Mon Lapin quotidien… hélas trimestriel !

Après trois années de silence, Lapin revient sous le titre Mon Lapin quotidien, dans une nouvelle formule tout aussi révolutionnaire que les précédentes, même si la plupart des grandes signatures ayant contribué à l’Association restent au sommaire : fidèles à l’esprit oulipien du label.

Dès leur création, les éditions l’Association ont cherché à bousculer les codes de l’édition BD et particulièrement ceux du classique album de 48 pages en couleurs. Pionnières dans l’implantation du roman graphique, elles ont aussi fait évoluer le concept du magazine avec les différentes déclinaisons de leur revue Lapin. « Bioutiannuel » de 68 pages (puis, jusqu’à 116), ce magazine de format roman graphique ne compte pas moins de quatre séries : la première publiée de 1992 à 1999 (25 numéros), la seconde de 2000 à 2002 (7 numéros), la troisième de 2002 à 2011 (12 numéros) et la quatrième, baptisée Mon Lapin, débutée en septembre 2013, disparue l’année suivante après la publication de seulement 8 numéros.

De Jean-Christophe Menu à Lewis Trondheim, Lapin a publié la fine fleur de la nouvelle génération d’auteurs dont beaucoup figurent aujourd’hui dans les catalogues prestigieux des grands éditeurs. Le tout dans une présentation très pro et une impression de qualité.

Alors que nous consacrons notre rubrique « Le Coin du patrimoine » à Chouchou, hebdomadaire au format géant lancé dans les années soixante (voir Chouchou : un hebdo XXL !), Mon Lapin quotidien fait encore plus fort en proposant un étonnant magazine de format 57 x 41cm. 12 pages en noir et blanc à la maquette soignée (mise en page audacieuse de Rocco) et au prix imbattable de 4,50 € !

Au sommaire : François Ayroles, Charles Berberian, Julie Doucet, Jean-Yves Duhoo, Jochen Gerner, Emmanuel Guibert, Joko, Patrice Killoffer, Andréas, Étienne Lécroart, Nicolas Mahler, Lisa Mandel, Dorothée de Monfreid, Muzo, Thomas Ott, José Parrondo, Placid, Anouk Ricard, Rocco, Stéphane Rosse, Ruppert & Mulot, Jean-Michel Thiriet, Stéphane Trapier, Vincent Vanoli, Fabio Viscogliosi… mais aussi Honoré de Balzac, Alphonse Allais, Nietzsche, le marquis de Sade et bien d’autres collaborateurs improbables.

Que l’on apprécie ou non cette bande dessinée avant-gardiste qui bouscule plus que jamais les habitudes, on ne peut que se réjouir de cette nouvelle initiative de l’Association qui une fois de plus ose, alors que les éditeurs traditionnels en attendent prudemment les résultats pour s’engouffrer à leur tour dans le créneau s’il s’avère juteux. À se procurer d’urgence avec le seul regret que, malgré son titre, cet OVNI soit, hélas !, seulement trimestriel. Prochain numéro le 12 mai.

On peut adhérer à l’Association (L’Association : 104 rue Ordener, 75018 Paris, mlq@lassociation.fr) pour 25 euros et recevoir des surprises ; mais l’abonnement à Mon Lapin quotidien n’y figure pas : parce qu’il n’y a pas d’abonnement, tout bonnement Miranda (sic).

Henri FILIPPINI

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Une réponse à Mon Lapin quotidien… hélas trimestriel !

  1. Bataillon dit :

    Outre la bd, cette nouvelle version de Lapin semble prolonger la formidable aventure du journal « Le tigre » disparu trop tôt des kiosques. On y retrouve d’ailleurs le même esprit dans la maquette, son fondateur Raphael Meltz et certains de ses piliers comme Killoffer ou Eric chevillard. Ô joie.