La Revue dessinée/Topo : même combat !

En ce mois de mars, les nouvelles livraisons de La Revue dessinée, dans sa quatrième année d’existence, et de Topo né l’an dernier, sont présentes à la fois en kiosques et en librairies : une politique astucieuse qui permet de lutter contre la dégringolade régulière des ventes de la presse.

Fondée par des auteurs-actionnaires indépendants : Franck Bourgeron, Sylvain Ricard, Christophe Goret (alias Kris) et David Servenay, La Revue dessinée a vu entrer dans son capital le groupe Madrigall, auquel appartiennent les éditions Gallimard.

L’éditorial en profite pour annoncer un changement de braquet, qui se traduit par des partenariats avec Médiapart et Arte infos, ainsi que la création du site Internet battrelacampagne.fr, qui propose des dessins d’une vingtaine de dessinateurs « propres à heurter nos certitudes », en vue « d’aérer la démocratie ».

Le magazine entreprend également l’ambitieux projet « Histoire dessinée de la France », en coédition avec les éditions La Découverte.

Ce vaste projet au long cours réunira historiens et dessinateurs, pendant plusieurs années. Le premier album, annoncé en octobre, sera signé par Sylvain Venayre et Étienne Davodeau.

Espérons que cette entrée dans l’édition sera plus réussie que la tentative qu’ont connue les albums issus du magazine Aaarg !.

Sinon, le quinzième numéro de La Revue dessinée propose un long récit d’Hélène Ferrarini et Damien Cuvillier sur « Les Nouveaux Filons », une réflexion d’Hélène Bekmezian, Patrick Roger et Aurel sur « La Loi Macron à marche forcée », un traitement humoristique de l’écologie numérique (par Vincent Courboulay et Loïc Sécheresse), un carnet de voyage à Mayotte (par Cyrille Pomès), un nostalgique « Premiers tangos à Buenos Aires » (par Jorge Gonzalez)… mais aussi de courtes rubriques signées Zoé Thouron, Rudy Spiessert, David Vandermeulen, Daniel Casanave, Terreur Graphique, Nicolas Moog, James… Finalement, c’est un sommaire sur mesure pour ceux qui apprécient le mariage entre actualité et bande dessinée.Topo n° 4 traite lui aussi de l’actualité, en s’adressant plus particulièrement aux jeunes lecteurs de moins de vingt ans.

Daphné Rousseau et Bruno Mangyoku proposent « J’avais 15 ans et je vivais à Jérusalem », Amélie Mougey et Benjamin Adam se demandent « Pourquoi utilise-t-on toujours plus de pesticides ? », Géraldine Ruiz et Marion Mousse s’interrogent sur « Le Son noir de l’Amérique », Keiji Nakazawa évoque « La Bombe A à Hiroshima », et l’on trouve aussi Anouk Ricard, Max de Radiguès, Rocco, Delphine Panique, Lisa Mendel, Pochep… sans oublier la suite du « Meilleur des mondes possibles » : la seule série de récréation, écrite par Stéphane Melchior pour Sacha Goerg.

Nous sommes loin de nos bonnes vieilles revues simplement conçues pour divertir leurs lecteurs : enquêtes, reportages et documentaires prennent de plus en plus le pas sur le pur divertissement. Le monde change…

Henri FILIPPINI

La Revue dessinée n° 15, trimestriel, 228 pages couleurs (15 €) : www.larevuedessinee.fr.

Topo n° 4, bimestriel, 148 pages couleurs (12,50 €) : www.toporevue.fr.

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4 réponses à La Revue dessinée/Topo : même combat !

  1. PATYDOC dit :

    M Filippini, votre conclusion est ambiguë : avons-nous vraiment ici de la BD de « reportages et de documentaires « ? Ne serait-il pas tout simplement question ici de BD de propagande politique (de gauche pro-étatique bien entendu)? On voit bien qui finance tout ça. Ou alors, considérez-vous qu’être de gauche, c est équivalent à faire des « reportages et des enquêtes »? Voila une curieuse idée du pluralisme démocratique.
    Il est vrai que la politique s’impose à nous: Spirou et Tintin véhiculaient un esprit petit-bourgeois campagnard qui rassurait les parents..
    Mais les revues dont vous parlez ici sont nettement partisanes et il faut avoir le courage de le dire. Attention tout de même à ce que la BD ne se coupe pas d’une grande partie de son lectorat, à force de ne donner qu’un seul son de cloche…

    • Laurent Turpin dit :

      Bonjour Patydoc,
      Je vous remercie de votre intervention, visiblement « viscérale » ! Ne confondez cependant pas « partisan » et « engagé », notamment au sens des droits de l’homme ou des libertés, d’expression notamment. Donc, les revues qu’évoque Henri Filippini, en toute neutralité, sont effectivement parfois engagées, et c’est leur droit. Et c’est aussi, en raison de cette liberté d’expression (que nous défendons sans concession), que nous publions votre propos, qui reflète votre avis et qui n’engage que vous. Néanmoins, et parce que nous ne sommes pas un site politique et que tout débat autour du rapport gauche-droite en France ne concerne pas les commentaires d’un site spécialisé en BD (en tout cas pas le notre), nous couperons court à toute suite donnée en ce sens, de votre part ou d’un autre internaute. Ici, on parle de BD ! Et nous vous conseillons de ne plus lire celles qui ne vous plaisent pas : la production est telle que vous trouverez forcément votre bonheur ailleurs …
      Laurent Turpin

  2. PATYDOC dit :

    Etant tous autant que nous sommes des « enfants » de Hara- Kiri , de Pilote, de Fluide Glacial, etc, je ne crois pas qu’on puisse en effet se placer dans un débat de type Gauche-Droite. Cela dit, ces revues ci-dessus chroniquées sont « engagées », et je crois que ce serait honnête de le dire. C’est un débat difficile : par exemple, M et Mme Frappier déclarent qu’ ils ne veulent pas que leurs livres aient un langage politique, mais ensuite, ils avouent que « c’est leur point de vue qui transparaît » : donc font- ils du documentaire , ou de la propagande politique ?
    Ma dernière phrase ne me visait pas, parce que j’aime la BD, toute la BD !… Il s’agit juste d’une sorte d’inquiétude pour l’avenir de la profession …

  3. Michel Dartay dit :

    Puisque l’on parle de Aaaarg!, je signale que l’association procède à la mise en vente à moitié prix de son stock d’invendus jusqu’à la fin mars. Voir sur leur site.