« Bloodshot Salvation : le livre de la vengeance » par Jeff Lemire, Mico Suayan, Lewis LaRosa…

Où en étions nous restés ? Au mois de mai, comme Valiant et les éditions Bliss font les choses bien, leur fascicule du Free Comic Book Day a proposé, entre autres belles choses dans son sommaire, un prologue inédit de « Bloodshot Salvation », subtilement magnifié au dessin par Juan José Ryp.
Nous sommes en 4001 et celui qui était auparavant un ancien marine, devenu une machine de guerre après avoir participé puis lutté contre le projet Rising spirit, est finalement mort, seul et vieux, après bien des aventures. Il a été néanmoins « ressuscité » en partie par une intelligence artificielle et tente de raccrocher les morceaux. Ce prologue nous a bien fait saliver, mais abordons-nous vraiment ce nouvel arc mieux armé ? Pas si sûr…

Si Ray Garisson apparaît bien dans ces nouveaux épisodes, c’est sous forme de flashbacks dans la plupart des cas, en admettant que notre présent soit le passé (sic…). Car toute la logique de ce « Bloodshot Salvation » réside dans la communication entre Ray, sa femme Magic et leur fille Jessie, dans des temporalités différentes. Le présent nous montre une famille aimante, où la jeune Jessie occupe la vie de ce jeune couple. Ray est débarrassé de ses Nanites ou plutôt a appris à s’en passer. Mais le père de Magic est un pervers narcissique dont la secte met en danger leur foyer. Ray va alors faire le mauvais choix, car entre temps, le nouveau patron du projet Rising Spirit a décidé de désactiver toutes les Nanites en fonctionnement…

On se doute que c’est cette décision qui va amener Ray Garisson à disparaître définitivement car, dans un futur plus ou moins proche (environ 14 ans), Ray est déclaré mort et Magic a du élever seule Jessie, qui, le jour de la disparition de son père, a développé, pour son malheur, le syndrome des Nanites. L’organisation Rising Projet, souhaitant éradiquer les individus hors de portée atteint du virus, et ayant travaillé discrètement depuis les précédents événements sur le nouveau projet Omen, lance Rampage, un méta soldat conçu à partir du propre frère du nouveau responsable. Or, les anciens camarades « Bloodshot » de Ray, toujours en action clandestine, sont là pour aider Magic et Jessie. Leurs ordres leur sont envoyés directement par leur camarade…du futur. En 4001 exactement.

Ouf ! On comprendra que ce tome, rassemblant les cinq premiers épisodes de la série, n’est pas le plus digeste de la licence, proposant trop de personnages et de différentes temporalité d’un seul coup. Le sentiment de confusion qui en résulte est néanmoins équilibré par l’écriture toujours aussi précise de Jeff Lemire. Le prologue futuriste étant important dans ce contexte et nous ayant cependant mis l’eau à la bouche, on restera donc dans la course afin de comprendre comment le « futur d’aujourd’hui » rejoindra le « futur de demain » (et là, je vous ai définitivement perdu !).

Mico Suyan, dont le trait réaliste, au style un peu perturbé, oscille entre Richard Corben et Eduardo Risso, est parfait pour cette série de science-fiction. Ses dessins sont donc réservés aux scènes du futur proche. Tandis que Lewis Larosa, optant pour des lignes plus éthérées et amples, dont la colorisation donne l’impression d’une peinture, dessine le présent. Les coloristes Brian Reber et Diego Rodriguez se partageant le travail. Un tome de nouveau départ, un peu confus, mais prenant.

Pour tout ceux souhaitant connaitre les origines de Bloodshot, rappelons la disponibilité de l’intégrale imposante de la première saison. Lire notre annonce du 17 avril.

Franck GUIGUE

« Bloodshot Salvation : le livre de la vengeance » par Jeff Lemire, Mico Suayan, Lewis LaRosa…
Éditions Bliss comics (16 €) – ISBN : 978-2-37578-132-6

Première page du prologue du FCBD 2018 Bliss

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