« Injustice Ground Zero » par Brian Buccellato, Christopher Sebela…

La série « Injustice » de l’éditeur DC, succès éditorial adapté d’un célèbre jeu vidéo sorti en 2013, touche à sa fin en français : c’est l’occasion de publier un diptyque reprenant le concept, mais vu sous un autre angle. Une série de super héros (une fois n’est pas coutume dans cette rubrique) pas inintéressante et divertissante.

L’univers DC propose depuis quelques années la saga « Injustice : les dieux sont parmi nous ». Tirée du jeu vidéo « Injustice : Gods Among Us », bien connu des amateurs de jeu de combat, celle-ci a donné lieu à une série de comics, dont le premier tome a été publié avec le jeu par Urban comics en décembre 2014. Depuis, 11 tomes ont paru et la série arrive à sa fin avec un douzième. Celle-ci décrit un monde alternatif, où Superman, manipulé par le Joker, a tué lui-même la mère de son enfant à naître. Fou de rage, l’Homme d’Acier l’arrache des mains de Batman et le tue : « Cet assassinat de sang-froid marque le début d’une ère sombre pour les héros de la Ligue de Justice. Une ère où chacun devra choisir soigneusement son camp : rejoindre la croisade aveugle de Superman contre le crime ou entrer en rébellion aux côtés de Batman. » [source : éditeur]

Fort des bonnes ventes des premiers volumes, débarque «  Injustice Ground Zero », le scénario revisité du premier jeu, mais vu à travers les yeux d’Harley Quinn, la petite copine du Joker.

Celle-ci nous raconte sa version des faits en flash-back, bien propre sur elle et « rangée des voitures », comme le dit l’expression. Petit résumé rapide de la situation en voix off, puis immersion plus dynamique dans le quotidien de chef d’une équipe de criminels, auparavant aux ordres du joker. Mais les choses étant un peu plus compliquées qu’il n’y parait, Brian Buccellato, le concepteur de l’intrigue, et Christopher Sebela nous confrontent à deux mondes parallèles, dans lesquels les héros et vilains possèdent leurs doubles et vont s’affronter. La situation d’un Superman et son équipe luttant contre Batman et sa résistance étant déjà cocasse et tendue (« Civil War », chez Marvel, vous connaissez ? ), que dire de la réapparition d’un joker…qui devrait être mort ?

Harley Quinn ne sait plus à quel saint se vouer, et c’est là tout le sel de ce premier tome. Va-t-elle continuer à se conduire comme le lui a appris son ami fou, ou bien voler de ses propres ailes… et choisir un camp ? Cette demoiselle possède ici un rôle prépondérant, le scénariste comme la poignée de dessinateurs se succédant sur chaque chapitre lui offrant un charisme de premier plan. Cela permet de découvrir ou mieux faire connaissance avec le personnage, dont on tombe d’ailleurs un peu amoureux, à l’instar du costaud, mais naïf, Shazam, qu’elle piège sans trop de problèmes dans ses filets.

Un premier tome divertissant, aux dessins de différents dessinateurs, agréables et se succédant sans accrocs, quoique sans fulgurances non plus, qui aurait gagné à réduire les voix off quelque peu indigestes du début. Le deuxième dévoilera, on l’espère, des rebondissements plus tendus et dramatiques, comme on les aime dans ce genre de récit.

Franck GUIGUE

« Injustice Ground Zero » T1 par Brian Buccellato, Christopher Sebela…
Éditions Urban comics (15,50 €) – ISBN : 9791026814276

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2 réponses à « Injustice Ground Zero » par Brian Buccellato, Christopher Sebela…

  1. Simon dit :

    Autant j’admire, chez les Ricains, l’exploitation presque totale d’un univers d’un point de vue scénaristique (et commercial), autant les efforts de lecture que cela exige m’interpellent.
    Batman, comme d’autres immenses sagas, constitue un Monde dans lequel j’ai un peu voyagé (de Jeph Loeb à Frank Miller en passant par Alan Moore ou encore Greg Rucka) mais où je me sens encore complètement perdu.
    Merci pour cette petite lucarne éclairée. On sent bien que Harley Quinn ne vous a pas laissé insensible, vous non plus !
    Cordialement.

    Simon.

  2. Franck G dit :

    Merci à vous Simon pour votre commentaire et votre lecture. Cela me fait penser que j’aurais pu sans doute, dans cette chronique, resituer d’avantage les ramifications de l »univers DC « Batmanien », et citer davantage la Ligue de justice, ici exposée à de drôles de circonvolutions, mais vos propos l’éclairent un peu dans ce sens, donc, c’est très bien ;-)