« Voyages en Égypte et en Nubie de Giam­bat­tista Belzoni T1 : Premier Voyage » par Lucie Castel, Nicole Augereau et Grégory Jarry

Giam­bat­tista Belzoni est un géant, un géant de l’égyptologie et un géant tout court (si l’on peut dire !). Du haut de ses 2 mètres et doté d’une force herculéenne, Belzoni est d’abord le simple fils d’un barbier de Padoue, qui voue une telle passion pour l’eau qu’il décide d’en faire son sujet d’études (monastiques !), à l’université de Rome. Mais Belzoni émigre en Angleterre pour échapper à Napoléon. C’est là qu’il devient un artiste de foire et qu’il rencontre son épouse, Sarah Banes, femme-girafe et saltimbanque elle aussi. Avec elle, il participe à une tournée en Espagne et au Portugal…

On est toujours loin de l’Égypte, mais on s’en rapproche, car c’est à Lisbonne que Belzoni rencontre un émissaire du Pacha d’Égypte qui lui apprend qu’on recherche là-bas des ingénieurs en hydraulique. Alors le « Samson de Patagonie »,  le « Titan de Padoue » embarque avec Sarah pour la terre des Pharaons. On est en 1815 : l’égyptomanie bat son plein en Europe mais Belzoni n’y va pas pour ça. Lui, il veut révolutionner l’arrosage des champs qui bordent le Nil mais, sur place, on refuse ses projets !

Alors, tant qu’à être sur place, Belzoni (devenu britannique) accepte la mission du Consul d’Angleterre de rapporter pour le British Museum un gigantesque buste de Ramsès II (Salt concurrençant âprement les appétits du Consul français Drovetti). C’est fait, Belzoni devient égyptologue ! Et comme il n’a pas sa langue dans sa poche, il va se mettre à écrire, moins pour raconter ses découvertes que pour évoquer de façon fort pittoresque la galerie de personnages qu’il rencontre pendant son séjour.

Les auteurs ont tiré des livres qu’il publia, en 1821, une bande dessinée pleine de vie, tant graphique que verbale. Modernisant le langage et les réactions des personnages, ils créent une petite comédie animée, évidemment centrée sur ce héros physiquement imposant mais également sur sa femme, non moins à l’écoute des populations et qui écrit aussi son journal. Lucie Castel esquisse, griffonne, crayonne à la diable et réalise des personnages incroyablement vifs. Les mimiques et gestuelles sont parfaitement saisies et l’on se met dans les basques des héros avec entrain, d’autant que les dialogues sont également très réussis.

Lucie Castel a fait également le choix astucieux de ne pas s’embarrasser avec les décors, préférant, ici et là, intégrer ses silhouettes dans des gravures du XIXe siècle (référencées en fin d’ouvrage). Le procédé fonctionne parfaitement d’autant que l’enjeu n’est pas de reproduire de façon réaliste les sites égyptiens, mais de nous inviter à accompagner les déambulations pleines de déconvenues des différents protagonistes.

Ce premier volet nous emmène jusqu’en Nubie, à Abou Simbel (que Belzoni désensable et dans lequel il est le premier Européen à entrer), et  ce n’est qu’un début puisque les auteurs nous promettent une trilogie consacrée aux voyages de Belzoni (qui rêvera, un jour, d’atteindre Tombouctou…).

Didier QUELLA-GUYOT  ([L@BD-> http://9990045v.esidoc.fr/] et sur Facebook).

http://bdzoom.com/author/didierqg/

 « Voyages en Égypte et en Nubie de  Giam­bat­tista Belzoni T1 : Premier Voyage » par Lucie Castel, Nicole Augereau et Grégory Jarry

Èditions FLBLB (20 €) – ISBN : 978-2-35761-135-1

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