Ardem : érotisme sans concession

La réédition des « Folles Nuits de Cryptée », la première bande dessinée pour adultes portant la signature de l’énigmatique Ardem, permet de revenir sur ce créateur talentueux. Un auteur qui, sans le moindre tabou, entraîne ses lecteurs dans des scènes torrides sans choquer grâce à un dessin réaliste et sensuel, sans vulgarité gratuite.

C’est en 1987 que la jeune et chaude Collection du marquis des éditions Glénat, collection qui a le mérite de privilégier la création, propose un album riche en chaudes promesses, « Les Folles Nuits de Cryptée ». La première histoire est signée Ardem, très vite identifié par ses fidèles lecteurs comme le pseudonyme d’Alain Mounier, dessinateur de « Thomas le solitaire », une histoire aux séquences audacieuses écrite par Roger Brunel et publiée dans les pages du mensuel Circus. Né en 1958 en Ardèche, le jeune Alain Mounier publie sa première histoire, « Le Fléau d’Alzérad » en 1977 dans Circus. Il trouve le temps de travailler pour la bande dessinée coquine, voir plus, tout en poursuivant une riche carrière dans la bande dessinée traditionnelle : « Dock 21 » avec Rodolphe, « Exit » avec Bernard Werber, « « Tango » puis « Le Décalogue » avec Frank Giroud, « Une folie ordinaire » avec Christian Godard, « Mourir au paradis » avec Pierre Christin… et depuis quelques années « L’Ambulance 13 » pour le label Grand Angle avec Patrick Cothias et Patrick Ordas … Un riche palmarès dont il n’a pas à rougir qui réunit quelques unes des solides pointures du scénario. 

Toujours pour la Collection du marquis, il propose en 1996 le premier épisode d’une trilogie prometteuse, « Les Trois sœurs Darnumm ». La disparition de la collection a hélas interrompu ce passionnant récit. Ardem ne disparaît pas pour autant de l’enfer de la BD, rejoignant les Confessions érotiques BD que publient à partir de 1994 les éditions Média 1000. À la fois plus direct et plus populaire, Ardem s’en révèle l’un des meilleurs contributeurs avec Bruce Morgan (anagramme d’un autre dessinateur fameux). « J’étais le jouet d’un couple pervers », « Je suis devenue l’esclave de mon prof principal », « j’ai tourné dans un porno avec des amateurs » sont quelques-uns des récits signés par Ardem dans cette collection qui prend fin en 1998 après le refus des Relay Hachette de les distribuer.

On peut aujourd’hui en savourer les chaudes séquences, mais aussi quelques nouveautés, dans une série de gros bouquins publiés par les éditions Dynamite, filiale des éditions La Musardine (122, rue du Chemin vert, 75011 Paris, www.bd-adultes.com) : « La Mauvaise élève », « Vidéos privées », « Tournage amateur », « Chantage », Secrets de famille », « Petite Vicieuse », « Vacances de rêve » et « Le Jouet ». L’éditeur expédie sur demande son catalogue BD.

« Les Folles Nuits de Cryptée » se déroule au large d’une côte méditerranéenne sur une île privée dans son unique et luxueuse propriété. Elle appartient au  milliardaire pervers Milton Larrabee qui débarque avec Élisa sa jeune épouse, accompagnée par son père. L’homme prend plaisir à  inviter dans son paradis des jeunes femmes de bonne famille afin de les soumettre à ses plaisirs sadiques et à ceux de ses domestiques hommes et femmes. Une véritable histoire aux nombreux personnages soigneusement mis en scène qui va au-delà de la simple succession de séquences érotiques. Les dessins sont soignés, les filles superbes, le scénario chaud et malin. Un album brûlant bien entendu réservé à des lecteurs adultes.

Henri FILIPPINI

« Les Folles Nuits de Cryptée » par Ardem

Éditions Dynamite (15,90 €) – ISBN : 9 782362341687

      

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5 réponses à Ardem : érotisme sans concession

  1. Henri Khanan dit :

    Ils sont nombreux, les auteurs Glénat à avoir publié du porno sous pseudonyme… Ardem a un joli trait!

  2. BARRE dit :

    Qui est Bruce Morgan en réalité ? A t-on le droit de savoir ou est-ce un secret à garder?

  3. lorenzo dit :

    réponse sur ce lien, peut être:

    http://lebrunf9.free.fr/bdenfer/au_morgan.html

  4. Henri Khanan dit :

    Oui, sans doute, on reconnait son style. Je crois qu’il a fait cela pour raisons alimentaires plus que par passion pour le genre, d’où le choix d’un pseudo pour le dessinateur de Barbe-Rouge et Michel Vaillant