Une sélection des plus belles couvertures de la rentrée 2016…

Au cœur de l’été, chaque éditeur prépare déjà activement la rentrée. Pour ce dernier article, la rubrique « L’Art de… » s’est donc intéressée – comme le veut la tradition – aux plus beaux visuels de couvertures des titres à paraître cet automne. En voici une petite sélection, permettant de préfigurer des récits de grandes qualités. En attendant : bonnes vacances à tous, amis bédéphiles (ou non), et à très bientôt, fin août !

Débutons ce catalogue illustré du côté des éditions Bamboo, dont le label Grand Angle s’enrichit régulièrement de jolies pépites. Avec le tome 1 de « À coucher dehors » (parution en septembre), Aurélien Ducoudray et Anlor (gagnants du Prix Saint Michel en octobre 2015 pour le second tome de « Amère Russie ») ont concocté un ironique et touchant conte sociétal, que les plus impatients peuvent déjà découvrir dans l’actuelle prépublication diffusée dans L’Immanquable. Dans ce récit, Amédée, Prie-Dieu et la Merguez sont trois SDF qui vivent sur les bords de Seine. Par le biais d’un héritage, Amédée hérite soudainement d’un magnifique pavillon de banlieue. En contrepartie, il doit devenir le tuteur légal de Nicolas, le fils trisomique de sa vieille tante récemment décédée. Surtout, il hérite d’un passé, d’une famille et de ses secrets qu’il découvre peu à peu !

Chez Dargaud, de nombreux titres se disputent la palme du visuel le plus efficace. Commençons par évoquer l’inquiétante couverture du tome 2 de « Tebori » (2 septembre), toujours scénarisé par José Manuel Robledo et illustré par Marcial Toledano : cherchant à échapper à son ancien gang japonais, Yoshi apprend le métier de tatoueur, mais se retrouve confronté à une jeune femme. Celle-ci porte dans son dos le motif concocté jadis pour un chef yakuza ! L’atmosphère n’est guère plus joyeuse dans l’oppressant « S’enfuir, récit d’un otage » (prévu le 16 septembre) : le talentueux Guy Delisle (« Chroniques de Jérusalem », paru en 2011 chez Delcourt, a dépassé les 250 000 exemplaires vendus) y raconte l’histoire vraie de Christophe André, ancien responsable d’une ONG médicale dans le Caucase, subitement enlevé en pleine nuit de 1997 vers une destination inconnue. Son enfer d’otage durera 111 jours… L’ouvrage, lui, fera 432 pages.

Toujours chez Dargaud, un autre sorte d’aventure attend les passionnés de Leo : toujours en compagnie de Rodolphe, faisant suite aux 5 tomes de « Kenya » (2001 à 2008) et aux 5 opus de « Namibia » (2010 à 2015), paraîtra en effet le 23 septembre prochain le premier tome d’« Amazonie ». En 1949, au Brésil, d’étranges photos sont récupérées par le révérend d’un dispensaire. À Manaus, sur l’un des clichés, on distingue une créature qui semble n’avoir rien d’humain. Le MI6 et son agent spécial miss Austin sont bientôt alertés !

Du côté des étoiles et de la SF, bédéphiles et cinéphiles guettent toutes les infos ayant trait à l’adaptation monumentale (200 millions d’euros de budget) par Luc Besson de « Valérian et la cité des 1 000 planètes », dont la sortie sur les écrans est programmée pour le 21 juillet 2017. Outre le tournage (achevé depuis le 3 juin), le casting somptueux (Clara Delevingne (Laureline) et Rihanna en tête) et la myriade de décors, de costumes ou d’effets spéciaux requis, c’est une potentielle reformulation de la série culte de Mézières et Christin qui était attendue par les lecteurs. Dargaud répond à cette demande en proposant effectivement un vaste programme éditorial autour de la série ; à commencer par la réédition, à partir du mois de septembre 2016, des sept intégrales, assorties d’images du film, d’interviews des auteurs et du réalisateur. De quoi enrichir les dossiers de Stan Barets déjà proposés dans la précédente collection entre 2007 et 2012.

Achevons ce long périple chez Dargaud par un retour à la conquête de l’Ouest, dont la mode est décidément relancée dans le 9ème art. Surprise : 20 ans après le chef-d’œuvre « L’Étoile du désert » (2 tomes en 1996), lequel avait révélé Enrico Marini (« Le Scorpion » ou « Les Aigles de Rome », dont le tome 5 est annoncé pour le 4 novembre) au grand public, voici que le scénariste Stephen Desberg a imaginé un prequel… dessiné cette fois-ci par Hugues Labiano (8 tomes de « Black Op » entre 2005 et 2014). Dans les territoires indiens, les affrontements entre cow-boys sans foi ni loi et colons guidés par Dieu mettront fin à la paisible existence des tribus et seront le point de départ de la tragédie de « L’Étoile du désert ». Une « étoile » qui n’est pas encore un symbole de vengeance, mais une jeune et belle Indienne, au caractère bien trempé. Signalons une nouvelle fois la prépublication de ce récit (à paraître le 23 septembre), en cours dans L’Immanquable depuis le n°65 (juin 2016).

Passons chez Delcourt pour signaler la somptueuse couverture de « Champs d’honneur : Castillon, juillet 1453 », deuxième tome de la série conceptuelle entamée avec « Valmy » voici quelques semaines (voir notre article). Thierry Gloris et Gabriele Parma y racontent cette bataille méconnue, une victoire française déterminante dans l’achèvement de l’interminable Guerre de Cent ans. L’album est à paraître dès le 31 août.

Chez Futuropolis, difficile de passer outre le nouvel album de pascal Rabaté, lequel s’est intéressé à l’exode de juin 1940 dans « La Déconfiture » (prévu le 25 août). À travers le destin d’un simple bidasse nommé Videgrain, l’auteur raconte cet été de bouleversements et de désordres extraordinaires, tout en prenant le parti de rire des pires situations. L’option sans doute la plus salvatrice…

Restons dans le genre historique avec « Iroquois », de Patrick Prugne. Toujours aussi somptueux, l’album est également toujours édité par Daniel Maghen, suivant en cela une fructueuse collaboration instaurée depuis « Canoë Bay » en 2009. Prévu dès le 18 août, « Iroquois » narre la naissance de la Nouvelle France et de Québec en 1609, lorsque Samuel de Champlain enracine la première colonie française permanente. Son voyage de découverte au pays des Iroquois ne se fera pas sans heurts. Notons que les 12 premières pages de cet album dont déjà consultables sur le site Cases d’Histoire.

Au Lombard, réédition des premiers volumes de « Comanche » (Greg et Hermann) et prochain « Louve » (T6 par Yann et Surzhenko ; couverture de Rosinski) mis à part, le plus beau visuel est sans doute celui de « Les Trois Fantômes de Tesla T1 : Le Mystère Chtokavien » (26 août), par Guilhem et Richard Marazano. Alors que de sombres menaces pèsent sur New York en 1942, le monde libre est sans nouvelles de Nikola Tesla, probablement le seul savant dont les inventions géniales sont susceptibles de fournir une aide décisive en temps de guerre. Au même moment, le jeune Travis emménage avec sa mère dans un hôtel meublé de Manhattan, avec un bien énigmatique voisin de palier…

Achevons ce rapide tour d’horizon par plusieurs sorties d’ores et déjà qualifiées d’événementielles. Devrait ainsi paraître le 28 septembre chez Glénat le 7ème tome de la série « Sambre », intitulé « Fleur de pavé ». Alors que les tomes précédents sont reproposés en librairie depuis début juillet, Yslaire poursuit avec ce nouvel opus la description du destin perturbé vécu par Bernard et Judith en juin 1857. L’un est élevé sous la pression de l’héritage familial tandis que la seconde essaye de survivre dans le rude Paris de la mendicité et du crime. Une malédiction plane toujours sur leur avenir.

Enfin, il convient de citer le prochain « Blake et Mortimer » d’Yves Sente et André Juillard, « Le Testament de William S. », 24ème tome de la série actuellement prépublié à la fois dans Le Soir (strip quotidien en noir et blanc) et dans Le Figaro magazine (planches en couleurs). Comme l’indique le titre, nos héros auront cette fois à résoudre les mystères entourant l’identité réelle de l’auteur de « Roméo et Juliette ». L’album est à paraître chez Dargaud le 25 novembre et nous lui consacrerons un très grand article analytique. D’autres titres sont en préparation pour 2017 et 2018, dessinés alternativement par Antoine Aubin, Étienne Schroeder (scénario de Jean-Luc Fromental et José Louis Bocquet) et François Schuiten. À suivre…

Planche 22 du "Testament de William S." (éd. Blake et Mortimer, Sente/Juillard 2016)

Voila définitivement de quoi aiguiser votre appétit (de lecture) pour cette future rentrée 2016 !

Philippe TOMBLAINE

« À coucher dehors » T1 par Anlor et Aurélien Ducoudray
Éditions Bamboo Grand Angle (13,90 €) – ISBN : 978-2-81894-008-2

« Tebori » T2 par Marcial Toledano et José Manuel Robledo
Éditions Dargaud (13,99 €) – ISBN : 978-2-205075366

« S’enfuir, récit d’un otage » par Guy Delisle
Éditions Dargaud (27,50 €) – ISBN : 978-2-205075472

« Amazonie » T1 par Leo et Rodolphe
Éditions Dargaud (11,99 €) – ISBN : 978-2-205074345

« Valérian l’intégrale » T1 par Jean-Claude Mézières et Pierre Christin 
Éditions Dargaud (20,50 €) – ISBN : 978-2-205076035

« L’Étoile du désert T3 » par Hugues Labiano et Stephen Desberg
Éditions Dargaud (13,99 €) – ISBN : 978-2-505065333

« Champs d’honneur : Castillon, juillet 1453 » par Gabriele Parma et Thierry Gloris
Éditions Delcourt (15,50 €) – ISBN : 978-2-7560-3542-0

« La Déconfiture » T1 par Pascal Rabaté
Éditions Futuropolis (19,00 €) – ISBN : 978-2754816915

« Iroquois » par Patrick Prugne
Éditions Daniel Maghen (19,50 €) – ISBN : 978-2356740441

« Les Trois Fantômes de Tesla T1 : Le Mystère Chtokavien » par Guilhem et Richard Marazano
Éditions du Lombard (13,99 €) – ISBN : 978-2803636198

« Sambre T7 : Fleur de pavé » par Yslaire
Éditions Glénat (15,50 €) – ISBN : 978-2344002414

« Blake et Mortimer T24 : Le Testament de William S. » par André Juillard et Yves Sente
Éditions Blake et Mortimer (15,95 €) – ISBN : 978-2870972427

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3 réponses à Une sélection des plus belles couvertures de la rentrée 2016…

  1. Demierre dit :

    Bonjour,
    J’ai hâte de lire votre analyse du prochain Blake et Mortimer. En espérant que j’ai lu le même que vous…
    un scénario qui ne tient pas la route, des lacunes scénaristique à volleau.
    un manque profond de documentation… gréve des aiguilleurs? aucune trace, c’est placé dans l’histoire gratuitement par un pseudo-scénariste.
    lors d’un passage à Venise, osez écrire que les sous-sol sont « dépourvus d’humidité »…
    Et les dessins? des proportions non respectés! des attitudes de personnage figés qui ne tiennent pas…
    L’album de trop de Monsieur JUILLARD. (Le chèque surement)

    La chronologie des albums… qui ne tient pas au niveau « temps » . Comment l’histoire peut se dérouler en 1958, après « les sarcophages », le sanctuaire » et avant « SOS »

    Les couleurs ne sont pas belles, du jaune, du rose aucune profondeur!

    Enfin, je ne doute pas qu’un site comme vous, portera au nu cet album, en criant à un chef d’oeuvre! histoire de bien se faire voir par l ‘éditeur. D’ailleurs, au passage, comment peut il laisser passer cela?

    Dans une récente interview, SENTE déclame que l’éditeur leur a demandé de ne pas faire un « Jacobs »… c’est réussi, il n’a même pas fait un Blake et Mortimer!

    Ah, si Jacobs était encore là… en attendant, il se retourne sans cesse dans sa tombe.

    • Terunem dit :

      « à volleau »: je pense que Sente aurait quand même écrit « à vau-l’eau »…

      • bdcollectors dit :

        S’il n’y avait que cette fôte grossière…
        Je me demande, non sans rire, comment un internaute peut-il laisser passer cela ?