« Jolly Jumper ne répond plus » par Guillaume Bouzard

Abonné dès sa plus tendre enfance par son père au journal Spirou, Guillaume Bouzard y découvrit « Les Tuniques bleues ». Aussitôt, le jeune Bouzard décide que son avenir sera celui d’un dessinateur de bande dessinée. Près de quarante ans plus tard, il nous offre, avec « Jolly Jumper ne répond plus », sa version de « Lucky Luke ».

De retour d’un périple dans le désert, Lucky Luke est commandité par le procureur de Sevile Gulch pour résoudre un énième problème avec les Dalton. À la surprise du cow-boy solitaire, ces derniers ne se sont pas encore échappés, mais Jack Dalton a entamé une grève de la faim et il ne désire en parler qu’à Luke.

Première planche en noir et blanc, puis mise en couleur.

Lucky Luke accepte la mission espérant ainsi renouer le dialogue avec Jolly Jumper. En effet, son cheval ne lui parle plus depuis un moment : plus de remarques piquantes, plus d’échanges de points de vue… rien. Pour le cow-boy solitaire, sa monture boude et une nouvelle aventure leur fera le plus grand bien.

Arrivé au pénitencier, Jack apprend à Luke que Ma Dalton a été kidnappée et qu’elle ne sera relâchée que si les frères Dalton amènent en main propre leur dernier magot. Lucky Luke aura pour tâche de surveiller la transaction et le retour des Dalton en prison. Mais entre sa relation avec Jolly Jumper, la surveillance des quatre malfrats et de surprenants rebondissements, la mission de Luke s’avérera un peu plus compliquée.

Les premières planches de cette aventure furent présentées lors de l’exposition angoumoisine « L’Art de Morris, l’homme qui inventa Lucky Luke » nous promettant un très intéressant album. Un an après, la promesse est réussie. Guillaume Bouzard nous propose une histoire captivante et curieuse.

Pages de garde.

Les codes visuels mis en place par Morris sont là : gestion des couleurs (Bouzard a travaillé avec son coloriste attitré Philippe Ory), prédominance des personnages sur le décor sur certaines cases. Ses types de personnages et décors aussi : la petite ville du Far West avec son homme de loi, la prison et son personnel pénitentiaire, les Dalton, un médecin ambulant et deux autres personnages emblématiques de la série sont présents pour une aventure classique. Ayant eu toute liberté de la part de son éditeur, Bouzard s’approprie le tout en y apportant son trait caractéristique et son propre mode narratif.

L’héroïsme et la grandeur des personnages ne sont pas le propos de cet album. « Jolly Jumper ne répond plus » est bâti autour de la relation entre Lucky Luke et Jolly Jumper. C’est l’humanité qui intéresse Guillaume Bouzard. Tout comme dans ces précédents albums, les personnages sont un peu maladroits, balourds, certains ne sont pas sûrs d’eux et d’autres pétris de convictions.

Allant jusqu’au bout de ses idées, Bouzard souligne délicatement et avec humour les fêlures des héros sans jugement : Jolly Jumper parle-t-il vraiment à Lucky Luke ou la solitude de ce dernier lui joue-t-elle des tours ? Où peut mener la boulimie d’Averell ?

Si ces questionnements servent à Bouzard pour son histoire, l’aventure s’articule de situations incongrues que Bouzard s’amuse à développer de manière burlesque. Il s’agit certes d’une grande histoire, mais vue par le petit bout de la lorgnette, d’un petit pas de côté.

« Jolly Jumper ne répond plus » est un album touchant et drôle qui nous offre un Lucky Luke attachant et humain comme il ne l’a peut-être jamais été.

Brigh BARBER

« Jolly Jumper ne répond plus » par Guillaume Bouzard

Éditions Dargaud (13,99 €)  – ISBN : 978-2-88471-370-2

Galerie

14 réponses à « Jolly Jumper ne répond plus » par Guillaume Bouzard

  1. PATYDOC dit :

    Une BD pour demeurés- on comprend que Jolly Jumper fasse la tête durant tout l’album. Et il n’est pas le seul! Comment peut-on publier des BD aussi mal dessinées et aussi mal rédigées? Car si tout le monde parle comme des demeurés, où est l’effet comique?
    Seul le contenant (la couverture et le papier) sont de qualité dans cette misérable reprise.

  2. Brigh dit :

     » Car si tout le monde parle comme des demeurés, où est l’effet comique ? « . En effet votre commentaire est triste à pleurer.

  3. HOLLE Hubert dit :

    Vous avez dit Bouzard cher cousin ? Non, j’ai dit Lucky Luke réussi.

    • PATYDOC dit :

      Non ! Ce n ‘est pas réussi ! Et c’est avec ce genre d’ »ouvrage » qu’on casse le métier ! Car un lecteur qui s’est « fait avoir » est un lecteur qui devient méfiant !… Sans compter que les albums BD deviennent chers, et qu’il en sort continuellement, comme chacun sait …. Le chroniqueur ci-dessus devrait penser à ces considérations avant de rédiger cette critique pour le moins complaisante…

      • PATYDOC dit :

        Et il faut redoubler d’attention quand on s’attaque à des mythes ( et à des usines à cash) comme Lucky Luke … Car si on casse les locomotives, que va-t-il rester ? Si j’achète Mister Morgen d’Igor Hofbauer, je sais à quoi m’attendre …Mais Lucky Luke est acheté par le « grand public » et il ne faut pas le dégoûter des BD …

      • Marcel dit :

        Faudrait peut-être apprendre à ne pas faire de ton cas une généralité.

  4. Kroustilyion dit :

    On est vite content en matière de DESSIN, maintenant… La dernière insulte au talent de Morris !!

    • Marcel dit :

      Bouzard ne cherche pas à imiter Morris. Il a son style propre. Et ceux qui disent qu’il ne sait pas dessiner sont probablement les mêmes qui disent ça de Reiser ou Sfar…

      • PATYDOC dit :

        Disons que le dessin est à l’extrême limite de l’acceptable … Mais c’ est l’ensemble de l’affaire qui ne fonctionne pas …

        • Marcel dit :

          « Mais c’ est l’ensemble de l’affaire qui ne fonctionne pas … »
          Sur toi. Ca fonctionne en revanche sur la majorité des lecteurs, il n’y a qu’à voir les retours très positifs.
          Pour rappel, il ne s’agit pas d’un Lucky Luke « officiel » intégré à la série-mère, mais bien d’une carte blanche pour les 70 ans du perso, comme le Bonhomme il y a quelques mois.
          Sinon, à ce moment-là, que dire du Valérian de Larcenet, avec son héros petit, chauve et moustachu ?… Faut être pas très doué pour croire que c’est « le nouveau Valérian ».

          • PATYDOC dit :

            Ah oui ? Le Valérian de Larcenet n’était pas mauvais pourtant ? Ce qui me gêne dans ce Bouzard, c’est une sorte d’agressivité sous-jacente … Et quand même pas mal de je-m’en-foutisme ….

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