L’impressionnant dessinateur serbe Gradimir Smudja s’est emparé d’un étonnant et méconnu haut fait de bravoure de l’histoire de l’art — qui s’est déroulé à Paris, juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale —, afin de le raconter en bande dessinée dans un diptyque dont le premier tome vient de sortir et où il impose, une fois de plus, son flamboyant style graphique… mais toujours avec beaucoup d’humour et de fantaisie. Le 14 juillet 1939, Jacques Jaujard, directeur du Musée du Louvre en place, va organiser le plus grand déménagement d’œuvres artistiques au monde (4 000 merveilles, dont « La Joconde », « Le Radeau de la Méduse » ou la « Victoire de Samothrace »). Ceci pour éviter qu’elles tombent dans les griffes des nazis : incroyable, mais vrai !
Lire la suite...Erroc : un scénariste qui sait aussi dessiner !
Après trois recueils de gags décapants publiés entre 2001 et 2007, nous n’avions plus de nouvelles de Raoul, ce crétin de chat jaune à rayures, et de Fernand, le gros chien abruti. Faute d’avoir trouvé le succès que méritaient pourtant ces pages de gags ou de strips complètement dingues, la série semblait avoir été mise au placard. Mais c’était sans compter sur la persévérance des éditions Bamboo et de leur créateur : Gilles Corre alias Erroc, le scénariste des « Profs » et de « Boulard », qui assume aussi ici la partie graphique en usant d’un style cartoonesque totalement adéquat avec l’esprit absurde de ce nouvel album !
Onze ans après, ces deux bestioles complètement idiotes, qui prennent tout eu pied de la lettre ou comprennent tout à l’envers, réapparaissent dans un monde qu’ils ne comprennent plus et qui leur fait peur : préférant rester dans leur petit univers confiné (dans une petite maison et une gentille maîtresse) plutôt que d’affronter les terribles Rézossocios ou de devoir échanger leur vielle télé par un écran plat, par exemple !
Mais, au fil des pages, nos héros vont prouver qu’ils ne sont pas si has been que ça : Fernand va trouver l’amour auprès de sa nouvelle voisine et Raoul nous prouvera, qu’en fin de compte, il est moins naze que ce que l’on pourrait croire ! Même s’ils continuent à réfléchir sur la façon de profiter au mieux de leur nouveau poste de télé ou encore de remplir régulièrement leur estomac, sans trop se fatiguer.
En bon professionnel de la bande dessinée humoristique, Erroc maîtrise parfaitement l’art narratif d’un genre souvent décrié et réussit à nous faire éclater de rire à chaque chute !
Alors, faites comme vous le conseille l’argument de vente de l’éditeur : « installez-vous bien confortablement, ouvrez un paquet de chips et plongez dans le monde fascinant, plein de bruit et de fureur, de Raoul et Fernand : promis, vous n’aurez aucune envie de zapper ! »
« Raoul et Fernand T4 : La Pizza infernale » par Erroc


















