Timothée Octave Wang s’offre une intégrale…

Seuls les vieux lecteurs de l’hebdomadaire Spirou, se souviennent du sage Timothée Octave Wang, héros fugitif créé par Luc Warnant, le premier dessinateur de la série « Soda ». L’intégralité des deux récits publiés par l’hebdomadaire des éditions Dupuis est enfin réunie dans un album soigné au tirage très limité.

Petit bonhomme rondouillard au crâne imberbe, Timothée Octave Wang et un sage tibétain vivant en France. Dès sa première aventure il croise la route de celui qui deviendra son secrétaire et homme à tout faire, le gaffeur Philbert, neveu d’un savant farfelu baptisé Lafouille.

Une première aventure en vingt planches et sans titre est publiée par Spirou en janvier 1981 (n° 2230 à 2232). Le duo se lance à la poursuite du professeur Celsius, voleur d’une invention mise au point par l’oncle de Philbert. Les pouvoirs extraordinaires en lévitation et télépathie de Timothée permettent au trio de capturer, non sans émotions, le voleur. « La Statue vivante », le second et ultime épisode compte 44 pages, proposées dans Spirou en 1984 (n° 2420 à 2423). Il conduit nos héros au cœur de l’Égypte en l’an 2757 avant J.C. Ils sont invités à secourir le prince Téfoudi, victime d’un complot ourdi contre son père le Pharaon. Mal à l’aise côté scénario, Luc Warnant se fait aider par deux amis, Richard Quarré et Jean-Luc Berger. Les pages de ce récit ont déjà été réunies dans un album publié par Soleil Production en 1989.

Lorsque vient le moment de penser à un nouvel épisode, Luc Warmant demande à Philippe Tome de lui en écrire le scénario, mais celui-ci lui propose d’oublier le brave tibétain pour créer un nouveau personnage : Soda. Clap de fin pour Timothée Octave Wang !

Né en Belgique en 1956, Luc Warmant suit pendant une année les cours de l’école Saint-Luc de Liège. Il est ensuite l’assistant d’Édouard Aidans, puis d’André Beckers et de Mittéï. En 1975, il rencontre Gos, le dessinateur de « Gil Jourdan », qui lui propose de reprendre le personnage, souhaitant consacrer tout son temps à son héros le « Scrameustache ». À la vue de ses projets, Charles Dupuis préfère qu’il travaille sur « Timothée Octave Wang ». Dix ans plus tard, c’est Tome qui lui demande d’abandonner son personnage au profit de « Soda ». Luc Warmant signera deux épisodes des aventures du faux pasteur policier (« Un Ange trépasse » et « Lettre à Satan ») avant d’abandonner la série à Bruno Gazzotti. Trouvant le métier de dessinateur trop contraignant, il se spécialise dans l’image de synthèse, la sculpture et la modélisation en 3D qu’il enseigne à l’école Albert Jacquard de Namur.

Comme à leur habitude les éditions Hémantine, créées en 2012 par Yann Delaunay, proposent un ouvrage soigné à l’impression parfaite. Les deux épisodes détaillés ci-dessus sont accompagnés par un dossier illustré de documents inédits, dont des planches réalisées en 1975. L’album cartonné de 80 pages est accompagné d’un fac-similé d’une planche originale. Le tirage est limité à 500 exemplaires numérotés et signés par l’auteur (plus cent hors commerce). Le prix de vente de 39 euros (plus 5 de frais de port) est plus que raisonnable (www.hemantine.be). En préparation : « Alice et Léopold » par Olivier Wozniak.

Henri FILIPPINI

« Timothée Octave Wang » par Luc Warnant

Éditions Hémantine (39 €) – ISBN : 9782960122947

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5 réponses à Timothée Octave Wang s’offre une intégrale…

  1. Daniel D. dit :

    Attention, le lien n’est pas bon : http://www.hematine.be.
    Merci de nous faire redécouvrir ce personnage.

    Un « vieux lecteur de Spirou ».

    Bien cordialement

  2. Plume au poil dit :

    quel dessinateur(!!),le plus bel héritier de Franquin!
    Contrairement à d’autres qui se sont directement inspirés du dessin du maître,Luc Warnant a compris la leçon de Franquin en inspirant sa caricature directement de la réalité,comme lui.Du » réalisme comique » en quelque sorte.
    C’est encore plus visible dans le remarquable épisode « La Statue vivante ».

  3. Fabio Fiorello dit :

    Les publications des editions Hematine sont trop rares…..Vu la qualité top, on en demande plus!
    Bravo. Encore une belle reussite
    Fabio

    • Manu dit :

      La qualité a un prix :-)
      Et connaissant l’éditeur il n’aime pas bâcler le travail (qu’il réalise tout seul).
      Mais à chaque fois le résultat étant au rendez-vous on ne peut lui en vouloir.