alain David (Rackam) ait été très pertinentes et constructives, il manquait sans doute à ce débat la participation de responsables des maisons d’éditions, tels Soleil ou Delcourt, qui produisent le plus d’albums, ainsi que la réaction d’un diffuseur, membre d’un secteur qui pousse souvent à la fabrication pour accorder ses services.

 

Coté expo, notons particulièrement celles consacrées à Prado, merveilleux illustrateur, à Clarke, auteur de Mélusine et à Christian de Metter, dont le grand public a pu découvrir le talent à travers ses planches originales de toute beauté.

 

Rappelons que le Festival de Blois, qui figure parmi les tous premiers en France (120 auteurs viennent dédicacer !) est entièrement gratuit. Alors, cochez vite sur vos agendas le dernier week-end de novembre 2003. Vous ne le regretterez pas.

 

 

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