« La Maison la nuit » par Joub et Nicoby

Que se passe-t-il la nuit dans un petit pavillon intemporel ? Les membres d’une famille ordinaire rentrent, dînent, s’affairent avant de dormir, en ignorant tout des agissements des autres occupants de la maison : chat, souris, oiseaux mais aussi de gentils monstres vert et rose. Joub et Nicoby nous proposent un exercice de style muet et ludique, histoire de titiller l’imagination de primo-lecteurs, en réenchantant l’espace connu de leurs demeures. Une œuvre originale à découvrir en famille, la nuit tombée !

C’est la fin de journée, une mère rentre avec son jeune enfant dans leur petit pavillon. L’écolier monte dans sa chambre pour lire un illustré, tranquillement allongé sur son lit.

Pendant ce temps la maman chasse le chat qui se prélassait sur le lit, dans la chambre à l’étage. Elle rejoint ensuite son mari qui vient de rentrer d’une journée de travail, au rez-de-chaussée à la cuisine.

La petite famille est réunie pour un repas en commun, avant que chacun fasse sa toilette avant le coucher.

La maison la nuit page 8

Il y a un peu de la poésie et du merveilleux cachés derrière cette soirée on ne peut plus banale d’une famille occidentale moyenne. Il faut les chercher dans la vie sociale des animaux qui vivent dans ce lieu, du débonnaire matou à des souris malines qui se jouent des pièges installés par les humains et au nid construit sur le toit, où des oisillons attendent que leurs parents leurs rapportent des vers de plus en plus gros, leurs babils attirant en fin de soirée un raminagrobis toujours affamé.

Le merveilleux, lui, provient de l’apparition de deux monstres gentils et colorés, peut-être des fantômes, on ne sait pas. Ils ont leur vie propre, s’amusent avec l’enfant mais cachent leur existence aux yeux des adultes. Au petit matin, ils retournent se dissimuler dans un placard ou une vieille boîte, sur une armoire, tandis que les trois membres de la petite famille quittent leur maison plus accueillante qu’ils ne le croient.

La maison la nuit page 16

La mère

Joub et Nicoby ont travaillé à quatre mains pour écrire et dessiner cette bande dessinée muette à destination d’un jeune public.

Ils se sont amusés avec les codes du médium. Sauf exception – pour le repas ou la toilette précédant le coucher -, chaque planche se présente sous la forme d’un gaufrier classique avec six cases immuables reprenant les pièces de la maison : chambres, entrée, cuisine, salle de bain et toit à côté de la mansarde.

Seuls les personnages créent des mouvements. Le lecteur peut ainsi choisir son mode de lecture : soit lire chaque planche l’une après l’autre dans leur entier, soit s’attacher à un personnage, humain ou non, et suivre ses activités d’une pièce à l’autre sur trois étages, soit, dernière solution, se focaliser sur une pièce pour visualiser les va-et-vient qui s’y déroulent.

La maison la nuit page 23

Un monstre gentil

Cet exercice ludique et astucieux est digne des contraintes imposées lors de sessions de l’OuBaPo (l’Ouvroir de bande dessinée potentielle).
.
Il propose une activité interactive au jeune lecteur qui doit jongler avec les images et les mouvements des personnages d’une case à l‘autre.
.
Chaque planche propose ainsi à leur sagacité six arcs narratifs en parallèle. Voilà de quoi se familiariser avec les premières subtilités de l’art séquentiel pour des primo-lecteurs attirés par le dessin simple, dynamique et très coloré, d’un duo d’auteurs malicieux.
.
Il faut lire « La Maison la nuit » à ses enfants pour les éloigner de leurs peurs nocturnes et s’amuser avec eux de situations cocasses, de vrais gags, et des détournements de codes graphiques qu’ils commencent à apprivoiser.
Une lecture salutaire.

La maison la nuit page 43

Le père

Laurent LESSOUS (l@bd)

« La Maison la nuit » par Joub et Nicoby

Éditions de la Gouttière (10,70 €) – ISBN : 979-10-92111-65-1

Le fils son monstre et les oiseaux

Galerie

Les commentaires sont fermés.