Le bel automne de « Corto Maltese »…

Apparu en 1967 dans les pages de la revue Sgt Kirk, au cours du long récit « Una ballata del mare salato » [« La Ballade de la mer salée »], Corto Maltese fête avec faste ses cinquante ans : nouvel album inédit, calendrier, rééditions, exposition… Hugo Pratt aurait aimé !

Si son créateur nous a quittés en 1995, le marin flegmatique est de retour depuis 2015 pour vivre de nouvelles aventures, concoctées par deux pointures espagnoles du 9e art : Juan Díaz Canales et Rubén Pellejero. Pour leur deuxième album intitulé « Équatoria », les deux compères expédient Corto Maltese du côté de l’Équateur, dans la province de l’Équatoria, région située au sud du Soudan actuel. Voyageur infatigable, le marin maltais est à la recherche du « miroir du prêtre Jean », rapporté des croisades.

Placée sous la tutelle britannique, Équatoria était le rendez-vous des trafiquants et esclavagistes en tout genre… C’est sur cette terre de légendes que se situerait le royaume (imaginaire ?) du prêtre Jean qui, en l’an 1165, se présentait comme « le plus grand monarque sous le ciel et chrétien dévot ». Accompagné de la blonde journaliste Aïda, Corto croise la route de deux autres créatures de rêves : Ferida l’exploratrice, qui recherche son père disparu, et Alfra, une ancienne esclave au caractère bien trempé.

Le tirage de luxe.

Bien sûr, quelques irréductibles inconditionnels d’Hugo Pratt trouveront qu’il y manque la patte du maître ! Ce n’est pas mon avis, ce nouveau « Corto Maltese » se lit avec beaucoup de plaisir, voyage dans des régions exotiques que n’aurait pas renié le créateur de la saga et propose un scénario solide, ainsi des personnages campés avec talent par un dessinateur respectueux de l’œuvre originale. À signaler : une belle édition en noir et blanc de format 24 x 32 cm, qui permet de mieux apprécier le superbe travail graphique de Rubèn Pellejero (88 pages, 25 €).

Notons également la sortie d’un somptueux coffret toilé, réunissant en sept albums cartonnés l’ensemble des pages consacrées à « Corto Maltese » par Hugo Pratt. Ce bel objet au tirage limité devrait réjouir les admirateurs d’Hugo Pratt. Un total de 1 244 pages en couleurs réunies pour la première fois en France, dans une intégrale à la présentation soignée (99 €).

L'intégrale.

Le calendrier.

Continuons notre recensement des publications en indiquant la parution le 2 novembre prochain du traditionnel calendrier « Corto Maltese ». De quoi passer une année 2018 sous le signe de l’aventure tout au long des 12 illustrations en couleurs imprimées sur papier Gardamat 300 grammes (20 €).

Côté événementiel, à l’occasion du 50e anniversaire de Corto Maltese, les éditions Casterman (associées à Gares & Connexions) proposent, en gare de Paris Austerlitz et jusqu’au 30 octobre prochain, un parcours de plus de 800 mètres carrés, plongeant les voyageurs au cœur de l’univers du héros créé par Hugo Pratt.

Il est également bon de signaler que les 13 premières aventures de Corto Maltese sont aussi proposées par Casterman dans une collection en noir et blanc de format 21 x 32 cm, enrichie d’aquarelles et de préfaces inédites signées Mathias Énard, Tristan Garcia, Pierre Péju, François Rivière, Sylvain Tesson, Carole Martinez…

L'exposition.

Enfin, histoire de vous faire saliver en attendant novembre prochain, une info concernant uniquement Hugo Pratt. « Ticonderonga », le western écrit en 1957 par Hector Oesterheld, va être proposé par les éditions Casterman sous forme de deux albums sous custode : l’un à l’italienne, l’autre en format classique, respectant ainsi la parution d’origine. Un collector qui vous coûtera 49 €.

Henri FILIPPINI

« Corto Maltese T 14 : Équatoria »  par Rubèn Pellejero et Juan Diaz Caneles

Éditions Casterman (16 €) — ISBN : 9 782 203 122 086

Galerie

6 réponses à Le bel automne de « Corto Maltese »…

  1. Franck dit :

    Merci de ces infos. Surpris mais content d’apprendre que « Ticonderoga » va enfin sortir des oubliettes. En espérant juste qu’un travail de restauration et/ou de mise en page aura été prévu, car la première édition était loin d’être satisfaisante, (au regard des exigences d’édition actuelles), même si le récit l’était.

    • Dominique PETITFAUX dit :

      Oui, cette édition sera bien meilleure, car elle a bénéficié de l’aide du grand chercheur et collectionneur argentin Guillermo Eduardo Parker (c’est d’ailleurs grâce à lui que j’ai pu établir une bibliographie précise de Pratt en Argentine).

  2. Franck dit :

    Super ! merci de votre réponse. J’avais il y a quelques années acheté par dépit (la française étant inabordable) l’édition argentine justement, format « poche ». ;-)

  3. Simon dit :

    Bonjour,
    Je suis surpris que ne soit pas mentionnée dans votre article la superbe réédition grand format de « La Ballade de la Mer Salée ». Il me semble que, pour un prix honnête (50 euros), le lecteur atteint une qualité de lecture assez remarquable qui fait honneur à cette oeuvre majeure de la Bande Dessinée.Un vrai cadeau de la part de Casterman, mais peut-être l’aviez-vous déjà évoqué ailleurs…

    Je dois également reconnaître une lacune : j’ignore ce qu’est un album sous custode et je ne trouve pas l’information. Si vous pouviez m’éclairer…

    Cordialement.

    • Bonjour Simon
      Nous avons joints les éditions Casterman qui nous ont précisé que le custode est, entre autre, une boite de protection pour un livre. L’album est donc tout simplement sous coffret.
      Et merci d’avoir rajouté l’information sur la superbe réédition grand format de « La Ballade de la Mer Salée ».
      Bien cordialement
      Henri Filippini

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