« Je veux une Harley T5 : Les Quinquas requinqués » par Frank Margerin et Marc Cuadrado

Rock’n roll, gros cubes, humour et nostalgie sont une fois de plus au riche menu de cet album concocté avec amour par Marc Cuadrado et Frank Margerin : deux papys de la BD qui, comme leurs héros, se souviennent la larme à l’œil du bon vieux temps. Une bonne bière, un bon vieux rock et c’est reparti !

Marc, Alain, Charles et Gégé, qui se sont rencontrés pour la première fois au collège, voici quarante ans, unis par l’amour du rock et de la rebelle attitude en vogue à l’époque, entretiennent aujourd’hui, encore, une solide amitié cimentée par leurs passions communes. Après leur expédition épique aux États-Unis ou encore leur escapade délirante en Provence, le quatuor doit affronter les petits tracas du quotidien, pas toujours faciles à gérer sereinement pour des quinquagénaires hyperactifs. Délires hypocondriaques, séances de tatouage, selles de Harley abîmées, passages au tribunal pour une simple contravention, concert de Renaud mouvementé… sont évoqués au fil de cette série de courtes histoires proposées dans ce cinquième album. Heureusement, les épouses, qui en ont vu d’autres, font preuve de compréhension auprès de ces vieux adeptes attendrissants de la biker life. Des presque vieillards qui se sentent revivre lorsqu’ils chevauchent leurs chères Harley, entretenues avec soin par l’ami Gecko.

Marc Cuadrado et Frank Margerin, eux aussi motards et passionnés de rock, observent avec tendresse leurs personnages, aux tempes blanchies et aux corps usés, qui subissent les ravages du temps. Face à une nouvelle génération d’auteurs qui parlent avec un réalisme souvent désespérant de leur quotidien, nos deux compères continuent à évoquer celui de leurs personnages avec une bonne dose d’humour.

Digne héritier du style « gros nez », cher aux auteurs humoristiques franco-belges, qu’il revendique, Frank Margerin propose des pages soignées riches en décors et aux personnages attachants. Son trait, qui n’a pas pris une ride, fera fondre de bonheur ceux qui jadis ont savouré les aventures de Lucien, Manu, Momo et autres personnages nés de son imagination débordante. Collaborateur incontournable de Métal hurlant, Margerin poursuit une riche carrière, proposant avec une belle régularité les aventures cocasses de ses héros : qu’il en soit remercié.  

Notons qu’après un bref passage en 2012 dans les pages de Fluide glacial, le quatuor de quinquas est passé aux éditions Dargaud dès l’année suivante.

Henri FILIPPINI

« Je veux une Harley T5 : Les Quincuas requinqués » par Frank Margerin et Marc Cuadrado

Editions Dargaud (11,99 €) — ISBN 9782205075946

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5 réponses à « Je veux une Harley T5 : Les Quinquas requinqués » par Frank Margerin et Marc Cuadrado

  1. Michel Dartay dit :

    Un album sympa, comme toujours avec Frank!

  2. PATYDOC dit :

    Aussi pitoyable qu’un concert des vieilles canailles … Il faut savoir raccrocher, ou se renouveler complètement – sinon, se taire ! Ah, au fait, 19 de tension, c ‘est grave!

    • Liaan dit :

      M’sieur Papydoc,
      le week-end a dû être fatiguant pour que vers 11H00, ce lundi, vous vous exprimiez ainsi et râliez contre cet album… Vous devriez faire comme ces cinquantenaires : faire un tour en bécane et rencontrer le Père Guy Gilbert.
      Je les trouve toujours marrantes ces histoires racontées par Cuadrado et Margerin !

      • PATYDOC dit :

        Oui bof, marrant si vous voulez … Moi je trouve ça plutôt pitoyable, et ça ne s’adresse qu’aux lecteurs de Métal Hurlant des années 80?… Les conservateurs de leur Révolution?
        Par ailleurs, passé la cinquantaine, je pense qu’il vaut mieux faire du vélo que de la Harley !

        • Liaan dit :

          Bonjour, râleur !
          Certes, cces histoires s’adressent surtout aux « petits anciens » qui ont connu la cinquantaine, ils lisent ainsi au travers de ces « pépés râleurs » ce qu’ils vivent plus ou moins quotidiennement. Laissez donc Cuadrado et Margerin raconter leurs petits malheurs, pour mon grand plaisir, moi qui ai la chance d’avoir atteint sans trop de mal un âge respectable. Ce que je souhaite aux plus jeunes.
          Vous ne pensez pas que ces jeunes d’aujourd’hui seront eux aussi contents si dans vingt ou trente ans, un dessinateur les fait marrer avec de nostalgiques histoires de smartphone avec chasse aux poquémonts, eux qui n’ont pas connu les plaisirs des Mobylettes trafiquées ? À chacun son époque de souvenirs. Ce qu’il y a de bien avec Margerin, c’est qu’il a vécu ces périodes passées et ne crée pas trop d’anachronismes, contrairement à des « petits jeunes dessinateurs » qui en font des milliers, d’anachronismes, en cherchant à retranscrire une époque passée avec leurs yeux d’aujourd’hui…

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