« Cédric T31 : Temps de chien » par Laudec et Raoul Cauvin

Avec ce déjà 31e recueil de Cédric, après plus de 400 récits et 1 500 planches, Laudec et Raoul Cauvin continuent, avec toujours autant d’humour et tendresse, de relater les aventures quotidiennes de leur jeune héros au grand cœur et de son entourage.

Quand on est un enfant, il en faut du caractère pour s’affirmer, et ça, Cédric l’a bien compris ! Pas question de se laisser marcher sur les pieds, et surtout pas par Caligula : le redoutable molosse de la voisine. C’est déjà assez compliqué de devoir montrer ses bulletins déplorables à son père, de ne pas se faire prendre pour les bêtises avec les copains ou d’essayer de se déclarer à la fille qu’on aime…

Nous retrouvons tout ce qui fait le charme de cette bande dessinée devenue un classique : les quatre cents coups d’un écolier turbulent, mais malin, les trente-six chandelles qui ne manquent pas d’apparaître dès qu’il faut s’occuper des fidèles compagnons à poils ou à plumes, et les mille et une petites attentions que les gens s’offrent en famille, entre amis, entre amoureux.

La tignasse blonde, une bonne bouille, un rien malicieux, Cédric est un petit garçon heureux vivant entre son papa (brave vendeur de carpettes), sa maman (mère au foyer attentive) et son grand-père au caractère pour le moins bouillant. Ce dernier, veuf depuis de nombreuses années, habite avec le trio dans une jolie villa située à la sortie du village. Protagoniste d’un bon nombre des histoires proposées dans cet album, le brave pépé passe son temps dans son fauteuil à lire son journal et à critiquer son gendre, qu’il trouve trop coulant avec Cédric. C’est un confident précieux, bien que, hélas !, pas toujours très efficace pour résoudre les problèmes existentiels que rencontre le gamin.

Lorsque Cédric quitte la maison, c’est pour retrouver son copain Christian, l’école, mademoiselle Nelly l’institutrice… et surtout Chen, sa petite copine chinoise dont il a parfois bien du mal à comprendre le comportement. Ceci sans compter Lilly, la nouvelle voisine, qui en pince pour lui et dont il passe son temps à fuir les avances… et Caligula, le chien monstrueux un peu trop attachant d’une voisine.

Non content de proposer des gags percutants, Raoul Cauvin glisse régulièrement, dans ses scénarios, quelques commentaires sur le temps qui passe, la vie, la maladie, le racisme et même la disparition d’un être cher : toujours avec une infinie délicatesse. Le ton est alors plus grave, plus émouvant, parfois même surprenant, mais l’humour tendre est toujours au rendez-vous pour faire passer le message : une belle performance lorsque l’on sait que la série, née en 1987 dans les pages de l’hebdomadaire Spirou, dépasse aujourd’hui les trente albums, atteint les 1 500 planches et vient de franchir le cap impressionnant des 400 histoires. Laudec (alias Antonio De Luca, né en 1947 en Italie) illustre d’un trait dynamique et vivant cette série de courts récits, conservant la tradition « gros nez » de l’hebdomadaire Spirou, qu’il revisite avec efficacité. C’est après avoir débuté aux côtés de Mitteï (« Les Contes de Curé-la-Flûte ») qu’il a campé Cédric : héros juvénile dont le succès ne s’est jamais démenti. Ce trente et unième album, toujours aussi percutant en laisse espérer beaucoup d’autres.

Henri FILIPPINI

« Cédric T31 : Temps de chien » par Laudec et Raoul Cauvin.

Éditions Dupuis (10,95 €) – ISBN : 9 782 800 169 620

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