« Château Narumi » T1 par Tomomi Sato

Le second volume de « Chateau Narumi » conclut avec brio cette courte histoire vinicole. Parler de la production japonaise de vin à un public français est un pari risqué. Pourtant, cette série s’en sort très bien, malgré un dessin parfois hésitant et brouillon. Mako va-t-elle réussir à sauver l’exploitation familiale suite aux décès de ses parents ? Ce serait un bel héritage en tout cas.

Alors qu’ils sont en France pour fêter leurs vingt-cinq années de mariage, les parents de Mako passent leur temps à festoyer et apprécier la vie. Mais durant leur périple, un tour des vignobles européens, leur avion s’écrase tragiquement entre la France et l’Espagne. La jeune fille devient de fait orpheline et abandonne tous ses projets d’études en France. À 23 ans, elle se voit contrainte et forcée de reprendre la tête du vignoble, que son père chérissait et rêvait de voir prospérer. Mais cette prise de pouvoir n’est pas anodine. Trompée par le meilleur ami de son père, qu’elle considère comme son oncle, elle se voit flouée dans son héritage par cet homme, qui profite de son chagrin pour lui soutirer ce qu’il reste de l’entreprise qu’il gérait avec le père de Mako. Sa première décision sera donc de fermer le vignoble dans l’année à venir, car il n’est pas encore rentable. Ce que Mako refuse de voir arriver. Cette production de vin était un rêve familial et elle ne peut se résoudre à le perdre. Nommée PDG de l’exploitation, elle doit dans l’année réunir quatre conditions afin d’éviter la liquidation : produire 40 000 bouteilles, rendre le vignoble rentable, gagner au moins une médaille de bronze à un concours et ne perdre aucun employé. Autant dire que la tâche est quasiment irréalisable en une seule année. Pourtant, elle ne va pas se laisser abattre pour autant.

L’histoire est animée, à l’image de l’héroïne qui, à 23 ans passe de l’enfant choyée dont l’avenir est tout tracé à PDG d’une entreprise peu rentable.Bien qu’ignare quant au travail de la ferme, elle est cependant experte en vin et sait immédiatement reconnaître un bon cru.

Ce manga suit la trame classique d’un titre voulant nous faire découvrir une profession. Comme l’héroïne est novice et ne connaît rien à la fabrication du vin, elle ne cherche qu’à apprendre et sa passion l’emporte. Du coup, les explications fusent, les différentes étapes de la conception sont détaillées et un suspens forcé se met volontairement en place pour conclure sur un twist final laissant une fin ouverte à l’histoire.

Les personnages principaux sont bien typés. Il y a, bien entendu, les employés du domaine : Midorikawa, un jeune homme un peu rustre mais travailleur et surtout amoureux du vin ainsi que le couple Sasaki, embauché il y a vingt ans et qui, depuis, fait tourner l’exploitation. Mako, quant à elle, fait vraiment fille de la ville au départ, mais évolue, au fur et à mesure de son acquisition des tâches variées qui régissent la vie de vigneron. Puis il y a les personnages secondaires, tout aussi hauts en couleur pour certains. Une palette vivante, hétéroclite, et surtout réaliste de tout ce petit monde gravitant autour du vin et représentant bien la vie sur et autour d’une exploitation agricole.

Malgré les quelques approximations graphiques, la lecture de ce dytique est fort agréable. On sent bien que Tomomi Sato a trouvé plus de plaisir à dessiner certaines cases que d’autres. C’est surtout l’encrage qui est plus soigné par moment. Un défaut de jeunesse qui ne gâche pas la joie de découvrir les secrets de la fabrication du vin, en compagnie d’une jeune fille passionnée et passionnante.

Gwenaël JACQUET

« Château Narumi » T1 par Tomomi Sato
Éditions Komikku (8,50€) – ISNB : 9782372872171

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