L’automne de La Revue dessinée…

Sous une couverture très sobre de François Maumont, ce treizième numéro de La Revue dessinée (228 pages en couleurs, 15 €, en kiosques et librairies ; voir www.larevuedessinée.fr) traite de sujets sérieux, tout en utilisant, parfois, un humour grinçant pour mieux les expliquer aux lecteurs.

Au rayon des grands récits, notons « Calais, terminus », reportage vif et glacial de Cyrille Pomès qui évoque le quotidien des migrants, « À l’état de projet » où Patrick Roger et Aurel se penchent sur l’élaboration de la fameuse loi Macron, « Corriger le tir » où Louise Fessard et Camille Polloni  avec les images très sobres d’Aurore Petit — racontent l’histoire des flash-balls de sinistre réputation, « Carnet de santé » par Charles Masson (médecin et dessinateur) témoigne sur les dérives de la protection sociale, enfin avec « D’or et de plomb », Hélène Constanty et Thierry Chavant proposent une image nettement moins glamour, que dans la presse people, de Monaco et de la famille Grimaldi. Ces articles de poids sont entrecoupés par les rubriques habituelles : « Langage » par James qui évoque le mot personne, « Sport » par Halfbob qui tente l’aventure à bord d’un catamaran, « Musique » par Arnaud le Gouëfflec et Nicolas Moog qui racontent Alex Chilton, « La Revue des cinés » où Jeff Pourquié décortique « In the Mood for Love », « Satire » par Fabrice Erre et Terreur Graphique qui se penchent sur le dessin d’humour…

Bien sûr, nous sommes loin des bonnes vieilles BD classiques, tant au niveau du contenu que du graphisme, mais il est plaisant de pouvoir revenir sur des sujets d’actualité souvent sérieux par le biais de l’image dessinée. Si vous pensez croiser « XIII » ou « Buck Danny » dans La Revue dessinée, passez votre chemin. En revanche, si vous êtes curieux du monde qui vous entoure, n’hésitez pas : adoptez cette nouvelle conception de la BD.

Henri FILIPPINI

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