Sans emploi et souvent partisan du moindre effort, Léo vit depuis deux ans chez sa sœur, dans la Nièvre, en attendant de dénicher un boulot. En fait, ce garçon un peu à la dérive n’a qu’un seul rêve : trouver des trésors ! Le souci, c’est que, dans la vallée du Beuvron, ça ne coure pas vraiment les rues. En plus, il s’y prend comme un manche ! Alors, après avoir pratiqué, sans succès, la pêche à l’aimant, il passe à la vitesse supérieure en achetant un détecteur de métaux. Sa frangine, à bout de nerfs, lui donne trois mois pour trouver un travail, sinon elle le vire… Une fois de plus, Duhamel (1) excelle dans la description, sensible et drôle, de ces paumés et petites gens qu’il sait rendre si attachants…
Lire la suite...De Casque d’or à Colette…
Plus de 40 ans après « Casque d’or », Annie Goetzinger publie « Les Apprentissages de Colette » : un superbe ouvrage dans lequel elle évoque, avec son raffinement habituel, le Paris de la Belle Époque, à travers les premiers pas de l’auteure de « Chéri » et du « Blé en herbe ».

Alors éditeur BD chez Hachette, en 1975, j’ai eu le plaisir de signer le premier contrat d’une jeune dessinatrice nommée Annie Goetzinger pour son album « Casque d’or ».
Plus de quarante après, je viens de recevoir le nouvel album d’Annie : « Les Apprentissages de Colette ». Dans sa dédicace, elle me confie que cet ouvrage a failli voir le jour aux éditions des femmes… il y a quarante ans : « Ça valait la peine d’attendre, n’est-ce pas ? » ajoute-t-elle !
Et comment ! L’album bénéficie de tout ce que quarante années de labeur peuvent apporter, de quarante années d’expérience passées a réaliser une trentaine d’albums, aujourd’hui incontournables pour qui apprécie le bel ouvrage.
Les points communs ne manquent pas entre ces deux albums : l’époque, le début du vingtième siècle, les héroïnes (deux femmes indépendantes et amoureuses) et enfin le lieu : Paris. Bien sûr, malgré ses deux prix obtenus à Angoulême, « Casque d’or » (édité par Glénat après l’abandon de la BD par Hachette) demeure un album d’apprentissage, mais on y devine déjà l’amour de la jeune dessinatrice pour la mise en scène, son goût pour les décors et les costumes, sa sensibilité à dessiner les femmes.
« L’Apprentissage de Colette » retrace, du trait si élégant caractéristique de l’auteure, les premiers pas de Sidonie Gabrielle alias Colette, venant, à 20 ans, de quitter son Loiret natal pour Paris : ses années d’initiation auprès de Henry Gauthier Villars, dit Willy, son vieux et infidèle mari, dont elle sera le « nègre » consentant tout au long de l’écriture des « Claudine », ses amours lesbiens auprès de la riche Missy, son second mariage avec le baron Henry de Jouvenel… Les décors, les vêtements, la présence de personnages réels, permettent à Annie Goetzinger d’évoquer avec justesse le Paris de la Belle Époque, ses salons, ses théâtres, sa bourgeoisie, ses artistes… On a parfois l’impression de se retrouver dans un album de Manon Iessel, célèbre illustratrice des années d’avant-guerre, tant la documentation est riche et les couleurs délicates soignées. L’album lui-même, avec son dos toilé et sa couverture sobre, est un bel hommage à l’œuvre de Colette et à son époque.
Georges Pichard, qui fut le professeur d’Annie Goetzinger à l’École supérieure des arts appliqués de Paris, serait très fier du chemin parcouru par son élève : sur Annie Goetzinger, voir surtout sur BDzoom.com, Annie Goetzinger : l’élégance est à Blois ! et Annie Goetzinger : des premiers pas déjà tout en élégance….
Et si un jour, chez un antiquaire, vous tombez sur un vieux « Casque d’or », n’hésitez pas : plongez-vous dans sa lecture et vous comprendrez pourquoi déjà à cette époque la jeune dessinatrice rêvait d’évoquer Colette !
Henri FILIPPINI
« Les Apprentissages de Colette », par Annie Goetzinger














