Deux somptueux ouvrages collectors chez Dupuis : la chasse est ouverte…

Amis collectionneurs, une fois encore les éditions Dupuis vous lancent un défi : récupérer les deux superbes albums aux tirages limités qu’elles viennent de réaliser à destination des seuls libraires et des journalistes. Deux pépites qui permettent de savourer, dans leur totalité, des albums qui compteront à la rentrée prochaine.

Actuellement proposée dans les pages de l’hebdomadaire Spirou, « Spirou ou l’espoir malgré tout » est la première partie d’un long récit signé Émile Bravo de plus de 300 planches dont les albums seront publiés jusqu’en 2020 (« Un mauvais départ » en 2018, « Un peu plus loin vers l’horreur » en 2019, « Un départ vers la fin » et « Une fin et un nouveau départ » en 2020). Les 86 pages du premier album sont réunies dans un ouvrage souple de format 23,5 x 31,5 cm dont les premières sont en couleurs (signées Fanny Benoit), les suivantes  en noir et blanc, enfin les dernières des pages uniquement crayonnées. Après le succès du « Journal d’un ingénu » (dont une nouvelle édition augmentée sortira en octobre prochain), Émile Bravo évoque les sombres années de l’Occupation allemande en Belgique. Spirou, toujours héroïque, recherche son amoureuse Kassandra retournée en Russie, auprès d’un Fantasio pour le moins inconscient ou tout simplement humain. Une œuvre forte et puissante qui confirme l’immense talent d’un auteur complet. Un seul regret, ce n’est pas demain que nous retrouverons le sympathique Jules, autre héros de l’auteur. Ce collector hors commerce a été tiré à 1 200 exemplaires.

Un autre duo, qui s’est déjà frotté aux personnages de « Spirou et Fantasio », revient avec une nouvelle série elle aussi datée années quarante : Yann et Olivier Schwartz. « Les Bijoux de la Bégum » est le titre de la première aventure d’un trio de privés évoluant dans la France de l’immédiate après-guerre. Atom est le fils de Trigan Vercorian, à la fois Arménien fidèle aux traditions et commissaire au Quai des Orfèvres. Fondateur de l’agence Atom, l’agence qui met le crime K.O., Atom est secondé dans ses enquêtes par la dynamique Mireille (Mimi) et par l’imposant Joseph Villain alias Jojo la Toupie, un ancien catcheur. Afin de renflouer ses finances, Atom enquête sur le vol des bijoux de La Bégum, l’épouse fantasque du richissime Aga Khan. C’est avec habileté que Yann mêle fait divers et humour tout au long d’un récit dynamique et nostalgique. Dire que certains lecteurs penseront à « Gil Journal » n’est pas rabaisser les qualités de ce récit, bien au contraire. Grand admirateur de Maurice Tillieux, Olivier Schwartz propose des pages superbes aux décors et aux personnages savoureux qui ne pourront qu’enchanter les amateurs de BD classiques. Si les dieux de la BD le permettent, le trio de « L’Atom Agency » a de beaux jours devant lui. Les 56 planches du premier épisode sont réunies dans cet album souple mêlant planches en couleurs (superbes, signées Hubert), pages encrées en noir et blanc et pour conclure pages de crayonnés. Ce beau cadeau est tiré à 900 exemplaires. L’album paraîtra aux éditions Dupuis le 19 octobre prochain.

S’il nous arrive de douter des options éditoriales actuelles des éditions Dupuis (la dernière étant la transformation de « Spirou » en « Supergroom » par Vehlmann et Yoann), nous continuerons à saluer bien bas leurs efforts constants pour maintenir la flamme nostalgique de ses fidèles lecteurs.

En attendant, bonne chasse !

Henri FILIPPINI

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2 réponses à Deux somptueux ouvrages collectors chez Dupuis : la chasse est ouverte…

  1. jean dit :

    hum ! Le Spirou de Bravo est pas mal mais… l’obscession anti-curé est pesant à la fin. Si l’auteur a un compte à rendre avec les curés… qu’il le fasse ailleurs… J’ai peu de sympathie pour les religions.. mais, c’est un peu trop… Cela gâche le plaisir de la lecture. Dans le premier tome, on a eu droit à la scène de la sacristie.. Bon, je veux bien.. Mais là, cette nouvelle aventure… ben, c’est tout le temps… et puis l’idée de Spirou qui n’a pas la moindre fibre patriotique et défendre son pays… Lisant mon journal de Spirou… j’ai un goût amer… Pour moi, Spirou doit être un havre de paix, apolitique et sans idéologie… m

  2. Olivier Northern Son dit :

    Oui, il y a un côté bien-pensant, mais toujours contrebalancé par la diversité des personnages.
    Pour moi, Emile Bravo est un immense auteur. Ca se voit dans Spirou, mais aussi et surtout dans sa série Jules, véritable Tintin de notre époque.
    Dans une interview, Bravo déclare qu’il a travaillé sur Spirou pour attirer l’attention sur Jules, j’espère que la stratégie fonctionnera.

    Côté dessin, Schwartz est très bon aussi et fait penser à Chaland, au trait déjà très référencé. Mais les scénarios de Yann rendent l’exercice vivant, loin du simple pastiche.

    Bravo Schwartz!
    Schwartz Bravo (ah non, ça ne marche pas dans ce sens)!