« Max l’explorateur », de retour chez Dupuis…

« Max l’explorateur » : un titre aujourd’hui bien désuet pour un remarquable strip quotidien signé Guy Bara. L’annonce de la publication prochaine d’un album aux éditions Dupuis nous permet de revenir sur cette série qui a fait sourire chaque jour plusieurs millions de lecteurs.

Guy Herzog, fils d’un diplomate belge né à Riga en Lettonie en 1923, crée en 1945 l’hebdomadaire littéraire La Faune. C’est en 1948 que ses premiers dessins sont publiés sous le pseudonyme Bara dans le quotidien belge La Dernière Heure. Deux ans plus tard, il quitte la Belgique pour Paris, où il livre des cartoons à Marius, au Hérisson, à Ici-Paris… et à Lectures pour tous, où il campe sous forme de dessins humoristiques, dès 1954 ; le personnage de Max l’explorateur. Peu après, un strip quotidien muet apparaît dans France-Soir, produit par l’agence Scoop. Max devient également le héros du quotidien Le Soir de Bruxelles, où ses facéties prennent fin au milieu des années 1990, alors que le strip dépasse les 7 000 parutions. Bara excelle dans la réalisation de ces courtes séquences muettes où le flegmatique Max, vestige burlesque de l’époque coloniale, fait sourire le lecteur en trois images et une remarquable économie de décors. Chapeau de broussard, short et chemisette, le regard curieux et malicieux, Max est un solitaire muet que tout étonne, déambulant dans des paysages exotiques.

En 1964, Max devient le héros d’une bande dessinée en couleurs, publiée par l’hebdomadaire Spirou et où il s’exprime grâce à des bulles, aux textes signées par l’excellent Maurice Rosy. Flanqué du farfelu Monsieur Ephémère et du perroquet Kéké, cette version n’est que la caricature du « Max » muet qui fait la joie des lecteurs de la presse quotidienne. Max quitte Spirou pour Tintin en 1968, où Vicq lui offre la parole, hélas sans plus de succès.

Guy Bara tentera de lancer bien d’autres séries qui, hélas, ne parviendront pas à s’imposer : « Kéké le perroquet » dans Spirou, « Lamybidas » puis « Le Chéri de l’Olympe » dans Formule 1, « Cro-Magnons » dans Tintin puis Super As, magazine où il imagine « Siegfried le Germain » (« Sigi le Franc »), « Philibert le perroquet » dans Fripounet… Guy Bara  terminera sa vie dans le Sud de la France, après s’être tourné vers la peinture. Il décède le 18 juin 2003.

Si les albums sont rares (un seul en 1959 aux éditions Pulcinella), dès 1964 Yvan Delporte ouvre les portes de la collection Gags de poche à Bara avec Max, qui l’inaugure avec le premier ouvrage proposé. Dupuis n’accueillera pas dans son catalogue les histoires à suivre, pas plus que les éditions du Lombard. Trois albums seront publiés aux éditions Armonia en 1985-1987, hélas sans succès.

C’est donc une grande nouvelle que nous vous dévoilons aujourd’hui : « Max l’explorateur » va entrer dans la prestigieuse collection Patrimoine Dupuis via un album luxueux de 416 pages en noir et blanc au format des gags (128 x 312 mm). Le choix des strips plutôt que celui des pages publiées dans Spirou est judicieux. C’est sous cette forme que le talent de Guy Bara s’exprimait le mieux, en quelques images et un minimum de traits. Classé en trois thèmes, cet album proposera une sélection de 400 strips qui n’ont pas pris une ride. Il vous faudra cependant attendre le 12 octobre prochain pour enfin savourer cette merveille.

 Henri FILIPPINI

Merci à la page officielle de Guy Bara : http://www.max-explorateur.com, d’où sont issues la photo et les strips

« Max l’explorateur » par Bara

Éditions Dupuis (35€) – ISBN : 9782800161822

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3 réponses à « Max l’explorateur », de retour chez Dupuis…

  1. JEAN dit :

    Une nouvelle fois reporté en octobre 2018!!!!

  2. Henri Khanan dit :

    Zut, il va falloir attendre….

  3. Hervé dit :

    Quel bonheur cette parution ! On attend avec impatience !