Gil St André est de retour ! Ses ennuis aussi…

En ce début 2018, Jean-Charles Kraehn remet en selle son emblématique « Gil St André » : une captivante et dynamique série policière qui est l’un des best-sellers des éditions Glénat (plus de 600 000 exemplaires vendus) et qui bénéficie, aujourd’hui, de l’efficace trait réaliste de Chrys Millien, après cinq années d’absence dans les bacs de nouveautés !

À l’origine, Gil St André n’est que l’un des protagonistes d’un diptyque intitulé « Une étrange disparition » et publié dans la collection Bulle noire des éditions Glénat, à partir de 1996 : il s’agit d’un entrepreneur lyonnais sans histoire dont la vie de famille est idyllique, jusqu’au jour où sa femme disparaît. Deux ans plus tard, c’est finalement son patronyme qui s’affiche en couverture, alors qu’il va devenir, bien malgré lui, le héros d’enquêtes plus palpitantes les unes que les autres.

Au troisième tome, Kraehn reste au scénario, mais délègue le dessin au prometteur Sylvain Vallée, lequel va vite être débordé par le succès de son autre série « Il était une fois en France » scénarisée par Fabien Nury.

En 2010, Jean-Charles est donc obligé de reprendre ses crayons : mais pas ses pinceaux, puisque, comme c’était le cas depuis le premier opus, la série continuait, alors, d’être mise en couleurs, avec grâce, par sa compagne Patricia Jambers. Cependant, comme il s’est un temps consacré pleinement au lancement de sa nouvelle création d’anticipation « Futura » (aux éditions Paquet), celui qui fut longtemps le maître d’œuvre des historiques « Aigles décapitées » et le scénariste de la série maritime « Tramp » (pour le regretté Patrick Jusseaume) cède donc cette fois-ci le dessin au talentueux Chrys Millien : ce dernier lui illustrait déjà son « Aviateur » chez Dargaud et s’occupe aussi, maintenant, des couleurs de la série.

Pour ce retour très attendu par les aficionados, il change aussi le rythme de narration, car chaque album forme, désormais, des intrigues autoconclusives de 54 planches : ce qui n’empêche pas les clins d’œil ou les références aux précédents volumes qui sont également disponibles en trois intégrales chez Glénat.

Gil St André, devenu PDG de la GRH, voit ici ses errements de jeunesse ressurgir : un ami d’enfance, ancien skinhead reconverti dans la politique sociale-démocrate, lui demande de l’aider à financer la prochaine campagne de son parti. Alors qu’il refuse de fermer les yeux sur leur passé commun sulfureux, Gil ne se rend pas compte qu’il a déjà mis les doigts dans un engrenage redoutable, où affaires et politique ne font pas bon ménage… L’intrigue va nous tenir en haleine de bout en bout (comme d’habitude, la narration est impeccable, tant sur le plan du découpage que de l’écriture), d’autant plus que cette mécanique fort bien huilée met également en scène des personnages à la dimension vraiment humaine.

Gilles RATIER

Sur Jean-Charles Kraehn, vous pouvez aussi lire quelques autres articles récents sur BDzoom.com, comme « Tramp T11 : Avis de tempête » par Patrick Jusseaume et Jean-Charles Kraehn« Futura T2 : Garane » par Jean-Charles Kraehn« L’Aviateur T1 : L’Envol » par Erik Arnoux, Chrys Millien et Jean-Charles Kraehn« Futura T1 : Terra incognita » par Jean-Charles Kraehn ou « Tramp » T10 (« Le Cargo maudit ») par Patrick Jusseaume et Jean-Charles Kraehn.

« Gil St André T12 : Un passé encombrant » par Chrys Millien et Jean-Charles Kraehn

Éditions Glénat (12,50 €) — ISBN 9782344022818

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3 réponses à Gil St André est de retour ! Ses ennuis aussi…

  1. PATYDOC dit :

    Bonjour – Le scénario est bien mené, rien à dire dessus ; en revanche, un de vos lecteurs avait déjà signalé sur bdzoom les perspectives bizarres dues aux logiciels de dessin . C’est bien le cas ici (voir le fauteuil club dans la vignette du haut qui donne l’impression de se casser la figure) et c’est bien dommage. On sait depuis le XVème siècle qu’il faut tricher avec les règles de géométrie pour ne pas choquer l’œil. Donc, on est en pleine régression avec ce type de logiciel ! Je recommande un petit livre tout simple et très clair sur les problèmes de perspectives : « la perspective en jeu » de Ph.Comar collection Découvertes Gallimard

  2. Erik A. dit :

    « Logiciel de dessin » ? Qui ferait le taf à la place du dessinateur, donc ?

    Allons il faut quand même un peu de sérieux, il n’y a pas de « logiciel de dessin », juste un boulot de graphiste que réalise Chrys qui croyez-moi, et je le pratique depuis 201 ans, n’a pas besoin d’autre chose que de sa vista, de son regard, de sa « main » et de son talent pour dessiner. Après, sur le principe de tricher avec la pers, je vous rejoins, c’est ainsi qu’il faut faire attention quand on reprend une photo, dont l’objectif déforme, selon la prise de vue et du coup peut-être visuellement « dérangeant » quand on le redessine et peut donner une impression de « fausseté », ce qui est sans doute le cas avec ce que vous signalez sur ce pauvre fauteuil.

    • PATYDOC dit :

      Le dessinateur est tout-à-fait estimable. Je regrette simplement qu’il s’en remette trop aux perspectives par ordi.