Après avoir évoqué les vies de Léon et Sofia Tolstoï en 2020, également publiées chez Futuropolis, la scénariste et écrivaine de livres jeunesse belge Chantal van den Heuvel et le dessinateur danois — aux différents styles — Henrik Rehr se sont attelés à une étonnante et sensible biographie de John Ronald Reuel Tolkien : l’auteur des romans « Le Hobbit » et « Le Seigneur des anneaux », lesquels prennent place dans l’univers de la Terre du milieu ; dont Tolkien développa la géographie, les peuples, l’histoire et les langues durant la majeure partie de son existence. La découverte de ce réactionnaire professeur d’université, philologue et poète, qui allait à la messe tous les jours, est une réalité opposée à la vision que s’en font la plupart de ses lecteurs amateurs de fantasy et de liberté…
Lire la suite...Exposition « Ulysse les chants du retour » à Blois…
La bibliothèque Abbé Grégoire de Blois accueille jusqu’au 26 novembre une belle exposition consacrée à l’album de Jean Harambat, « Ulysse les chants du retour », publié chez Actes Sud et récompensé l’an dernier aux Rendez-vous de l’histoire par le prix Château de Cheverny de la bande dessinée historique 2015.

Sylvain Gache, commissaire de l’exposition, secondé par Nelly Bris, François Souvay et Bruno Goujon, nous offre une exposition digne du bel album de Jean Harambat, grâce à une scénographie toute en ambiance, qui sait entraîner le visiteur à la découverte d’une interprétation de l’œuvre d’Homère.
Dès l’entrée, on est aspiré par le paysage d’Ithaque tel que le restitue l’album. On passe ensuite dans un espace consacré au jeu des références culturelles évoqué dans la bande dessinée.
Le cinéma y est convoqué avec une acuité particulière, notamment par l’intermédiaire de l’affiche du film de Mario Camerini — sorti en 1954 et devenu légendaire grâce à l’interprétation d’Ulysse par Kirk Douglas —, mais aussi avec de nombreux extraits de films.
On parcourt pour finir les espaces évoquant le mégaron (la pièce d’apparat et de vie des palais à l’époque d’Homère), qui multiplie les clins d’œil à l’album (foyer, harpe, tables, etc.).
L’un des points forts de l’exposition repose en outre sur les originaux, notamment de magnifiques planches aquarellées, prêtées par Jean Harambat. Où l’on voit évoluer le travail de l’artiste, vers une épure allant à l’essentiel sans rien sacrifier de sa force d’expression.
Enfin, il importe de signaler la volonté manifeste du commissaire de réserver une place de choix aux planches de l’album, qui sont au demeurant parfaitement mises en valeur, de manière sobre, élégante et efficace.
Finalement, Sylvain Gache nous gratifie donc, une nouvelle fois, d’une exposition intimiste, qui sait suggérer sans s’appesantir et évoquer avec discrétion les qualités aussi bien narratives que graphiques de l’album. La scénographie, guidant le visiteur vers plusieurs éléments saillants avec une touche de discrétion, répond ainsi avec subtilité à la finesse du travail de Jean Harambat.
Joël DUBOS














