« Les Lames d’Âpretagne T1 : Le Tonnerre de Brest » par Noë Monin, Luc Venries et Yoann Courric

Un duo de personnages aux parcours personnels et aux caractères opposés, une quête improbable, un royaume menacé… : voilà le riche menu d’un nouveau triptyque d’heroic-fantasy. Beaucoup de rebondissements, des combats à mort, mais aussi un humour décalé, parfois même potache, font le sel de ce récit d’initiation d’inspiration lointainement celtique.

Dans la ville marchande d’Orthograf, tout se vend, tout s’achète : denrées rares, animaux, esclaves, sans oublier les femmes. Mais, prudence, car : « Qui titille la catin… bâtard aura demain ! ». Et ces enfants sans parents grandissent dans les rues dangereuses de la ville comme Faust et son petit frère Klein. Ils s’entraînent régulièrement lors de joutes à l’épée de bois pour devenir un jour « les plus célèbres mercenaires de tout l’empire. »

Les lames d’Apretagne T 1 page 4

Mais un beau matin qu’ils se taquinent en se lançant de la bouse ramassée à même le sol, le drame survient. Un sicaire est malencontreusement aspergé de matière nauséabonde. Dans la bagarre qui s’ensuit, Klein est tué d’un carreau d’arbalète en plein cœur et Faust capturé et réduit à la servitude.

Dans le même temps, dans le royaume voisin d’Âpretagne, le jeune prince Van fait encore des siennes. Vaniteux, caractériel, irrespectueux, il agace son père (le roi Dol) et sa grande sœur : la très sérieuse Brynhild. Il doit acheter un esclave pour un combat dans l’arène qui clôt des festivités offertes par le gouvernement. Énervé par une remarque désobligeante, il choisit un jeune garçon transi de froid : l’ironique Faust d’Orthograf.

Paysage Les Lames d’Apretagne T1

Devant une nouvelle preuve du manque de maturité de son fils, le roi Dol décide de l’enfermer un temps dans un grand dôme, avec Faust comme gardien et tuteur. Les deux adolescents finissent par sympathiser, puis réussir l’épreuve initiatique qui leur permet de retrouver la liberté. Ils entament alors une grande quête pour capturer le tonnerre. À l’issue d’un long voyage, ils affrontent victorieusement Brest : l’esprit de la foudre. Il est alors temps de rentrer en Âpretagne. De mauvaises nouvelles les y attendent, le roi est mort et Brynhild a ouvert le pays à une invasion étrangère.

Depuis quelques années déjà, les auteurs développent leur projet sur le site sepiablog : cela explique la cohérence de leur univers d’heroic-fantasy, dont on peut retrouver une cartographie précise ici. La trame narrative est resserrée autour de la quête initiatique entamée par deux jeunes héros que tout oppose. Ils doivent triompher de nombreuses épreuves, après des voyages harassants et moult rebondissements, de quoi revisiter tous les codes du genre fantasy.

Les lames d’Apretagne T1 bas page 43

Tous les personnages de cette agréable bande dessinée sont bien caractérisés ; un humour constant, avec moult jeux de mots, permet d’atténuer la cruauté de certaines séquences. Noé Monin excelle à dessiner des décors gigantesques et des planches explosées sur plusieurs actions. Le cliffhanger final nous laisse espérer le plus grand bien de la suite de ce premier volume d’un vigoureux et inventif récit, fort bien mené.

Planche « explosée », page 34 Les lames d’Apretagne T1

Nous aborderons d’autres rivages de l’heroic-fantasy la semaine prochaine, avec le dernier volume de « Ralph Azham » du toujours prolifique Lewis Trondheim.

Laurent LESSOUS (l@bd)

« Les Lames d’Âpretagne T1 : Le Tonnerre de Brest » par Noë Monin, Luc Venries et Yoann Courric

Éditions Casterman (14,50 €) – ISBN : 978-2-203-09564-9

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