Le retour de « Catamount » !

Après un premier album (« La Jeunesse de Catamount »), publié en 2015 par les éditions Physalis, alors dirigées par Olivier Petit, les nouvelles éditions Petit à petit poursuivent la publication de la reprise prometteuse d’une série créée, sous forme de romans, en 1947.

Niobrara, Hiver 1890. Fils adoptif de Samuel Osborne, Catamount, qui est devenu une légende au Colarado après bien des aventures dramatiques, aspire désormais à mener une vie paisible au sein du ranch familial.

Jusqu’au jour où Berton, un homme d’affaires sans scrupule, veut racheter le ranch des Osborne, afin que le train ralliant la côte est à la côte ouest puisse passer les Rocheuses.

À l’issue de rudes combats, Catamount perdra plusieurs des siens, mais gagnera une volonté farouche d’assouvir sa vengeance.

À la lecture de ce western aux séquences réalistes et sanglantes, on imagine difficilement que le personnage de Catamount est né en 1947, sous la plume du romancier populaire Albert Bonneau (1898-1967).

Sous son nom ou sous divers pseudonymes (Maurice de Moulins, Raoul de Nozerac, Lucien Fernay, Jacques Chambon…), on lui doit la publication de centaines de romans et de très nombreuses collaborations aux journaux de l’entre-deux-guerres (L’Intrépide, L’Épatant, Lili, La Vie de garnison), et ceci pratiquement dans tous les genres : policier, cape et épée, aventure, western…

C’est dans ce dernier registre qu’il publie 102 aventures de Catamount, entre 1947 et 1958, les premières étant éditées par Tallandier et ornées de superbes couvertures illustrées par Maurice Toussaint.

« Catamount » vu par Angelo Di Marco.

Quelques épisodes seront repris en feuilletons dans Hurrah !, illustrés par Roger Melliès. Une première version BD est produite en 1960 par l’agence Opera Mundi. Les 294 strips dessinés par Angelo Di Marco seront publiés par Le Parisien libéré, dans sa page jeunesse du samedi, puis par la presse de province (voir Angelo Di Marco : disparition du roi des reporters-dessinateurs !).

C’est après avoir rencontré Odile Bonneau, fille du romancier, que Benjamin Blasco-Martinez (un ancien élève de l’école Émile Cohl, né en 1990) décide d’adapter, sans les trahir, les romans d’Albert Bonneau. Avec son trait vivant et riche en décors soignés, il propose des pages au réalisme digne de nos westerns cinématographiques contemporains.

En une période où les jeunes scénaristes se détournent de l’Aventure (avec un grand A) portée bien haut par leurs aînés, il est amusant de voir qu’un jeune dessinateur trouve un scénario à la hauteur de ses ambitions sous la plume d’un romancier populaire du siècle dernier. Notons que le premier épisode est lui aussi disponible chez le nouvel éditeur (en fait Olivier Petit).

Ceux qui souhaitent retrouver l’écriture alerte du maître du roman populaire qu’était Albert Bonneau peuvent se procurer la réédition de ses romans débutée chez Publifrance. Et si vous souhaitez en savoir plus sur Albert Bonneau vous pouvez consulter Les Amis d’Albert Bonneau : 175 rue de Bourgogne, 03000 Moulins. 

Henri FILIPPINI

« Catamount T2 : Le Train des maudits » par Benjamin Blasco-Martinez, d’après Albert Bonneau

Éditions Petit à petit (14,00 €) – ISBN : 979-1095670216

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2 réponses à Le retour de « Catamount » !

  1. Odile Bonneau dit :

    Bonjour Monsieur Filippini,
    J’ai entendu parler de vous par Marcel Chameau lors de la première édition de la BD La Jeunesse de Catamount.
    Peut-être aurai-je le plaisir de faire un jour votre connaissance.
    Quoi qu’il en soit, je vous remercie beaucoup de l’article que vous avez écrit concernant Benjamin, Catamount … et mon père qu’Olivier Petit m’a fait parvenir. De plus, au nom de l’association des Amis d’Albert Bonneau, je vous remercie de la mention que vous en faites.
    Bien cordialement à vous
    Odile Bonneau

  2. Odile Bonneau dit :

    Pour info, l’Association des Amis d’Albert Bonneau peut être contactée par mail à l’adresse suivante :
    amis-albertbonneau@orange.fr
    Cordialement