Nero (Néron, en français) est orphelin !

Le dessinateur belge néerlandophone, Marc Sleen, est mort le 6 novembre 2016, à l’âge de 93 ans, à Hoeilaart (Brabant flamand). Son nom ne dira pas grand-chose aux lecteurs francophones : l’essentiel de son public étant flamand. À l’instar de son grand rival Willy Vandersteen (l’auteur de « Bob et Bobette »), il appartenait au groupe de ces auteurs populaires belges qui ont fait les beaux jours de la presse non francophone.

Né à Gentbrugge (section de la ville de Gand, dans la province de Flandre-Orientale), le 30 décembre 1922, Marcel Neels — son vrai nom, dont Marc Sleen est une anagramme — étudie les arts plastiques à l’institut Saint-Luc de sa ville natale.

Ses premiers dessins sont publiés pendant l’Occupation dans la presse et sa première bande dessinée, « De Avonturen van Neus » (« Le Nez »), paraît en 1944 dans le quotidien Ons Volk.

L’année suivante, il entre à Ons Volkske illustrant diverses et éphémères séries où prédomine, déjà, un humour bien personnel.

En 1947, il imagine « Van Zwam » : histoire policière publiée par le quotidien De Nieuwe Gids. Dès le quatrième épisode, le héros détective est marginalisé par son adjoint, Nero (Néron) : un petit gros maladroit et gaffeur dont la rondeur sympathique séduit les lecteurs. Poursuivie dans le supplément hebdomadaire jeunesse ‘t’Kapoentje, puis dans le quotidien De Standaard, Nero  poursuit ses aventures sous le crayon de Marc Sleen jusqu’en 1992.

« Nero » dans De Standaard.

Dirk Stallaert, son assistant, prend alors la suite jusqu’à la disparition du personnage, le 30 décembre 2002, après la publication du 224ème épisode. Les albums souples et bon marché édités par De Standaard connaissent un succès phénoménal auprès du lectorat flamand.

Ce succès ne passe toutefois pas nos frontières, malgré quelques tentatives, dont celle d’Érasme (version française de De Standaard), qui a quand même proposé 101 titres différents de cette série entre 1967 et 1987.

En 1950, Marc Sleen est également l’auteur de « De Avonturen van Stropke » dans De Volksmacht, de « Joke-Poke » dans Ons Zondagsblad…, dont les personnages n’ont pas connu le succès de Nero.

Auteur populaire par excellence, Marc Sleen est resté fidèle à son trait simple et rond, à ses histoires drôles et mouvementées, loin des esthètes et des mouvements en faveur de la BD.

Ce qui n’empêche pas qu’un musée lui est entièrement dédié à Bruxelles, dans le cadre de la Fondation Marc Sleen : rue des Sables, face au Centre belge de la bande dessinée.

Henri FILIPPINI

Pour en savoir plus, voir http://www.marc-sleen.be ou https://www.lambiek.net.

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