Chaud devant ! : trois albums (très) coquins…

La Musardine, Tabou et Tapages nocturnes, les trois mousquetaires de la bande dessinée coquine – et plus encore – présentent trois albums à ne pas placer entre toutes les mains. Des albums aux thèmes différents : populaire, patrimonial et intellectuel.

« Confessions très coquines » compile quatorze courtes histoires publiées entre 2013 et 2017, dans les numéros du trimestriel Union spécial lettres. Des récits envoyés par les lecteurs qui évoquent dans leurs témoignages des situations érotiques vécues ou fantasmées. Certaines de ces confessions ont été adaptées en bande dessinée par H202 et Chola. Si le scénariste demeure mystérieux (il est aussi l’auteur des « Contes du kimono d’or » chez le même éditeur), Chola réunit un collectif de trois dessinatrices vivant au centre de la Chine dont Fan Y Li, qui a participé à l’album collectif « L’Ombre du feu » chez Paquet. Après avoir publié  « Pour une nuit », paru chez Page 69 en 2015, H202 et Chola livrent pour la Collection rouge des éditions Tapages Nocturnes (www.tapnoc.fr) ce voyage particulièrement hard au cœur  de l’intimité la plus crue de couples sans tabou.

Avec la publication de l’intégralité en un seul volume des « Petites Vicieuses », le label Dynamite des éditions la Musardine (lamusardine.com) permet de (re)découvrir un trésor du patrimoine de la bande dessinée érotique. C’est en 1991 dans le mensuel espagnol El Vibora que ces filles bien sages à l’innocence feinte voient le jour sous le titre « El Pequenas Viciosas ». Beatriz (alias Santiago Segura) et Monica (José Antonio Calvo Téluz) campent en virtuoses Gloria, Susy, Laura, Esther, Marina… des filles jeunes et chaudes qui ne rêvent que de sexes monstrueux et de partouzes sans fin. Partiellement traduits en France par le magazine BDX, puis dans un album édité par Glénat en 1993, ces récits ont été proposés en trois volumes par le label Dynamite de 2003 à 2006. Cette intégrale de 164 pages au format 215 x 300 permet de savourer l’ensemble de cette création originale.

Après avoir adapté «  Les Aphrodites » d’Andréa De Nerciat en quatre volumes superbes (éditions Tabou, www.tabou-editions.com), Emmanuel Murzeau s’attaque à un autre classique du genre : « L’Académie des dames » de Nicolas Chorier (1612/1692). Avocat, écrivain et historien, auteur d’ouvrages sur le Dauphiné, il a écrit cette œuvre sur les arcanes de l’Amour et de Vénus au début du XVIII° siècle, en latin puis en français. Ce texte aux dialogues très chauds raconte l’initiation sexuelle de la prude Ottavia par sa cousine Tullia. Emmanuel Murzeau, né à Niort en 1970 et vivant à Berlin, imagine une troupe de comédiens amateurs d’aujourd’hui répétant les textes particulièrement évocateurs écrits par Chorier. Des textes saphiques érotiques récités par les acteurs dans le plus simple appareil. Les images délicates et chaudes réalisées à l’aquarelle se marient avec bonheur dans cet ouvrage entre bande dessinée et théâtre. Première partie d’une trilogie originale destinée à un  lectorat averti et érudit.

Henri FILIPPINI

 « Confessions très coquines » par Chola et H202

Éditions Tapages Nocturnes (17 €) – ISBN : 9791096039258

 « Les Petites Vicieuses » par Monica et Beatriz

Éditions La Musardine/Dynamite (24,90 €)

 « L’Académie des Dames T1 » par Emmanuel Murzeau [d’après Nicolas Chorier]

Éditions Tabou (15 €) – ISBN : 978 2 35954 133 5

Galerie

Les commentaires sont fermés.