« Chimère(s) 1887 T5 : L’Ami Oscar » par Vincent, Christophe Pelinq et Mélanÿn

Cet avant-dernier épisode, riche en rebondissements tragiques, invite le lecteur à pénétrer dans l’univers opulent et feutré des maisons closes, sans pour autant tomber dans le vulgaire. Bien au contraire, ici, la quête de la jeune et pure héroïne à la recherche d’un père inconnu tient plus du mélo que de l’histoire sordide.

Paris, 1887 : Chimère, jolie petite rousse au caractère bien trempé, est la plus jeune pensionnaire de La Perle pourpre : la maison close la plus célèbre de la capitale. Elle détient une photo la représentant en compagnie de Ferdinand de Lesseps, dans une situation plus qu’embarrassante pour l’homme qui, depuis de longs mois, se débat avec la construction du canal de Panama au bord de la faillite. Prêts à tous les crimes, des financiers américains recherchent ce document afin de ravir la construction du chantier au français. Pour parvenir à leurs fins, ils introduisent une belle espionne, Apollinie, dans l’établissement. Une fois confondue, cette dernière propose à Chimère de l’aider à rechercher son père. Souffrante et rongée par la culpabilité, Gisèle, la tenancière du bordel et mère de Chimère, lui en confie la direction. Contrainte d’accepter la proposition des Américains de partir pour Panama afin de proposer un marché à De Lesseps (l’abandon du chantier contre le scandale que provoquerait la publication de la photo), Chimère doit quitter la Perle pourpre. Cette mission accomplie, les commanditaires d’Apollonie lui donneront le nom de son père… Un père dont les indices habilement distillés au fil du récit permettent aux lecteurs les plus attentifs d’en soupçonner l’identité. La jeune fille est accompagnée par le vaillant Oscar, jeune garçon débrouillard, homme à tout faire, amoureux de la belle, qui devient sa maîtresse au cours de la traversée…

Christophe Pelinq, plus connu sous le pseudonyme Arleston (avec, entre autres, les univers de Troy), propose une histoire aux multiples pistes, aux côtés de Melanÿn qui se révèle une coscénariste efficace. Les images de Vincent (« Albatros » et « L’École Capucine ») sont somptueuses, aussi bien dans la reconstitution minutieuse de la Perle pourpre que dans son évocation du Paris de la fin du XVIIIème siècle. Amateurs de bonnes séries classiques, sensibles aux belles images, aux jolies filles et aux mélodrames, « Chimère(s) 1887 » vous tend les bras (et quels bras !)

Henri FILIPPINI

« Chimère(s) 1887 T5 : L’Ami Oscar » par Vincent, Christophe Pelinq et Mélanÿn

Éditions Glénat (13,90 €) – ISBN : 9 782 344 006 764

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