« Un baiser à la vanille » T1 par Rina Yagami

Après « Paradise Lost », Soleil édite un autre manga de Rina Yagami. Initialement parue en 2014 au Japon, cette série, la plus longue de l’auteur, s’est conclue au sixième volume. Elle reste dans le même registre que son précédent travail avec un héros distant et maladroit avec la gent féminine. Un shojo classique jouant avec les codes du genre. Néanmoins, les protagonistes cassent certains clichés trop évidents.

« Un baiser à la vanille » commence dans un train de banlieue. Chaque matin à 6h30, la jeune Kokoa ne pense qu’à ce voyage où, assise à quelque mètre de Banri Shinonome, le plus beau garçon de son lycée, elle s’imagine lui déclarer sa flamme. Elle ne sait pourtant rien de lui. Quelle n’est pas sa surprise quand il va rabrouer une autre jeune fille moins timorée qu’elle ! Le Petit Prince, comme il est surnommé par les filles de son école, est en fait une personne distante, peu sociable et constamment préoccupée par ses études. Il est premier dans toutes les matières, que ce soit en chimie ou en sport. Une vraie tête dans un corps de mannequin ne laissant pas indifférentes les demoiselles qui lui tournent autour sans succès.

Un soir, dans le train du retour, Kokoa tombe littéralement de sommeil sur les genoux du beau Banri. Celui-ci, nullement gêné, ne la repousse pas malgré les remarques sarcastiques des autres filles du wagon. À son réveil, honteuse, Kokoa s’enfuit. Dans sa course, elle bouscule un groupe de voyous qui va tenter de la racketter. Mais contre toute attente, son Petit Prince va la sortir de ce mauvais pas en mettant une raclée mémorable aux loubards. Finalement, il sait se montrer beaucoup plus attentionné et attentif aux autres que ce que l’on aurait pu penser ! Ou alors, peut-être qu’il en pince pour la jeune Kokoa ?

Pourquoi ce titre : « Un baiser à la vanille » ? Tout simplement parce que c’est l’odeur qui va désarmer le beau Banri. Kokoa, en bonne pâtissière, a les habits qui sentent la vanille, et ça n’échappe pas au gourmand qu’il est. Ce parfum lui rappelle de très bons souvenirs familiaux. Leur relation, quasiment officialisée par l’événement, va connaître des hauts et des bas. Le jeune homme, ayant son nez en permanence dans les livres, ne pense qu’à ses études et l’attitude soumise de Kokoa l’exaspère. À tout le temps s’excuser, la jeune fille ne s’affirme pas assez. Elle est trop réservée et manque clairement de confiance en elle. D’autre part, Banri est trop pragmatique ; il dit ce qu’il pense sans se soucier de ce que peuvent ressentir les autres. Son côté trop parfait le rend également distant. Leur relation est à la fois agréable et dérangeante, car personne n’aime s’entendre dire qu’il fait mal les choses. Mais, sans s’en rendre vraiment compte, l’un et l’autre vont faire des efforts pour se mieux s’apprivoiser.

Ce shojo manga ne présente pas de sempiternel triangle amoureux. Ici, le Prince que tout le monde pensait inaccessible a simplement besoin de vrais rapports humains. Il ne faut pas se fier aux apparences et à l’attitude réservée ou hautaine des protagonistes. Ils vont apprendre à se connaître et donc évoluer ensemble pour acquérir plus de confiance, de tolérance et d’empathie. Une belle romance adolescente destinée à un public fleur bleue, qui sort des clichés trop classiques du genre sans jamais trop s’en éloigner.

Gwenaël JACQUET

« Un baiser à la vanille » T1 par Rina Yagami
Éditions Soleil Manga (6,99 €) – ISBN : 978-2-3020-5104-1

SEIFU DE VANILLA KISS © 2014 Rina YAGAMI / SHOGAKUKAN

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