Cette récente bande dessinée — reprenant une enquête du Nestor Burma de Léo Malet — est non seulement réussie, elle sort vraiment de l’ordinaire ! Déjà, il s’agit du dernier roman original avec le célèbre détective de choc (le titre suivant le mettant en scène n’étant que la réécriture d’un texte du romancier, déjà paru en 1948) et du premier entièrement réalisé par François Ravard (après qu’il ait dessiné, également d’après l’univers graphique de Jacques Tardi, « Les Rats de Montsouris », dont Emmanuel Moynot avait assuré l’appropriation scénaristique), mais c’est aussi l’une des rares fois où Burma quitte la capitale (1) : d’ailleurs, lors de sa parution en 1970, aux éditions Fleuve noir, le récit ne faisait pas partie du cycle « Les Nouveaux Mystères de Paris ».
Lire la suite...« Les Psy T21 : Je me sens mieux ! » par Bédu et Raoul Cauvin
Humour et névroses… Antoine Médard, sympathique psy, droit dans ses bottes, ouvre son cabinet pour une quinzaine de nouvelles consultations à une cohorte de patients souffrant de divers troubles. Troubles qui, sous la plume impertinente de Raoul Cauvin, deviennent autant de tranches d’humour. Entre le malheureux souffrant de takatathylaminorie (hé oui, ça existe !), celui présentant le syndrome de Stendhal, la brave femme développant la coïmétrophobie, l’homme dont les deux mains ne s’entendent pas ou encore le gardien de prison ne supportant plus les insultes de ses prisonniers, notre psy n’est jamais à court d’imagination pour solutionner leurs problèmes.
Ces cas désespérés — sévèrement allumés et souvent bons pour l’asile — défilent dans son cabinet cossu pour notre plus grand bonheur. Lorsque notre malheureux psy s’est arraché les derniers cheveux en bataille sur sa tête au front dégarni, il n’a plus qu’à consulter sa femme, voir sa pétulante femme de ménage… à moins que ses « chers confrères », souvent tout aussi déboussolés que lui, ne viennent à son secours.
Ce déballage hilarant de nos névroses les plus inquiétantes a commencé en 1992 dans les pages l’hebdomadaire Spirou.
Raoul Cauvin, maître en gags percutants, imagine ce personnage à l’éternel pull-over à col roulé, pour le dessinateur Bernard Dumont, alias Bédu.
Né en 1948 dans la région de Namur, il apprend le métier auprès de Berck dont il sera l’assistant. Sa première série personnelle, « Beany le raton », est publiée en 1975 par l’hebdomadaire Tintin. Toujours pour le journal des éditions du Lombard, il crée « Ali Béber », « Le P’tit Prof » et enfin « Hugo » (dont une belle intégrale vient de paraître aux éditions du Lombard).
Après avoir repris les enquêtes de Clifton, il quitte Tintin pour Spirou où il dessine « Les Psy ».
De son trait soigné et précis, il campe une somptueuse galerie de personnages aux trognes irrésistibles, évoluant dans des décors d’une grande sobriété. Ceux qui apprécient l’humour de Raoul Cauvin seront au rendez-vous de ce vingt et unième album qui, après plus de 350 histoires, témoigne avec éclat que le scénariste, bientôt octogénaire, est encore loin d’être à court d’imagination.
Henri FILIPPINI
« Les Psy T21 : Je me sens mieux ! » par Bédu et Raoul Cauvin














