« Young Romance » de Jack Kirby et Joe Simon : une nouvelle belle déclaration d’amour de l’équipe Komics Initiative…

L’année 2017 a été marquée par quelques publications de qualité concernant les comics, dont l’énorme hommage au grand auteur qu’était Jack Kirby. « Kirby & Me » a, en effet, démontré combien l’équipe, dynamiquement et humblement dirigée par Mickaël Géreaume, pouvait faire aboutir ce qu’il faut bien reconnaître comme un projet fou au départ. Komics Initiative remet le couvert en proposant de réunir dans un beau volume relié les épisodes de « Romance Comics », autrement dit les récits d’amour adolescentes et adultes des années cinquante, conçus entre autres par Joe Simon et Jack Kirby et publiés sous le titre « Young Romance » à l’époque.

Comme nous l’annonce l’éditeur : « Si « Young Romance »  connût l’arrêt de sa publication en 1963 (Simon et Kirby eux-mêmes ne travaillèrent dessus qu’entre 1947 et 1959), le genre même perdura encore quelques années mais les ventes périclitèrent rapidement aux profits des autres genres, notamment les comics de super-héros. Néanmoins, et pour les amateurs de Jack Kirby, une des principales qualités de la série qui saute quasiment aux yeux, si tant est que l’on replace effectivement les choses dans leur contexte, c’est sa modernité. Les femmes de la série sont fortes, indépendantes, presque redoutables. Faisant preuve de maturité et, surtout, de respect vis-à-vis de l’intelligence de leurs lecteurs,  Kirby et Simon ont proposé des histoires d’amour, certes, mais des histoires humaines à des années lumières des mièvreries avec lesquelles leurs concurrents ont noyé le marché (et compromis le genre par la même occasion). »

Un extrait qui sera bien sûr traduit en français

Komics Initiative se base sur les deux ouvrages américains supervisés par Michael Gagné (1), parus en 2012 et 2013 chez Fantagraphics sous le titre : « Young Romance : The Best of Simon and Kirby’s Romance Comics » pour nous offrir un ouvrage massif de 416 pages compilant les 38 histoires sélectionnées. Aucun doute que la finition sera soignée et comprendra de jolis cadeaux bonus. En effet, le projet est en financement participatif depuis déjà deux semaines, sur le site Ullule, et il n’attend que vous pour dépasser les cinquante pour cent de participation actuels, qui lui permettront d’aborder avec sérénité le lancement de la fabrication de ce bel ouvrage patrimonial inédit en France et complètement original.

Franck GUIGUE

La couverture (très) limitée alternative de laurent Lefeuvre.

(1) Michael Gagné : professionnel québécois reconnu dans l’univers des comics et de l’animation, il est l’auteur dès 2003 d’un travail colossal de restauration sur « Young Romance ». Il a participé et réalisé de nombreux comics via son propre label  (Gagné International Press) et a œuvré sur des films comme « Le Géant de fer », « The Incredibles » ou « Ratatouille  » et même sur des jeux vidéo. Il a auto publié un premier volume de ces histoires de Kirby et Simon en 2007, attirant l’attention de Fantagraphics en 2009.

Projet « Young Romance » par Jack Kirby et Joe Simon :
Éditions Komics Initiative : 416 pages (38 épisodes, des textes inédits de Jean Depelley et Marc Duveau, des illustrations exclusives d’Antonio Lapone, Laurent Zimny, Josselin Billard et Sarah Ink, Victor Santos, Lucky Star, Michel Montheillet, Fred Grivaud, Franck Biancarelli, Louis)

Couverture cartonnée, dos toilé – Prix public annoncé : 50 €

Pour une présentation plus détaillée, et participer : https://fr.ulule.com/young-romance/.

Galerie

8 réponses à « Young Romance » de Jack Kirby et Joe Simon : une nouvelle belle déclaration d’amour de l’équipe Komics Initiative…

  1. Captain Kérosène. dit :

    50 € !
    Fondu au noir : 40 €, le 4e monde, 35 €, une intégrale Panini, 32 €.
    En franco-belge : Guirlanda, 35 €, l’homme gribouillé, 30 €.
    Un nombre de pages toujours plus grand, une présentation d’un luxe inutile et des prix qui s’en ressentent.
    Qui peut suivre cette production inflationniste ? Je le regrette, mais ce sera sans moi.

    • PATYDOC dit :

      Captain, vous avez bien raison! Il y a aussi une autre ruse, qui consiste à utiliser du monochrome et à vendre le livre au prix du polychrome ; derniers exemples en date : le dernier Cuzor, et aussi « homme gribouillé ».

  2. FranckG dit :

    Oui, je suis assez d’accord, et c’est sans compter sur l’autre projet en cours sur Kiss Kiss Bang bang du recueil cartonné du dernier Richard Corben des éditions Délirium ainsi que les recueils bien épais déjà en vente d’autres éditeurs de comics. Très beau, cartonnés, avec des bonus, mais pas à la portée de toutes les bourses.On a pu critiquer les parutions luxueuses de livres autour de Tintin, mais désormais pour lire du comics sympa, il faut avoir la bourse bien garnie. De fait, acheter des fascicules VO à leur sortie revient quand même un peu moins cher. La BD reste un produit de luxe malheureusement, et cela n’est pas remboursé par la sécurité sociale ;-) Des recueils brochés reviendraient c’est sûr moins cher.

  3. Henri Khanan dit :

    Ramené au nombre de pages, les prix de ces volumes cartonnés ne sont pas si imposants. Le Quatrième monde de Kirby fait 432 pages pour 35 €. Fondu au noir a un rapport qualité-prix moins sympa (400 pages seulement, mais c’est plus cher, 40 €. Les Intégrales panini (avec des jaquettes encombrantes et qui changent de visuel au cours des rééditions offrent le plus mauvais rapport qualité-prix,mais il faut bien voir qu’un comics US Marvel de 2018 vaut au moins 4$, soit 4 € pour 20 pages de BD en boutique comics parisienne.

    • Captain Kérosène dit :

      Mais qui demande du carton ?
      La nouvelle édition de Guirlande a perdu sa reliure en carton épais et coûte 5 € de moins. Pourquoi mettre du carton partout ? Cela donne des livres plus encombrants dans sur les étagères, plus lourds à manipuler et, souvent, au bout de quelque temps, la reliure flanche sous le poids des cahiers et se décolle (cf le 4e Monde par exemple). On devrait laisser le carton et le luxe aux lecteurs de franco-belge qui y semblent attachés.
      Calculer au nombre de page est une erreur. Parce que si dans l’année, il sort cinq livres de 400 pages à 35 ou 40 €, au bout d’un moment, il faut choisir et l’on ne tiendra pas ce raisonnement. Et d’ailleurs, si on pousse ce même raisonnement jusqu’à l’absurde, on pourrait calculer aussi le nombre de cases par page. Un Kirby qui dessine trois ou quatre cases par planche et aligne les doubles pleine pages, cela finit par coûter encore plus cher.
      Une couverture souple et deux ou trois volumes suffiraient amplement. Même si, à l’arrivée, l’acheteur paye un peu plus cher, la somme à dépenser est répartie sur plus de temps et permettrait d’alterner le choix des publications.
      Cet attachement au luxe est pour moi incompréhensible. C’est le signe d’un lectorat vieillissant qui ne se renouvelle pas et se trouve conforté par les éditeurs dans ses mauvaises habitudes. Les jeunes lecteurs de BD qui lisent des manga n’entreront pas dans cette logique d’un autre âge. Les éditeurs feraient bien d’y penser.

      Et pour finir, des prix aussi élevés pourraient se justifier s’il s’agissait de matériel inédit et restauré par l’éditeur. Là, ce n’est pas le cas. On reprend les scans de la première édition, on paye un traducteur avec un lance-pierre et c’est tout.

      • Franck dit :

        Si je suis assez d’accord avec votre premier sentiment, mister Kérosène, je trouve que vous y allez un peu fort avec le final. Dire que « Young Romance » n’est pas inédit est un peu gros (qui a lu ces vieux comics ?), et dire que ce n’est pas restauré… une hérésie. Lorsque l’on voit le travail effectué par Mr Michael Gagné, il y a eu une sacrée restauration, dont va donc bénéficier le public français. Et puis la traduction est tout de même accompagnée de relettrage, de la mise en page – fabrication, qui ne sont pas vraiment une mince affaire. Donc.. attention.

        • Capitaine Kérosène dit :

          Je me suis sans doute mal exprimé.
          Vous expliquez dans l’article que l’édition française proposée en financement participatif est la réunion en un volume des deux parus chez Fantagraphics sous la supervision de Michael Gagné.
          Par conséquent, c’est l’éditeur américain et l’universitaire canadien qui ont assuré la restauration et les scans de l’édition française. Celle-ci n’apporte apparemment aucun plus, hormis du carton et de la toile.
          C’est en cela que le matériel qu’elle propose n’est pas inédit : tout le travail a déjà été fait en amont.

          • Franck dit :

            Certes, certes…mais comment l’imaginer autrement pour des oeuvres anciennes de patrimoine étranger ? On ne serait plus à 50 € dans ces conditions. Ça serait même difficilement envisageable. Et n’oublions pas que l’on s’adresse là à un lectorat assez réduit et que la « maison » d’édition est gérée sur du temps bénévole. Le choix est donc maigre. Mais je comprends vos réserves de fond.